Le déshuilage






Cette étude n'entre pas dans le cadre du projet de l'ONU : la gestion des eaux usées sur le site de N'KONDO est sommaire (utilisation de fosses septiques et rejets des eaux de lavage dans la rivière). Toutefois, nous avons voulu proposer une alternative à faible coût au système actuel, tout en nous limitant à un mode de traitement facilement exécutable.
On peut généralement décomposer le traitement des eaux usées comme suit :

Le principe de la coagulation-floculation est le même que celui présenté précédemment. 
On parle de déshuilage plus particulièrement en présence d'hydrocarbures dans l'effluent à traiter (eaux industrielles ou eaux de ruissellement par exemple). Dans le cas d'eaux résiduaires urbaines (domestiques), on parle de dégraissage. 
Le dégraissage permet de séparer les particules graisseuses solides de la partie liquide de l'effluent. On injecte de fines bulles de gaz (de l'air) dans la phase liquide ; les particules graisseuses (hydrophobes) vont s'agglomérer sur ces bulles pour fuir le milieu aqueux. L'ensemble bulle-particules remonte à la surface et peut être récupéré. 
Cette méthode de séparation permet d'enlever des particules de tailles diverses de manière très rapide mais aussi de concentrer les boues.
On peut toutefois améliorer le processus en ajoutant à la phase liquide des additifs chimiques.

Intérêt du dégraissage et mise en oeuvre

Nous n'avons pas pu obtenir les valeurs des rejets en graisse pour le camp de N'Kondo mais on peut supposer qu'ils seront inférieurs à ceux connus en Europe. Cette étape permet d'assurer un bon traitement en aval en limitant le colmatage des appareils et en évitant l'inhibition des processus biologiques en jeu dans le lagunage par exemple. En effet, les graisses forment, en surface de la phase liquide, un film qui induit un mauvais transfert d'oxygène entre l'atmosphère et le liquide (et donc une mauvaise dégradation) ; de plus, l'absorption des graisses sur les boues limite aussi le phénomène de dégradation. Le rendement en rétention des graisses de tels appareils est de l'ordre de 80 à 90 %.

Il existe différents types d'appareillage :

          ils sont rectangulaires et leur entretien aisé les rend très fréquent d'usage. Des plaques inclinées permettent de récupérer les graisses en améliorant l'écoulement d'air.

La récupération des graisses flottantes se fait par écumage manuel ou mécanisé (environ 40 litres de matières légères par litre et par seconde de débit introduit). Les graisses sont ensuite stockées jusqu'à leur traitement. Les graisses servent de substrat organique aux bactéries aérobies. Une fois dégradée, la boue activée ainsi créée est envoyée en amont de la filière biologique si elle peut être utilisée. Le principe de la dégradation est le suivant : les graisses sont transformées en acides gras et en glycérol qui seront oxydés dans le réacteur biologique aérobie en dioxyde de carbone et en eau. On ajoute des substrats phosphorés (phosphite), azotés (ammoniaque) et un produit basique tel que la chaux pour contrôler le pH (pH=7) afin d'assurer une bonne activité biologique.

On associe généralement le dégraissage au dessablage pour limiter l'abrasion des appareils. Ces appareils sont standardisés et très facile à mettre en fonctionnement. Leur coût varie de 200 à 300 euros pour les plus simples. 

Dimensionnement du dégraisseur

On se fixe une vitesse ascensionnelle des particules de graisse de 15 m/h. Notre débit à traiter est de 20 m3 par jour et nous avons un temps de séjour hydraulique de 10 minutes. Le calcul du dimensionnement se fait de manière simple grâce aux relations suivantes:

Surface :

Volume :

 

Hauteur:

Rayon :

avec :
S : surface (m2)
Q : débit (m3/s)
Vasc : vitesse ascensionnelle
des particules (m/s)
t : temps de séjour (jours)
R : rayon du dégraisseur dans le cas d'un dégraisseur cylindro-conique
(m)

ce qui nous donne les caractéristiques suivantes (pour un dégraisseur cylindro-conique) :


surface : 560 cm
2


volume : 0.14 m3


hauteur : 0.4 m


rayon : 14 cm

 

Ces faibles dimensions s'expliquent par le faible débit à traiter. Une solution viable pour ce procédé serait de faire une rétention de l'effluent dans un bac de stockage puis de le traiter en discontinu au fur et à mesure du remplissage du bac de stockage ; en effet, la mise en oeuvre d'un tel appareillage est déconseillé vu ses dimensions (non standard).



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