Protection de la nappe d'eau douce

Il n'existe pas de solution miracle pour stopper l'intrusion saline, cependant il existe des solutions permettant de la limiter et la repousser vers la mer. Dans cette partie, nous allons en présenter quelques-unes.

  • Arrêts des pompages

Évidemment, la première des choses si l'on souhaite limiter l'intrusion saline, c'est de stopper ou de ralentir les pompages de la nappe. En effet, si l'on stoppe les pompages il y aura plus d'eau douce dans la nappe et aucune dépression ne sera créée dans la nappe ce qui aura pour effet direct de repousser le front salé par rapport à la situation actuelle.

Il faudrait donc que les habitants de l'île arrêtent de puiser de l'eau de la nappe et utilisent d'abord l'eau des citernes individuelles. Or, pour le moment il se trouve que les villageois de Mar Lodj font l'exact contraire, c'est à dire qu'ils commencent à utiliser l'eau des citernes seulement lorsque l'eau du puits est devenue trop salée. Idéalement, la nappe d'eau douce ne devrait servir qu'en cas d'épuisement des réserves (citernes individuelles, bassin de rétention d'eau) dont ils disposent.

  • Recharge artificielle de la nappe

La recharge artificielle de nappe est de plus en plus utilisée pour stocker l'eau souterraine à court et à long terme. Elle peut être utilisée dans plusieurs cas, par exemple lorsque le stockage d'eau dans la nappe présente des avantages sur le stockage d'eau de surface ou pour le recyclage des eaux usées (1). Dans notre cas, la recharge artificielle serait utilisée pour repousser le front salé. En effet, en augmentant la quantité d'eau dans la nappe ou les infiltrations on va modifier l'équilibre entre l'eau douce et l'eau salée et donc la position du front salé. Deux méthodes de recharge sont envisageables.

A) Méthode 1: Puits d'injection

La première méthode consiste à utiliser un puits pour en faire un usage double, c'est a dire qu'on peut l'utiliser pour l'alimentation et l'extraction en eau.

 

 

Schéma d'une réalimentation de la nappe par un puits d'injection

Il n'y a pas de forme particulière pour le cône de réalimentation (représenté sur schéma ci dessus) car sa forme est fortement influencée par l'écoulement de la nappe. Cette solution se révèle peu coûteuse dans notre cas et pourrait être utilisée facilement puisque des puits sont déjà creusés. Ainsi on aurait une solution très économique permettant de recharger la nappe en cas de surverse du réservoir. En effet, il suffirait de prévoir un dispositif permettant de diriger l'eau du réservoir vers un puits en cas de trop plein un siphonage avec un tuyau suffirait).

B) Méthode 2: Injection superficielle

On peut aussi participer à la recharge de la nappe par injection superficielle. Cela signifie que la recharge artificielle des nappes est réalisée à partir d'eau de surface dans des bassins, des tranchées, des fossés et d'autres dispositifs où l'eau s'infiltre dans le sol et s'écoule vers le bas pour recharger les aquifères. Il faut alors aménager des cours d'eau, construire des canaux d'infiltration ou des bassins. Généralement on installe une couche filtrante au fond des bassins pour augmenter la capacité d'infiltration. La capacité d'infiltration varie de 2-5 mm/j sur sable à 0,2-0,4m/j dans bassin à végétation. Ainsi, le bassin à végétation a des débits d'injection plus lents mais a l'avantage de ne pas colmater. De plus, afin d'éviter la prolifération d'algues, on s'efforce de faire circuler l'eau dans les bassins.

Schéma d'une réalimentation de la nappe par injection superficielle

Cette méthode de recharge nécessite de faire de nouveaux investissements et donc par conséquent n'est pas adapté pour notre projet humanitaire. De plus, l'eau du bassin de recharge s'évaporerait beaucoup trop vite

  • Digues anti-sel

Les digues ont ,d'après les habitants de l'île un effet positif toute l'année sur la position du front salé. Pendant la saison des pluies et grâce au stockage d'eau qui s'opère, les infiltrations se font au détriment du ruissellement, ce qui favorise la recharge de la nappe et repousse le front salé vers les profondeurs.
En saison sèche, le biseau salé qui avait tendance à avancer sur la vallée est stoppé le long de cette vallée grâce à ce mur d'argile compacté qui a été réalisé dans la tranchée de la digue. C'est la partie de la digue enterré dans le sol d'environ un mer qui repousse l'interface vers la mer.

Cependant l'impact de ces digues est certainement très faible et cela mériterait quelques approfondissements.


Bibliographie

1. Bouwer Herman "Artificial recharge of groundwater: hydrogeology and engineering" (2002) Article disponible en ligne.
http://adsabs.harvard.edu