Aspect Economique


Le réseau des acteurs

TABLEAU DES RELATIONS INFORMELLES

ANALYSE DE L'ESPACE DE REGULATION

retour Sommaire Aspect ECONOMIQUE



retour haut de page

Le tableau précédent expose donc les résultats de l'étude du jeu des acteurs du système en explicitant :

Nous allons à présent analyser ce contexte d'action, nommé " espace de régulation ".

 

retour au tableau

Il nous apparaît au vu des conclusions de notre enquête que l'Institution Charente occupe une place trés importante dans l'organisation du système.

Tout d'abord, tâchons d'éclaircir sa situation grâce aux explications fournies par son Président Monsieur Filali lors de notre entretien.

Ses sources de financement sont les suivantes :

-les 4 départements de la Charente, la Charente Maritime, la Vienne, les Deux-Sèvres
-la région Poitou-Charentes
-l'Agence de l'Eau Adour-Garonne
-la DIREN (Direction Régionale pour l'Environnement)
-les agriculteurs

Porteuse du PGE qui est préconisé par le SDAGE, elle possède un périmètre d'action correspondant à celui du problème traité par le PGE (le bassin versant interrégional Charente). En tant qu'EPTB, elle assure aux côtés de l'Etat et de l'Agence de l'eau, la maîtrise d'ouvrage de programmes d'aménagement et de plans de gestion à cette échelle.

Elle a donc pour rôle de coordonner les différents acteurs de la gestion de l'eau. Plus précisément, les membres de l'Institution préconisent et animent : ils vont à la rencontre de tous les acteurs avec qui des discussions sont menées afin d'aboutir à des "contrats" dans tous les domaines de la gestion de l'eau sur le sous-bassin Charente, d'en définir des axes, et de faire en sorte que les signataires s'y tiennent.

En ce qui concerne la mise en oeuvre des retenues de substitution, son intervention au sein du PGE lui procure un rôle de conseil : elle préconise les retenues de substitution.

L'Institution n'a pas de rôle direct dans la mise en place d'une retenue de substitution, comme nous avons pu le voir dans l'organigramme formel.

Toutefois, sans sa présence en tant que coordonnateur des acteurs, ces derniers auraient du mal à se mettre d'accord sur la nécessité et le bien-fondé de la mise en place des retenues sur le bassin versant. Ainsi, ces désaccords seraient à même de bloquer la mise en place concrète au cas par cas des retenues.
De part la concordance de ses sources de financement et son rôle essentiel de coordinateur des acteurs, l'Institution Charente apparaît comme l'
acteur-relais de tous les sous-systèmes, ce qui signifie qu'elle est située dans le système à leur point de rencontre. Cette position lui confère un grand pouvoir dans le fonctionnement de l'ensemble du système car elle connaît les besoins et volonté de chacun. De plus, elle est à l'origine de leur rencontre concrète, en organisant les réunions. Son implication dans l'organisation s'avère donc conséquente.

Forte de sa place primordiale dans l'espace de régulation, elle souhaiterait acquérir une plus grande reconnaissance.
Dans leur publication EPTB Infos" 2001 - Informations des Etablissements Publics Territoriaux de Bassin (EPTB), l'Association française des EPTB déclare attendre de la nouvelle loi sur l'eau " la reconnaissance des EPTB, et leur juste représentation à tous les niveaux de la politique de l'eau et de l'aménagement du territoire " .
De plus, les EPTB sont les seuls acteurs de la gestion de l'eau à appréhender l'entité géographique "fleuve". Ainsi," même si [leur]savoir-faire est déjà amplement démontré", les EPTB déclarent "attendre légitimement une consécration légale de cet échelon opérationnel" qu 'elle souligne être "le seul à appréhender l'unité physique du fleuve." En effet, "en tant qu'instigatrices de cette décentralisation", les EPTB se sentent "prédestinées à remplir d'importantes fonctions au sein de la nouvelle définition de l'action publique par la nouvelle loi sur l'eau ".

retour au tableau

retour Analyse de l'espace de régulation

Financée en partie par les redevances d'utilisateurs,et donc des agriculteurs, la Chambre d'agriculture de la Vienne fournit une grande aide à ces derniers : conseils, aide dans les démarches,...

En fait, elle entend rester le principal maître d'oeuvre afin de maintenir et maîtriser ses relations avec les agriculteurs.

En effet, selon M. Jadeaud, de la Chambre de la Vienne, que nous avons rencontré, "elle n'est pas en principe le seul maitre d'oeuvre des projets. Les candidats aux projets peuvent en principe choisir un bureau d'études selon leurs souhaits. Cependant, peu de bureaux d'études ont notre expérience ou pas. De plus, une convention lie les chambres de Charente et de Vienne : pour les projets où la Chambre Charente est sollicitée, elle  dirige les candidats vers la Chambre Vienne pour les études techniques, et elle réalise elle-meme les études d'incidence. Dans les faits, nous avons réalisé tous les projets importants du nord Charente. Il n'y a pas eu à ma connaissance de projets dans le sud."

retour au tableau

retour Analyse de l'espace de régulation

Les agriculteurs des bassins versants ruraux sont soutenus par les aides européennes de la Politique Agricole Commune (PAC), qui fournit de fortes subventions pour la culture irriguée. De plus, selon le Plaidoyer pour l'irrigation que nous a procuré M. Chamouleau de l'ASA du Son Sonnette, "le climat permet d'excellentes récoltes de maïs si on peut lui fournir de l'eau". En effet, "le chiffre d'affaires d'un hectare de maïs est le double de celui d'un hectare de céréales en sec". Ainsi, les agriculteurs souhaitent cultiver du maïs irrigué afin de " pouvoir obtenir des revenus sûrs et réguliers".

Ils ont donc besoin de ressources en eau de plus en plus importantes. Or, à cause de la loi de 1992 imposant la comptabilisation de tous les prélèvements en rivières, les agriculteurs ne peuvent plus pomper autant qu’auparavant dans les cours d’eau. Ainsi, ils veulent des retenues de substitution pour garder le même niveau de consommation.

Afin de les obtenir, leur poids non négligeable dans l'économie locale est leur atout essentiel : "Pouvoir obtenir aujourd'hui des revenus réguliers et sûrs est un atout considérable pour une entreprise. Et des entreprises en bonne santé économique sont le gage de développement de toute une région. Elles sont une source de création d'emplois directs ou induits et les plues values dégagées profitent à tout le tissu économique."

Toutefois, en tant que trés gros consommateurs d'eau, ils sont considérés comme ceux qui exercent la pression sur l’eau. "Arrêtons de parler d'activité productiviste, toute activité de production se doit d'équilibrer ses comptes et d'être rentable... Certes, il nous faut faire des efforts pour diminuer les nuisances que nous pouvons créer, mais c'est aussi le cas des industriels et on ne parle pas de fermer leurs usines."

Ils essaient donc de montrer que ces retenues constituent en fait un outil de soutien à l'étiage. "Ces réserves ont un coût important et si l'Agence de l'Eau Adour Garonne, le Conseil Régional, le Conseil Général, l'Union Européenne participent à leur financement (à hauteur de 80% du montant du projet), c'est bien parce qu'ils ont compris qu'elles permettaient de protéger le milieu naturel." (publication : Sur le Son Sonnette, des réserves d'eau pour concilier maintien de l'irrigation et débit d'étiage).

retour au tableau

retour Analyse de l'espace de régulation

Financée par les redevances qu'elle perçoit des usagers, l'Agence a pour mission de veiller à la meilleure gestion de l'eau en France. Lors de notre entretien avec MM. Moor, Giorgietti et Meillon de l'Agence de l'Eau Adour-Garonne, nous avons appris que l'Agence préconisait la réalisation de retenues de substitution sur la bassin de la Charente afin de soulager ses affluents en pèriode d'étiage. Ainsi, afin de mettre en place cet outil de "soutien d'étiage", l'Agence finance une partie de la réalisation des retenues. Ce financement encourage alors les agriculteurs à les réaliser.

retour au tableau

retour Analyse de l'espace de régulation

Elles dénoncent les retenues de substitution comme un soutien masqué à l'irrigation.

Comme ce nous l'a été expliqué par un membre d'une de ces associations en Midi-Pyrénées,

1/Stocker l’eau en hiver, quand la rivière est à son débit maximal, constitue une vision très économiste de la gestion de la rivière : cela revient à se poser la question : pourquoi laisser passer toute cette eau à l’océan, sous-entendu, alors que l’on pourrait la stocker . Mais, poser cette question revient à refuser de laisser libre cours à l’écoulement naturel de la rivière. En effet, cet écoulement de la rivière à l’océan est loin d’être inutile pour le milieu naturel :

2/Lorsque l’on parle de " soutien d’étiage " comme bien-fondé d’une retenue de substitution, il ne faut pas oublier de se poser tout d’abord la question : " Mais pourquoi y a-t-il étiage ? ".Cela signifie que dire que les retenues de substitution permettent de protéger les rivières (puisqu’en été les rivières ne sont plus à l’étiage) est en quelque sorte une " hypocrisie ". En effet, il ne serait pas nécessaire de soutenir l’étiage si, à la base, on ne puisait pas tant dans les ressources de la rivière pour l’irrigation. cela revient en fait à dire que les besoins pour l’irrigation ne peuvent pas être seuls soutenus par la rivière.

Ces propos sont confirmés par la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement, France Nature Environnement, dans sa Lettre Eau n°12-13 " Trézence, un barrage reconnu d'inutilité publique"publiée en Avril 2000. Dans cette lettre, la FNE expose la situation au niveau du barrage de la Trézence, qui a la même vocation que les retenues, c'est-à-dire, soutenir l'étiage.

"Depuis 30 ans, les prélèvements ont augmenté de manière prodigieuse sur le bassin versant de la Charente, remettant ainsi en cause l'équilibre biologique de cette rivière, de ses affluents et du bassin ostréicole. En ne maîtrisant pas sa consommation, l'agriculture irriguée est la principale responsable de cette situation."

"Afin de remplir le barrage, les débits hivernaux de ces deux rivières seront très fortement réduits, les crues et leurs effets régénérateurs pour le lit des rivières seront "gobés" par l'ouvrage". En définitive, on assistera à une inversion de saisons, les rivières verront passer beaucoup plus d'eau l'été que l'hiver". Toutefois, soulignons que l'effet d'un barrage de la taille de celui de la Trézence a bien entendu un effet beacoup plus important que celui d'une retenue, étant donné qu'il relâche de l'eau en été. Ainsi, même si dans le cas d'une retenue, les saisons ne seront pas inversées, toutefois, sur un petit cours d'eau, l'effet de stockage hivernal peut effectivement produire un effet perturbateur sur le cycle naturel.

retour au tableau

retour Analyse de l'espace de régulation

retour haut de page

retour vers la page d'accueil du BEI aménagement de rivières
retour vers la page d'accueil générale du BEI
 

  partie 1