Aspect environnemental


Dans des conditions normales de concentration en oxygène, les matières organiques vont être oxydées par des réactions biologiques aérobies dont le résultat sera constitué de matières minérales à la base de la croissance algale et phytoplanctonaire.
Cette décomposition s'effectue en quatre étapes caractérisées par quatre types de bactéries actrices:
     . à l'aval immédiat du rejet, dans la zone dite polysaprobe, des bactéries hétérotrophes (chimioorganotrophes) se développent qui vont dégrader les macromolécules. La consommation des bactéries en oxygène dissout est élevée et sa concentration dans l'eau diminue rapidement.
     . plus à l'aval, dans la zone mésosaprobe alpha, la densité des bactéries chimioorganotrophes diminue. Les composés organiques sont alors des oses, des acides aminés et des sels ammoniacaux et des bactéries tirant leur énergie de l'oxydation de nitrates en nitrites apparaissent.
     . la minéralisation s'accentue dans la zone mésosaprobe béta avec le développement des bactéries autotrophes comme les bactéries nitrificatrices. La concentration en oxygène se rapproche de la saturation à la fois par dissolution à l'interface eau-atmosphère et par la photosynthèse algale.
     . La charge organique est totalement assimilée au niveau de la zone dite oligosaprobe qui marque le retour aux conditions écologiques et au peuplement originel mais avec un enrichissement de l'eau en nutriments minéraux (NO3 et PO4).
 schéma général de la biodégradation 



Eutrophisation de la Charente


Sur le fleuve Charente, de pente faible, la majeure partie de cours est un potamal, d'autant que les chaussées de navigation rehaussent les plans d'eau jusqu'à Angoulême. Sur les 120 premiers kilomètres de son cours en amont, les fortes concentrations en nitrates et surtout en phosphates entraînent un développement du phytoplancton. Nutriments et chlorophylle diminuent progressivement jusqu'à Angoulême. Les rejets phosphatés de l'agglomération angoumoise entraînent une nouvelle croissance algale, avec un maximum en chlorophylle décalé sur le profil en long par rapport aux rejets (décalage correspondant à un temps de transit de 3-4 jours et résultant probablement de l'ombre portée de la végétation aquatique et des arbres riverains. Malgré l'apport en oxygène par la photosynthèse, les rejets organiques au niveau d'Angoulême ont pour conséquence une sous-saturation en oxygène qui atteint son maximum à 25 km en aval (saturation moyenne: 75% - 20 à 60% aux plus faibles débits). La sursaturation ne réapparaît qu'à Cognac. Le phytoplancton de la Charente est dominé par les Diatomées et les Chlorophycées. Les Eugléniens, caractéristiques des pollutions organiques, apparaissent en quelques points. Les Cyanophycées ne sont abondantes que sur un affluent: la Boutonne qui se jette dans la Charente près de l'estuaire.