GESTION INTÉGRÉE DE L’EAU  
AU NIVEAU DU BASSIN VERSANT DE L’OUSSE

 

 

Carte IGN du bassin versant de l'Ousse

 

        Le bassin versant de l’Ousse, comme la plupart des bassins versants du piémont pyrénéen est très sensible aux épisodes orageux, et donc soumis à d’importantes crues éclairs. De plus, l’extension urbanistique de la ville de Pau, exutoire du cours d’eau, engendre la construction de nombreuses habitations dans le lit mineur de l’Ousse.  

Dans un souci de lutte contre ces phénomènes naturels, notre projet a pour objectif de modéliser le comportement du cours d’eau face à une pluie de forte intensité, en prenant en compte la réponse du bassin versant, dont dépend la réaction du cours d’eau.

Avec ces études, quelques propositions d’aménagement seront représentées, relatives à la protection des zones habitées existantes.

Nous souhaitons également étudier les interactions entre le réseau d’assainissement et le cours d’eau dans la commune d’Idron, pour voir dans quelle mesure cela aggrave les inondations (débordement des conduites, eaux pluviales rejetées dans la rivière), ou à l’inverse, s’il ne serait pas possible de le dimensionner pour « absorber », en partie, les eaux débordant du fleuve.  

Plusieurs études ont été réalisées sur le cours d’eau depuis 1972, par le Syndicat de Défense Contre les Inondations de l’Ousse.

Notre travail s’est appuyé principalement sur l’étude du BCEOM (1993) visant à une analyse complète du comportement de l’Ousse à l’aide de données recensées par le bureau d’études BCEOM et de leur propres travaux. Il a été établi à travers ce "recueil " que dans le cas d’une crue  décennale, les débordements sont ponctuels et de faible ampleur mais que, dans le cas d’une crue centennale, les zones inondables  s’étendent au droit des communes d’Ousse, de Lee et d’Idron et ne touchent que de manière ponctuelle les agglomérations de Bizanos et de Pau.

L’extension de l’urbanisation située en zone inondable aura donc de nombreuses répercussions, non négligeables :

-          à l’amont de ces zones, par surélévation des niveaux de crue

-          à l’aval, par disparition des zones d’écrêtement naturelles des crues

 

Ainsi notre étude se déroulera de la manière suivante :

 

            1/ Présentation de notre terrain et des données d’étude

            2/ Étude du Bassin Versant (Hydrologie)

            3/ Étude des zones à risques (Hydraulique) - Proposition d’aménagement sur le cours d’eau

            4/ Étude en hydrologie urbaine sur la commune d’Idron

            5/ Conclusion - Contacts - Bibliographie

 

   


 

1/    PRÉSENTATION DE NOTRE TERRAIN ET DES DONNÉES D'ÉTUDE

 

        La rivière Ousse, affluent rive droite du Gave de Pau, draine un Bassin Versant (BV) de 120 km2, long de 30 km ( orienté nord –nord ouest) dans les départements des Pyrénées Atlantiques et des Hautes Pyrénées.

Sa source se situe sur la commune de Bartres à proximité du lieu dit Cap d’Artigues, au pied de l’agglomération Lourdaise et se jette dans le Gave de Pau sur la commune de Pau.

Le pourtour du BV est limité par la ligne de crête de coteaux boisés (sud) et l’²autoroute² (nord).

Le BV s‘étend au total sur 26 communes.

 

 

La subdivision du BV en trois sous bassins, sur laquelle nous nous sommes appuyés, correspond au choix proposé par l'Agence de l'eau Adour Garonne. Celle-ci s'avère satisfaisante puisque chaque sous bassins correspond approximativement aux surfaces drainées par les affluents.

 

Du point de vue hydrographique, les principaux affluents de l’Ousse sont :

 

-          Le ruisseau de Badé à Pontacq,

-          Le Luc à Pontacq,

-          L’Oussère à Livron,

-          Le Lourrou à Gomer,

-          Le Lama à Nousty,

-          L’Arriou Merdé à Bizanos

 

 

   

Le comportement de l’Arriou Merdé, principal affluent de l’Ousse, a des effets non négligeables sur les mécanismes des inondations dans la basse vallée.

Ce ruisseau est alimenté de manière artificielle à partir du cours de l’Ousse, sur la commune de Lée (profil section7).

 

 

Partition artificielle du lit de l'Ousse, à l'Ousse, pour alimenter l'Arriou Merdé

 

 

L’Arriou Merdé, à partir de la commune d’Idron, est perchée par rapport au lit de l’Ousse. De ce fait ses débordements suivent la topographie existante et rejoignent dans la plupart des cas le lit de l’Ousse.

L’Arriou Merdé, d’après des études, est suffisante pour le transit du débit décennal. Pour des fréquences plus rares (crue centennale), plusieurs points de débordements existent.

 

Les caractéristiques géométriques des principaux affluents sont rassemblées dans le tableau suivant :

 

 

 

Les coefficients de rugosité (Strickler) ont été estimées (d’après la bibliographie) de :

-          25 à 30 pour le lit mineur de l’Ousse

-          2 à 12 pour le lit majeur de l’Ousse

-          20 à 25 pour le lit mineur de l’Arriou Merdé

 

 

            MORPHOLOGIE :

 

Le BV de l’Ousse se présente sous une forme très allongée, caractéristique des vallées pyrénéennes. Cette forme le rend particulièrement sensible aux épisodes orageux de trajectoire N-NW. L’indice global de pente du BV est de 8.8/km.

Son altitude maximale est de 570m, son altitude minimale est de 170m, soit 80% de la superficie du bassin est située entre 200 et 400m.

 

 

 

La courbe hypsométrique démontre que notre bassin versant est à l’âge de la « maturité ».

 

La pente moyenne est assez forte, comme pour la plupart des bassins versants pyrénéens.

 

 

            GÉOLOGIE - OCCUPATION DU SOL :

             

                Géologie régionale :

La totalité du site correspond aux formations détritiques post-pyrénéennes entaillées, du Sud au Nord par la vallée de l’Ousse qui délimite deux régions de coteaux.

La vallée de l’Ousse est entièrement creusée dans un substratum de terrains détritiques tertiaires. L’une partie du site est constituée de dépôts molassiques et marneux datés de l’Helvétien supérieur, tandis que l’autre est constituée de colluvions argilo limoneuses parfois finement sableuses provenant de l’altération sur place de ces mêmes dépôts.Le fond de la vallée est, quant à lui, tapissé d’alluvions subactuelles, graveleuses et sablo argileuses.

 

La caractéristique principale de la stratigraphie de la vallée est une alternance de matériaux argileux et graveleux perturbés par le colluvionnement.Sous la couverture végétale de 0,3 m à 0,5 m d’épaisseur, on trouve généralement une couche d’argile silteuse grise ou beige, saturée. Cette couche a une épaisseur de 0,4 à 0,8 m.

 

L’ensemble du bassin est constitué de formations imperméables ou peu perméable (80% de surface)

On distinguera :

-  pour environ 50 % de la surface totale du bassin, les argiles à galets du Miocène terminal et du Pliocène,

-  pour les 50 % restants, les mêmes terrains sous une couverture de colluvions caillouteuses issues de la décomposition des argiles à galets,

- et dans le lit majeur, représentant une superficie négligeable, un quaternaire peu épais à dominante argilo limoneuse, au moins en surface.

 

Nous n’avons pas pu accéder à des données sur la pédologie mais l’occupation du sol général (donné dans la bibliographie) sera suffisante pour nos modèles.

 

                Occupation des sols :

 

Les agglomérations urbaines présentent sur le bassin sont importantes surtout sur la partie aval (principalement) du cours d’eau (Pau, Bizanos, Idron, Ousse et Pontacq : amont).

Mais les surfaces urbanisées sont faibles au regard de la surface total du BV (4% environ). Une pression urbanistique liée à l’extension de la ville de Pau commence à s’accroître, aggravant les problèmes d’inondations déjà forts naturellement. La surface agricole utilisée (S.A.U) est de 65% sur l’ensemble des communes situées dans le BV. Quant au reste des surfaces, il est attribué aux forêts (31%).

 

 

   

            PLUVIOMÉTRIE:

 

Malheureusement les données pluviométriques de cette région sont assez pauvres. Nous avons à notre disposition la pluviométrie mensuelle au niveau de la station de Pau-Uzein (1961-1990). Le mois de juillet est le plus sec (53,6mm) et les mois de novembre à mai sont les plus pluvieux (en moyen 106mm). La pluviométrie moyenne annuelle atteint 1120 mm. 

Cependant, ces données sont peu intéressantes car nous traitons le problème de crue. Pour cela nous avons étudié l’histoire de crues de cette région.

 

 


 

 

·        Crue de 1 et 2 février 1952

·         Crue de 19, 20 et 21 février 1971

·         Crue du 2 février 1978

·        Crue du 8, 9 août 1992

 

Cette figure traduit la prédominance en nombre des crues océaniques hivernales (par rapport aux crues d’été) et les crues de printemps (59% des maxima annuels ont lieu de Décembre à Mars).

Nous avons choisi pour notre projet la crue la plus importante (plus forte crue connue depuis le début du siècle dans cette région) comme étant celle du 1 et 2 février 1952.

 

 

Les précipitations observées à la station météorologique de Pau furent :

 

·        le 1er février 70,2 mm

·        le 2 février 69,4 mm

 

Ce qui fait un total de 139,6 mm.

 

Les données de répartition de pluie sont soit absentes, soit inaccessibles à cause de leur prix. Nous avons donc décidé de fabriquer notre propre répartition en utilisant la courbe HDF de la station de Pau-Uzein, et la source Météo France qui a classifié la crue de 1952 comme ayant une période de retour de l’ordre de cinquante ans.

 

Après avoir consulté des spécialistes en hydrologie statistique, nous avons fabriqué deux lois de répartition normale : une gaussienne « écrasée » et une autre gaussienne plus « pointue ». Les premières approches de modélisation ont montré vite que la réponse de notre B.V. est très sensible à la loi gaussienne pointue. Cette découverte a confirmé l’hypothèse de la vulnérabilité du B.V. de l’Ousse aux pluies très violentes.   

   

 

 


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