Contexte géographique

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I] Contexte géographique

 

1.1 Topographie

Dans les îles marécageuses du Saloum, se pose paradoxalement un problème d’eau douce pour les populations.
L’estuaire du Saloum a été formé par le remblaiement d’une vallée lors de la dernière transgression marine. Les sédiments déposés (sables fins, vases sableuses) sont parcourus par une multitude de chenaux, les bolongs, souvent bordés par la mangrove. Les quelques 1500 km2 de ce pseudo-delta présentent un relief très faible qui, joint au débit négligeable du fleuve, permet à l’eau de mer d’occuper les chenaux. Une forte évaporation entraîne une sur-salure nette de l’eau vers l’amont: 35 % à l’embouchure, 55 % à Foundiougne. Ce phénomène a été décrit dans son principe général sous le nom d’”estuaire inversé”.

 

1.2 Le climat

 

Le climat est soudano-sahélien à caractère maritime. Il est fortement influencé par sa position géographique et les vents d’Ouest qui occasionnent la présence quasiment continue de fraîcheur. La brise maritime offre de basses températures (entre 20 et 25°C) pendant la saison sèche durant laquelle les variations diurnes de température sont fortes (environ 15°C d’amplitude). Dès l’installation des pluies, l’influence de l’Alizé continental fortement marqué par les courants marins le long de la petite côte allant de Dakar aux îles de la Casamance conduit à un climat moins doux (35°C). L’énergie solaire est importante, surtout durant la saison sèche (près de 4kWh.m-2 par jour sur l’ensemble du spectre ; la variation annuelle liée à l’ascension du soleil est assez réduite. Mais la nébulosité de saison des pluies, et les vents de sable de saison sèche (janvier à mars) diminuent l’énergie annuelle disponible au sol.

Les précipitations, dans les bonnes années, sont de 700 mm environ (moyenne 1945-1959 pour Dakar) alors que l’évaporation est de 1050 mm par an (moyenne 1945-1959 pour Dakar). Le bilan hydrique, déjà déficitaire, s’est aggravé depuis 20 ans par la diminution des pluies (325 mm à Dakar, moyenne 1968-1984). L’alimentation des nappes aquifères de sub-surface est ainsi compromise. C’est à ce niveau - beaucoup plus que pour la salinité de l’estuaire - que la sécheresse persistante a un effet, net et de plus en plus prononcé, sur les ressources en eau.

Les îles du Saloum se subdivisent en deux ensembles distincts, tant du point de vue ethnique que socioéconomique. Dans chacun de ces ensembles, le problème de la pénurie en eau douce va se poser en termes différents.

--> lien vers les données climatiques récoltées

 

1.3 Les sols

Le territoire de l'île présente des types de sols compartimentés de l'Est vers l'Ouest en strates. Au niveau de la zone géographique affrétée au projet, le sol est sablonneux, issu des dépôts alluvionnaires sous les effets de la sédimentation et de l'érosion marine. Ces sols posent de nombreux problèmes tels que la salinité progressive des terres, une acidité croissante entraînant une fertilité de plus en plus compromettante, ou encore l'érosion hydrique et marine.

--> lien vers l'étude pédologique

 

1.4 Les eaux

L’abondance des eaux de surface n’est plus à signifier compte tenu même de la nature insulaire du territoire. On recense des dizaines de mares réparties sur toute l’île qui se vident avec l’avancée de la saison sèche. Certaines d’entre elles sont affectées par la salinité et ne servent qu’à l’abreuvement du bétail tandis que d’autres sont exploitées à des fins agricoles, plus particulièrement en riziculture. Les bolongs créent des îlots dans l’île même. Il en est ainsi des villages de Wandjié, Mar Fafaco et Mar Soulou. Ainsi, le bras de mer du Saloum se ramifie dans l’île.

Quant aux eaux souterraines, l’exploitation de la nappe phréatique se situe à 15m de profondeur à Mar Fafaco et au-delà de cet horizon l’eau y est saumâtre. Sur le reste du territoire, l’horizon d’eau douce se situe entre 8 et 10 m pour préserver la qualité de l’eau. A Wandjié par contre, il est impossible d’obtenir de l’eau douce par cette voie d’où l’absence de puits.

La nappe de forage quant à elle est restée saumâtre et est réservé uniquement au bétail et aux tâches domestiques. La redistribution des eaux de forage se fait par réseau d’adduction dans des réservoirs au sol alimentant les bornes fontaines.

--> lien vers les analyses d'eau

 

1.5 Végétation et faune

La végétation est abondante en particulier dans les zones inondées de mangroves. Les diversités végétales offrent un parc forestier, d’avifaune et de faune à espèces très importantes : hyènes, chacals, singes, perdrix, canards de mer, cormoran,... Les végétaux typiques des forêts exotiques y sont rares. Les essences fruitières dominantes sont les tamariniers, les Néo, les Ditax qui cohabitent avec des rôniers, des baobabs et des cads.

Les îles du Saloum se subdivisent en deux ensembles distincts, tant du point de vue ethnique que socioéconomique. Dans chacun de ces ensembles, le problème de la pénurie en eau douce va se poser en termes différents.

 

Bibliographie

CADDEL Consulting (Cabinet d'Appui à la Décentralisation et au Développement Local) Schéma d'Aménagement et de Gestion du terroir intervillageois de Mar (CR de Fimela/Fatick), étude commandée par la Caritas de Kaolack, Sénégal, mars 2005