Les cultures maraîchères

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III] Les cultures maraîchères

 

L'implantation de cultures maraîchères ne constitue pas une innovation puisqu'il existe actuellement quelques parcelles cultivées au sein du territoire du village de Mar-Lothie.

Ces parcelles sont de deux sortes: individuelles au sein des habitations et collectives au sein d'un jardin maraîcher mis en place récemment.

 

3.1 Les parcelles à gestion individuelle

Ces parcelles de fruits et légumes de 1 à 4 m² sont cultivées à titre individuel pour assaisonner les plats mais ne suffisent pas à satisfaire les besoins nutritifs d'une famille entière. De plus toutes les graines sont ensemencées ensemble conduisant à la croissance de certains germes au détriment d'autres. Cette mauvaise gestion des cultures et le faible espace disponible justifie le projet de culture maraîchère à gestion collective.

 

3.2 Les parcelles à gestion collective

Un Comité de Jumelage entre Courtonne-les-Deux-Églises et Mar Lothie a été inauguré en mars 2003. Cette commune, située dans le département du Calvados et dont la principale activité est l'agriculture, œuvre activement dans les secteurs de l'éducation (achats d'ordinateurs), la santé (achats réguliers de médicaments) et l'agriculture. Ce dernier domaine est le secteur clé de l'association: un ensemble agricole a déjà été expédié comprenant un tracteur, un semoir, un canadien, et une charrue. Une formation a été mise en place en parallèle pour former les agriculteurs à l'utilisation de ces nouveaux outils et à l'organisation agricole. En terme de gestion, les agriculteurs ont créé une coopérative agricole comprenant plusieurs villages voisins, ce qui permet d'obtenir de l'argent pour entretenir le matériel. Les impacts à long terme de cces initiatives sont à nuancer car par exemple, le tracteur est en panne et n'est pas réparé: même si de l'argent est mis de côté pour la maintenance il n'est pas toujours évident de trouver une personne spécialisée dans les outils agricoles européens à moindre coût.

 

Dans cette optique de développement agricole, l'association mène un projet de mise en place de cultures maraîchères dont la réalisation a débuté en janvier 2009. Répondant à un besoin de la population en terme de diversification alimentaire, une surface de 5300 m² a été aménagée pour la culture maraîchère. Le choix du terrain a été motivé par la proximité au village, la présence d'une source d'eau potable aux alentours pour permettre l'arrosage quotidien des cultures et surtout par le fait qu'un agriculteur a réussi à faire pousser des haricots dans cette zone l'an dernier. Aucune étude de sol n'a été faîte pour étudier la nécessité d'une préparation du sol (désalinisation, neutralisation,...) car les compétences de l'association se réduisent à un domaine agricole. De plus, les moyens financiers étant limités, il a été jugé préférable d'investir dans de nouvelles semences plutôt que dans une étude de sol et de voir les résultats à court terme pour envisager un développement maraîcher durable. Un puits de 3m de large et 4m de profondeur d'eau potable a été construit pour l'arrosage et la surface maraîchère a été implantée à 500m du puits. Afin de minimiser les déplacements pour l'arrosage et l'attente au puits, un réseau de canalisation a été créé sous terre pour alimenter deux réservoirs en béton grâce à une motopompe. Notre visite nous a permis de soulever les inconvénients majeurs de ce type de réseau:

  • la motopompe était en panne et personne sur l'île n'a les compétences pour sa maintenance;

  • plusieurs fuites ont eu lieu au niveau des canalisations conduisant à des pertes en eau potable importantes du fait de la difficulté de leur localisation au sein du réseau;

  • l'eau d'arrosage puisée dans la lame d'eau douce est potable, ce qui tend à l'épuiser et à la contaminer, alors qu'elle pourrait être utilisée pour la consommation quotidienne des habitants (cuisine, eau de boisson)et que les cultures n'ont pas autant d'exigences en terme de qualité de l'eau;

  • il n'existe aucune règle quant à la quantité d'eau puisée par parcelle et même si un volume d'eau a été conseillé, rien n'empêche un jardinier d'arroser plus s'il juge que c'est nécessaire.
  • Nous prendrons en compte ces éléments dans nos choix de dimensionnement pour ne pas être confrontés à des problèmes similaires.

    La surface a été délimitée par une clôture provisoire en bois et la terre travaillée pour accueillir les futurs plants. Parallèlement, les semences offertes par l'association ont été plantées le 05 janvier dans une pépinière créée directement au niveau de la zone maraîchère afin d'optimiser et contrôler leur croissance. Les jeunes pousses ont alors été réparties équitablement entre les différents agriculteurs en fonction de leur demande 25 jours plus tard.

 

Les cultures recensées sont principalement des légumes (salade, aubergine, pomme de terre, carotte, oignon, igname, gombo), mais aussi des fruits (deux espèces de tomates) et des fleurs (l'Hibiscus sabdariffa à partir de laquelle on obtient du sirop de bissap, boisson nationale au Sénégal) répartis de cette manière:

 

 

 

Chacune des 53 parcelles a une superficie de 100 m², sur laquelle les différentes cultures sont également réparties. L'arrosage se fait deux fois par jour: 300 L (15 bidons de 20L) le matin à l'aube vers 7h et 300 L en fin de journée aux alentours de 19h. Les seuls amendements réalisés sont l'épandage de crottin et de cheval, et pulvérisage avec un insecticide tous les dix jours. Les jardiniers se sont fournis eux-même en insecticide indépendamment de l'association. La répartition des parcelles s'est fait par la population elle-même par un système de tirage au sort ce qui a été très bien accepté mais laisse des personnes dans le besoin d'où la nécessité d'agrandissement pour éviter les inégalités. Un loyer est demandé chaque mois et toute personne qui abandonne sa culture ou ne paye pas est remplacée par une autre tirée au sort, ce qui motive à entretenir les parcelles. Cette gestion est exemplaire puisqu'elle est issue directement de la concertation et de la participation de la population et dynamise le jardin. Cependant, comme nous l'avons dit, il n'existe aucune gestion quant à la quantité d'eau puisée par jour ce qui n'est pas envisageable pour un bassin de collecte d'eau de pluie où le volume d'eau disponible est limité.

 

 

C'est la première fois que la population de Mar Lodj essaie de cultiver un maraîcher sur une telle superficie, mais les agriculteurs sont organisés en commission et épaulés par un spécialiste de Comité de Développement de Fimela qui a notamment donné des cours de maraîchage. Ainsi, un mode de culture alternée biannuel a été mis en place sur chaque parcelle pour maintenir et améliorer la fertilité des sols, ce qui est un facteur primordial pour ce type de sols sableux contenant une faible proportion de nutriments.

 

D'un point de vue protection des cultures, des clôtures que l'association Courtonne-les-Deux-Eglises prévoit de consolider entourent la zone pour protéger des animaux et des enfants. Quelques bâches ont été disposées sur les plants par l'agriculteur lui-même pour protéger des oiseaux et de certains insectes.

 

Pour l'instant aucune récolte n'a encore été effectuée, étant donné que les semences ont été plantées seulement le 5 janvier, mais nous avons pris les coordonnées téléphoniques du responsable du jardin pour qu'il nous informe des quantités récoltées début mars afin d'avoir une idée des rendements envisageables pour notre zone et des améliorations à apporter.

 

Pour avoir une idée de l'enrichissement du sol par les déjections animales, nous avons prélevé un échantillon au cœur d'une des parcelles pour analyses.

 

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