Impact de l'autoroute A66 Toulouse / Pamiers

Compte tenu du fait, que le bassin de l'Aïse va être traversé par l'A66 Toulouse/Pamiers, nous avons recherché dans l'étude d'impact tout ce qui pouvait traiter du ruissellement ou des travaux d'aménagement de l'Aïse. Trois types d'aménagements ont été étudiés :

Ouvrages d'assainissement

L'étude du BCEOM a montré qu'il n'y avait pas d'aquifères d'importance significative dans les coteaux du Lauragais. Il n'y a pas de captage public d'eau potable et bien que quelques puits de petite capacité soient présents dans la région, ils sont soit abandonnés, soit utilisés pour le jardinage. Enfin, la vallée de l'Aïse possède un sol argileux et compact, avec une très faible perméabilité. En conséquence, la zone a une très faible vulnérabilité aux éventuelles pollutions autoroutières et est classée niveau 3, le niveau le moins lourd signifiant qu'il n'y a pas d'enjeux à protéger pour les eaux souterraines.

Ouvrages de collecte des eaux

Les eaux pluviales tombant sur l'autoroute sont recueillies dans des cunettes dans les secteurs en déblais (fossés plats triangulaires) et des fossés trapézoïdaux ou des caniveaux dans les secteurs en remblais. Le réseau de collecte peut être soit enherbé, soit enroché, bétonné. Sur l'A66, il sera recherché un enherbement maximum du réseau de collecte. La présence d'un sol enherbé apporte, par rapport aux ouvrages en béton, les avantages suivants:

De plus, pour des ouvrages de forme, de pente et de capacité identiques, la vitesse d'écoulement sera de 1m/s dans l'ouvrage enherbé, alors qu'elle sera de l'ordre de 3m/s pour un ouvrage en béton.

Ouvrages de traitement des eaux

Deux types de fossés seront présents dans le bassin de l'Aïse :

Calcul des débits de projet

La fonction d'écrêtement est la fonction dimensionnante pour le fossé de rétention, car ce dernier doit être capable de stocker le volume de pluie maximum pour une fréquence de retour donnée (correspondant à hmax). Le volume utile du bassin est donc obtenu par la méthodologie suivante :

Vstockage = hs . A . C

Vstockage : volume de stockage en m3

A : aire du bassin versant concerné par le stockage (m2)

C : coefficient de ruissellement

hs : écart maximum de P(t) - Qfuite/CA (m), avec P(t) qui représente la variation temporelle de pluie

Ouvrages de franchissement de l'Aïse

Description des ouvrages

La traversée de la vallée de l'Aïse par l'A66 a fait l'objet d'une étude hydraulique spécifique réalisée par BCEOM. Les ouvrages hydrauliques sont dimensionnés pour la crue centennale de l'Aïse. Conformément aux engagements de l'Etat, l'objectif prioritaire a été d'éviter que le passage du remblai autoroutier dans le champ d'inondation n'aggrave le risque de crues par rapport à l'état initial, et notamment à l'aval du projet autoroutier, ce qui se traduit par des modifications minimes de l'hydrogramme de crue avant et après aménagement.

Par ailleurs, il a été recherché, lors du calage fin du tracé, d'éviter au maximum d'implanter le projet dans le champ d'inondation de l'Aïse, d'une part afin de limiter les impacts hydrauliques, et d'autres part afin de limiter les rescindements et dérivations de la rivière. Il existera huit ouvrages de franchissement de l'Aïse (2 concernant l'A66 et le reste concernant des rétablissements de routes départementales ou de chemins communaux), leurs sections mouillées variant de 33 m² à 5 m².

Principales dispositions constructives

Les ouvrages sont construits soit à l'emplacement du lit existant, soit à l'écart du lit existant. Dans ce dernier cas, lorsque l'ouvrage sera achevé, l'Aïse sera dérivé vers l'ouvrage. Compte tenu du fait que les travaux de construction longent sur près de 10 km la vallée de l'Aïse, des efforts de protection des eaux et du milieu aquatique sont effectués dans ce secteur, afin de limiter les incidents en phase chantier.

Ainsi, les eaux de ruissellement provenant du chantier sont traités par décantation dans des bassins provisoires. Afin de pouvoir réaliser les fondations des ouvrages hydrauliques, il est nécessaire travailler à sec, ce qui peut nécessiter la réalisation d'exhaure. Les eaux d'exhaure, issues des pompages transitent par des bassins de décantation provisoires et ne sont pas rejetées directement dans la rivière.

Des dérivations définitives seront nécessaires ainsi que des rescindements aux endroits où le remblai autoroutier passe sur le lit mineur existant. L'ensembles de ces opérations représente un linéaire de cours d'eau à traiter d'environ 1 km. Les dérivations et rescindements de l'Aïse seront conçus afin de maintenir ou renforcer les potentialités écologiques du cours d'eau (maintien de la section hydraulique actuelle, talutage doux des pentes, protection des berges par génie écologique, création d'aménagement pour la faune piscicole...).

Dérivations et rescindements de l'Aïse

Les travaux de construction de l'A66 ont nécessite la réalisation de travaux de dérivations et de rescindements de l'Aïse. Les dérivations sont liées à la réalisation des ouvrages de franchissement de l'Aïse. Deux cas se présentent :

Les rescindements correspondent à un déplacement de la rivière, parallèlement à son ancien lit, lorsque le remblai autoroutier est implanté longitudinalement sur le lit mineur. Il est intéressant de noter que les seuls cas de rescindements liés au projet global de l'A66 se situent dans le bassin de l'Aïse. Ils sont au nombre de trois et se situent près des communes de Gibel et Nailloux.

Principes des dérivations définitives et des rescindements

Les dérivations définitives et les rescindements seront traites par des aménagements dont l'objectif sera de recréer des conditions écologiques très favorables au milieu aquatique. Ils seront réalisés afin de tenir compte des conditions d'écoulement initiales :

Par ailleurs, les berges seront protégées par des techniques issues du génie végétal, permettant le développement de végétaux herbacés et arbustifs sur les berges. Ces aménagements nécessitent le talutage en pente douce des berges, la mise en place d'un dispositif d'ancrage en pied de berge pour la terre végétale, d'une protection provisoire par un géotextile biodégradable et par la revégétalisation par des espèces adaptées au milieu aquatique selon différents procédés (ensemencement hydraulique, plantations, bouturages,...).