Projet II :
Etude de l'impact des surcotes dans le viaduc du brise-lames à l'embouchure de l'Adour
Ce viaduc a été créé au
XIX ème siècle et est un ouvrage de maçonnerie.
Etant donné qu'il a été construit durant une
période où le phénomène de surcote
était mal connu, et qu'il a pour but initial de casser la houle
à l'entrée de l'embouchure de l'Adour, nous nous sommes
demandés comment il résistait aux surcotes.
Pour cela, nous avons suivi la procédure suivante :
Modélisation du viaduc
Création de la géométrie et du maillage sous le logiciel de mécanique des structures COMSOL
Interpolation des conditions limites sous Matlab
Exploitation des résultats et conclusion
Le viaduc brise-lames que nous allons
étudier est situé à l’embouchure de
l’Adour, à l’intérieur du canal qui le guide.
En voici une photo aérienne :
Nous avons choisi d’étudier ce viaduc car il a pour
rôle de casser les effets de houle dans l’embouchure de
l’Adour, mais comme il a été réalisé
au XIXè siècle et en maçonnerie, nous nous
interrogeons sur sa bonne résistance à une surcote.
Ce viaduc fait 4,80 mètres de haut à partir de la cote
IGN, située 2 mètres au dessus de la cote marine. Il
n’est alors touché par la marée qu'en pleine mer.
Nous ne prendrons pas en compte le rayon de courbure des arches dans
notre simulation, et nous arrêterons la hauteur sous arche
à 2,80 mètres, avec un chapeau de 2 mètres de haut
par dessus. Voici le plan qui nous a permis d’obtenir les mesures
du viaduc :
Nous pouvons alors remarquer qu’il existe deux sortes de piliers
: l’une comprend une plateforme, côté embouchure,
qui permet d’accéder à la partie supérieure
du viaduc. Ce motif se répète toutes les dix arches. Nous
choisissons alors de modéliser 2x10 arches, la longueur de
chaque arche étant de 6 mètres.
A l’ouverture de Comsol, nous choisissons le
module mécanique des structures, sous module solide,
contraintes, déformations, et choisissons de faire une
simulation en temporel, pour bien prendre en compte les effets de la
marée qui induit une pression dynamique liée à la
vitesse de l’eau, mais qui ne s’applique pas toujours du
même coté du viaduc.
Il s’agit ensuite de créer la géométrie :
Géométrie>Bloc : création du premier ‘gros’ bloc :
longueur (m): X=5, Y=3,3, Z=2,8 ;
Point de base : X=0, Y=0, Z=0
Géométrie>Bloc : création de la plateforme devant le ‘gros’ bloc :
longueur (m) : X=3, Y=2,7, Z=2,8
Point de base : X=1, Y=-2,7, Z=0
Edition> Tout Sélectionner puis Géométrie>Mode Géométrie et clic sur l’icône ‘Union’ pour fusionner les deux blocs
Géométrie>Bloc : création du premier petit bloc :
longueur(m) : X=2,1, Y=3,3, Z=2,8
Point de base : X=11, Y=0, Z=0
Clic sur le petit bloc pour le sélectionner
Géométrie>Modifier>Réseau : répétition du motif ‘petit’ bloc 9 fois en tout :
déplacement(m) : X=8,1, Y=0, Z=0
quantité : X=9, Y=0, Z=0
Edition> Tout Sélectionner
Géométrie>Modifier>Réseau : répétition du motif gros bloc + petit bloc 2 fois en tout
déplacement(m) : X=83,9, Y=0, Z=0
quantité : X=2, Y=0, Z=0
Clic sur le 2ème gros bloc
Géométrie>Modifier>Réseau : répétition du gros bloc à la fin du motif :
déplacement(m) : X=167,8, Y=0, Z=0
quantité : X=2, Y=0, Z=0
Géométrie>Bloc : création du chapeau du viaduc :
longueur(m) : X=172,8, Y=3,3, Z=2
Point de base : X=0, Y=0, Z=2,8
Edition> Tout Sélectionner puis Géométrie>Mode Géométrie et clic sur l’icône ‘Union’ pour fusionner le viaduc.
La géométrie est maintenant prête.
Il s’agit ensuite de définir des groupes pour appliquer
des conditions limites. Les plateformes des gros blocs sont du
côté embouchure. Il faut alors sélectionner toutes
les faces des piliers de ce coté (uniquement celles normales
à la montée de la mer), et les mettre dans le groupe
embouchure. On notera que dans ce groupe, on ne prend pas la face
supérieure appartenant au chapeau du viaduc, car il est
invraisemblable que l’eau monte jusqu’à 4
mètres au vu des valeurs que l’on a obtenues. La
répartition de pression sur les faces considérées
est alors plus réaliste.
Pour créer le groupe : Physique>Limites puis dans l’onglet Groupes,
créer le groupe ‘embouchure’. Ensuite, on
sélectionne directement sur la géométrie les faces
considérées en maintenant le bouton shift
enclenché . On remarquera que si une face est
sélectionnée par erreur, on peut la
désélectionner dans la liste du menu Limites et cliquer dessus en maintenant ctrl enclenché. Une fois qu’elles sont toutes sélectionnées, dans l’onglet Frontières, on choisit embouchure dans le menu déroulant Groupes.
On répète les opérations précédentes
pour les faces du côté terre, en appelant ce groupe terre,
et les bases des piliers, qui seront dans un groupe sol. Dans le cadre
de droite du menu Physique>Limites, on mettra dans l’onglet Contraintes,
une condition de liaison fixe pour ce groupe (raccordée au sol),
alors que toutes les autres faces seront libres .

Une fois que ces limites sont créées, il faut définir le matériau du viaduc. Pour cela dans Physique>Sous-Domaines, on sélectionne tous les éléments, puis dans l’onglet Matériau, on charge le matériau granite dans la bibliothèque de matériau, ce qui se rapproche le plus de la composition du pont, qui est en pierres.
Il s’agit ensuite d’appliquer les contraintes sur chaque groupe. On se replace alors dans le menu Physique>Limites, onglet Chargement,
et d’après la configuration que nous avons adoptée,
les chargements sont à appliquer suivant la direction Fy :
+y pour l’embouchure, et –y pour le groupe terre. La
méthode d’obtention de ces chargements variables dans le
temps est décrite dans la partie suivante.
Dans Comsol, les chargements variables dans le temps doivent être
entrés sous forme de fonctions temporelles. Pour cela il faut
donc interpoler les données obtenues par les simulations sous
Mike aux coordonnées du viaduc.
Nous avons choisi de prendre une interpolation sous forme de fonction de Fourier.
Dans notre cas, l’ordre 7 suffit pour retrouver avec une bonne résolution les données mesurées.
Nous décomposons les chargements entre la pression
atmosphérique que l’on suppose constante et égale
à 101 300 Pa, la pression hydrostatique avec z la hauteur
d’eau mesurée sous Mike, en rapportant les valeurs de
marées ayant pour origine la côte marine, à
l’origine IGN69 correspondant à la base du viaduc.
Pour finir, on ajoute du côté où la marée
frappe le viaduc une pression dynamique où v est la vitesse du
courant au niveau du brise-lames.
On obtient donc une pression totale pour chacune des faces du viaduc,
la face « Embouchure » qui subit la pression
dynamique lorsque la marée monte et la face
« Terre » quand la marée est descendante.
Nous avons choisi de comparer les chargements pour une marée
avec surcote, et une marée sans surcote. Nous obtiendrons ainsi
2 jeux d’expressions.
Avec surcote
Les deux chargements obtenus ont l’allure suivante :

et leurs fonctions interpolées donnent :
La fonction de la face « Terre » a l’expression suivante, où t est en secondes:
et pour la face « Embouchure », on obtient :
Il ne reste plus qu’à entrer ces fonctions dans Comsol en
prenant soin de rajouter un signe moins devant la formule du groupe
Terre, car le chargement s’applique selon -y.
Sans surcote
Les chargements et leurs interpolations sont tracés sur les graphes suivants :
La fonction de la face « Terre » a l’expression suivante, où t est en secondes:
et pour la face « Embouchure », on obtient :
Le maillage est automatiquement créé sous Comsol.
Maillage>Initialiser maillage
Maillage>Raffiner maillage
Voici le maillage ainsi obtenu, il comprend 12838 éléments.

De façon à estimer l’impact des surcotes sur
l’ouvrage considéré, nous allons étudier
d’une part les déplacements de structure que l’eau a
pu occasionner sur la marée, et d’autre part
l’évolution des contraintes de Von Mises à
l’intérieur de l’ouvrage. Ces grandeurs seront
comparées entre le cas avec surcotes et le cas sans surcote, et
elles seront étudiées lors du deuxième cycle de
marée descendante (t = 50000 s) et lors du deuxième cycle
de marée montante (t = 70000 s). Nous nous plaçons durant
les deuxièmes cycles de façon à pouvoir nous
affranchir du régime transitoire de la simulation. Ces
simulations sont menées pour la journée du 2
décembre 2003.
Typiquement, le viaduc brise-lames est soumis à une compression alternée due aux cycles de marée.
A-ETUDE DES DEPLACEMENTS
Lorsqu’on applique une force (de compression en
l’occurrence) sur un solide, celui-ci subit des
déplacements, si infimes soient-ils. Nous avons alors choisi de
regarder ce qu’il en était pour ce viaduc brise-lames.

La première observation que nous pouvons faire est que le
maximum de déplacement se trouve toujours au même
endroit : sur l’arrête supérieure du
bloc-plateforme : c’est donc la partie la plus sensible du
viaduc. Il faut cependant garder à l’esprit que les
déplacements sont de l’ordre du micromètre, donc
qu’ils ne sont pas très significatifs.
Si on considère ensuite le cas de la marée descendante,
qui vient impacter en premier sur le groupe ‘terre’ (cf.
schémas ci-dessus), on remarque que le déplacement sur ce
groupe lors d’une surcote est de l’ordre de 4e-6 m, et
s’il n’y avait pas eu de surcote ce jour, il serait de
3,5e-6. Une fois encore ces différences sont loin
d’être significatives.
De plus comme le pont est composé de granit pour la simulation,
on comprend assez facilement que quelques dizaines de
centimètres supplémentaires ne le feront pas franchement
vaciller.
B-ETUDE DES CONTRAINTES : CONTRAINTES DE VON MISES
Dans cette seconde étude, nous allons nous pencher sur
l’étude des contraintes de Von Mises à
l’intérieur du viaduc. L’étude est
menée de la même manière que pour les
déplacements, et voici les résultats que nous
obtenons :

Comme on ne se rend pas trop compte sur les coupes de l’endroit
où se trouvent les contraintes maximales, nous avons
exporté le long des lignes définies ci-dessous, les
résultats ASCII des contraintes de Von Mises, que nous avons
ensuite superposés entre eux : voici les résultats
que nous obtenons. On remarquera de plus que les lignes
étudiées sont prises sur les piliers situés au
milieu de l’ouvrage pour s’affranchir des effets de bord.
Nous pouvons d’ores et déjà noter
l’évolution des contraintes s’exerçant sur un
gros bloc avec les fluctuations de la marée. Elles sont plus
importantes sur le bloc-plateforme en marée montante, et celles
du groupe ‘terre’ prennent le dessus en marée
descendante, ce qui est bien ce que nous devons observer.
Viennent ensuite les études comparatives avec et sans surcotes :
Pour t = 50 000 s

Lors de cette marée descendante, on remarque nettement
l’influence de la surcote sur le bloc plateforme (première
partie de la courbe Gros bloc) : en effet, on mesure un
écart de 7e4 Pa entre les courbes. Cet écart reste encore
une fois assez faible. A l’arrière du bloc, les
contraintes sont difficilement différenciables. Ceci peut
être dû à la pression dynamique qui influence plus la
pression totale que la pression hydrostatique : ainsi la face
d’impact de la marée est peu influencée par la
présence d’une surcote.
Des observations similaires peuvent être faites sur le cas du petit bloc.
Pour t = 70 000 s

Lors de la marée montante, on peut voir que sur chaque bloc, le
cas avec surcote génère de plus faibles contraintes sur
le côté de la face d’impact (côté
bloc-plateforme), et des contraintes plus importantes sur la face
arrière (côté terre), par rapport au cas avec
surcote.
Ceci peut être expliqué par deux phénomènes :
Soit, lors de la simulation, la variation de pression hydrostatique
est négligeable devant la pression dynamique, et donc sans
surcote, la marée monterait plus vite d’après la
simulation sous Mike ;
Soit ce jour, on a pu observer des surcotes positives lors de la
marée descendante (cf. résultats ci-dessus) et des
surcotes négatives, appelées décotes, lors de la
marée montante.
Après retraitement des résultats, c’est la
deuxième explication qui est la bonne. On peut donc en conclure
que l’augmentation du niveau de l’eau génère
comme attendu des contraintes plus importantes. Pour une variation
d’une dizaine de centimètres, on a une variation de
pression de 1,5e4 Pa.