Contexte socio-économique

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V] Contexte socio-économique

 

5.1 Le Sénégal: une situation à l'image de l'Afrique subsaharienne

Selon le rapport 2005 sur le développement humain publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Sénégal fait partie de la catégorie des pays dont l’indicateur de développement est faible. Occupant la 157ème place sur 177 pays, le Sénégal ne peut véritablement tirer profit de ses produits ou de son agriculture.

En 1994, la première enquête budget consommation (Enquête sénégalaise auprès des ménages - ESAM I) avait évalué la proportion de la population en dessous du seuil de pauvreté à 65% et la proportion des ménages pauvres à 58%. La pauvreté est localisée pour une large part dans les zones rurales et plus particulièrement dans les zones rurales du centre, du sud et du nord comme le confirme l'EPPS 2001. En effet l'incidence de la pauvreté se différencie en zone rurale avec un seuil de pauvreté entre 72% et 88% alors qu'en zone urbaine, elle varie entre 44% et 59%.

Dans le domaine de l'éducation, les indicateurs sont faibles, avec notamment un taux brut de scolarisation (68%) inférieure à la moyenne en Afrique subsaharienne (75%). Ce taux est de 73% (garçons) et de 58% (filles). L'analphabétisme des adultes est d'environ 65% (74% femmes et 55% hommes). Au niveau national, le taux d'accessibilité à l'école primaire (à 30 minutes ou à moins d'un km) est estimé à 81%. Le sous-secteur de l'éducation souffre, entre autres maux, de la baisse de la qualité de l'enseignement, du niveau jugé plus faible des enseignants, de la démotivation du personnel et d'une absence de rigueur dans les inspections. Globalement, de grandes disparités existent entre les régions.

Pour la santé, les indicateurs sont peu satisfaisants. Ceux utilisés dans le cadre du DSRP (document de stratégie pour la réduction de la pauvreté –2001) montrent une mortalité infantile (moins de un an) de 60 pour 1000, ce qui représente, par rapport à 1992-1993, une baisse. La mortalité juvénile, par contre, de 98 pour 1000 sur cette même période est en hausse du fait des maladies diarrhéiques, des faibles performances du programme de vaccination, de la malnutrition et du paludisme (première cause de morbidité avec 25% des cas déclarés dans les formations sanitaires). La mortalité maternelle, 510 pour 100 000 naissances vivantes, traduit les difficultés rencontrées dans le domaine de la surveillance de la grossesse et de l'accouchement. Le taux d'accessibilité aux services médicaux est estimé à 58% (moins de 30 minutes) et 50% (moins d'un km). La malnutrition reste un problème de santé publique - en 2000 environ 20% des enfants souffraient d'une insuffisance pondérale, et à peu près 8% d'une sous nutrition chronique ou émaciation. La couverture vaccinale des enfants contre les principales maladies de l'enfance reste insuffisante - seuls 42% des enfants âgés de 12 à 23 mois ont reçu tous les vaccins et 31% seulement avant leur premier anniversaire. De grandes disparités existent entre les régions. S'agissant du VIH/SIDA, des résultats positifs mais fragiles sont enregistrés avec un nombre de personnes infectées estimé à 80 000 dont 77 000 adultes et un niveau de prévalence au sein de la population adulte de 15 à 49 ans estimé à 1,4%.

Politiquement, les autorités sénégalaises tendent à exercer un certain leadership sous-régional, voire régional, dans beaucoup de programmes panafricains (NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique – et intégration africaine), tout en connaissant des difficultés à développer des programmes socio-économiques susceptibles de pallier à une pauvreté humaine et salariale de plus en plus accrue.

Quelques chiffres (APEFE, Association pour la Promotion de l'Education et de la Formation à l'Etranger, 2004)

5.2 Mar Lodj: une île de tradition agricole subissant l'exode rural

La population maroise est constituée majoritairement de Sérères, troisième ethnie sénégalaise, dont 60 % de catholiques et 40% de musulmans. Les deux religions ont des coutumes qui leur sont propres mais ne sont en aucun cas source de conflits. L'animisme fait le lien entre les deux, soudant la population autour de cultes traditionnels communs. L'excellente cohabitation qui en découle témoigne de leur tolérance et de leur adaptation. La pauvreté menaçait le village du fait de la sécheresse entraînant une pénurie en eau et l’abandon de certaines cultures. Depuis les années 2000, deux associations agissent dans le secteur de l’éducation (parrainage, construction d’école), la santé (construction d’une maternité), l’agriculture (apport de matériel) et la gestion en eau (puits) améliorant ainsi le niveau de vie et favorisant le tourisme.

D’un point de vue sanitaire, les habitants présentent de nombreuses carences en éléments essentiels dues à une alimentation peu diversifiée et pauvre en fruits et légumes. La mise en place d’un maraîchage serait donc profitable à chaque individu puisque chaque famille qui le souhaite possédera sa propre parcelle.

La majorité des hommes sont des agriculteurs-riziculteurs habitués à travailler en groupe organisé pour des interventions communautaires. Ces dernières années, le revenu agricole a diminué à cause de la sécheresse et de l'accroissement démographique. La population rurale est donc favorable à la création d’un aménagement collectif à des fins agricoles et possède a priori des compétences de gestion. Le travail du maraîcher sera réparti entre hommes et femmes: l'arrosage quotidien est assimilé à une tâche domestique et de ce fait confié aux femmes tandis que les interventions ponctuelles (travail du sol, semence, récolte, pulvérisation d'insecticide, protection des cultures) seront réalisées par les hommes. Une formation devra donc être dispensée à l'ensemble des personnes agissant sur le maraîcher. La principale différence quant à la conception du travail réside dans une vision à court terme des objectifs d’un aménagement. Si notre installation nécessite une économie ou une maintenance, un comité de gestion devra être mis en place pour s’assurer de la bonne marche du projet.

L’agriculture est l’activité économique dominante bien qu’elle constitue un secteur en perte de vitesse à cause entre autre de la vétusté de l’équipement agricole, de la pression foncière découlant de l’extension des zones d’habitation et de l’évolution démographique. En effet, l’analyse des données démographiques du village souligne une amplification de l’exode rural due à un contexte économique local peu favorable. L’immigration est inexistante tandis que les jeunes adultes migrant vers les centres urbains et les grands pôles de pêche pour étudier et travailler afin de subvenir aux besoins de leur famille. En outre, l’émigration vers l’Europe est d’actualité. Malgré ce phénomène dynamique, le développement de la population locale et l’essor exponentiel du tourisme sont à l’origine d’une demande accrue en eau et en produits de culture. L’expansion de la culture maraîchère grâce à la collecte des eaux de pluie engendrerait un surcroît d’activité économique qui permettait d’endiguer l’exode rural, aidant ainsi à créer la masse critique aux investissements dans les infrastructures publiques, l’éducation et de santé.

Les autres activités économiques sont l'élevage, qui est un moyen de thésaurisation et un paramètre socioculturel de prestige d'où un mode d'élevage extensif, la pêche et la transformation des fruits de mer et le tourisme qui constitue une source financière non négligeable puisque l'emploi saisonnier représente près de 80% du personnel des campements et contribue au développement de l'artisanat local.

 

5.3 Acceptabilité du projet

L’introduction d’un nouveau système de récolte collective d’eau de pluie est une solution trouvée localement pour renforcer les moyens déjà mis en oeuvre pour palier au manque d’eau potable en saison sèche et agrandir la parcelle de culture maraîchère existante. L’acceptabilité du projet d’un point de vue conceptuel est intégrale: le projet résultant directement d’une demande de l’ensemble de la population du village, il viendrait satisfaire des besoins essentiellement nutritifs et financiers. Une assemblée générale avec la majorité des chefs de famille du village et des sondages auprès des femmes ont mis en exergue une compatibilité avec les us et coutumes locaux ainsi qu’une motivation unanime sous réserve d’une présentation des résultats de l’étude technique avant la conception finale. Cette participation à la prise de décision est une condition sine qua non à l’appropriation du projet par la population et donc à sa viabilité. Ce sont les principes d'information, de consultation, de concertation et de participation qui sont mis en pratique ici.

Reste alors la question de la gestion du système de collecte et du maraîcher, que ce soit sous un aspect financier ou organisationnel. La collecte des eaux de pluie exige des investissements en activité, en moyens financiers et en matériel qui devront être fournis à long terme par une participation communautaire des habitants de l’île, dans une optique d’autogestion. C’est pourquoi, il est nécessaire d’intégrer dès la phase d’étude ces paramètres limitant pour une acceptabilité durable du projet en prévoyant par exemple un entretien minimal et peu coûteux. La gestion des parcelles est un point clé du projet car toute désorganisation dans la maintenance, toute injustice dans la répartition ou l’entretien ferait du maraîcher une source de discorde et nuirait à l’atteinte des objectifs initiaux.

Bibliographie