Impact économique

<-- voir le sommaire

 

I] Évaluation de l'impact économique de la mise en place du maraîchage


Nous avons étudié l'impact de l'irrigation sur la revente des surplus de production. Pour cela il a fallu estimer le gain en durée cultivable, les rendements de productions envisageables, ainsi que les prix des marchés locaux.

 

La mise en place de cultures maraîchères a été une réussite économique dans d’autres pays d’Afrique. En atteste ce témoignage d’un producteur Béninois, ancien pêcheur reconverti : « Non seulement le maraîchage est rentable mais cette activité nous occupe à plein temps et nous nous auto-employons alors qu’avant nous passions jusqu’à trois mois à ne pas pêcher ».

 

1.1. Rendements espérés

Pour les cultures maraîchères faîtes au Mali, les niveaux de production sont intéressants. Les producteurs ont obtenu un rendement moyen de 29,8 tonnes à l’hectare pour la tomate, 21 tonnes à l’hectare pour l'oignon, 32,4 tonnes à l’hectare pour le chou, 7,9 tonnes à l’hectare pour le gombo. Considérant la qualité plutôt faible de notre sol, et les différences de climat avec le Mali, pour notre maraîcher nous pouvons espérer des rendements un peu plus faibles. Ainsi si nous considérons que notre production sera environ 30% inférieure à celle du Mali, nous pouvons espérer :

  • 21 t/ha pour la tomate;

  • 15 t/ha pour l'oignon;

  • 23 t/ha pour le chou;

  • 5,5 t/ha pour le gombo.

 

Soit pour notre jardin de 5000 m², en considérant que la surface est répartie équitablement pour ces quatre cultures et pour la carotte et l'aubergine (soit 5 types de « parcelles »), nous avons donc 100 m² par type de culture. Nous pouvons donc espérer récolter: 2 tonnes de tomates, 1,5 tonne d'oignon, 2,3 tonnes de chou, 5,5 tonnes de gombo, ainsi que des carottes et des aubergines.

Un jardin de 5000 m² serait divisé en 50 parcelles de 100 m², donc profiterai à 50 familles. Donc par exemple sur 2 tonnes de tomate, chaque famille aurait 40 kg de tomate. De même pour les autres productions. Ceci compense largement les besoins nutritifs des propriétaires de parcelle, et permettrait même de revendre les surplus sur le marché de l'île pour les autres familles, et ce, à des prix défiant la concurrence des produits importés du continent.

 

Le prix des produits maraîchers varie beaucoup selon la période de l'année (du simple au triple pour certains). Ainsi, pour que la production de notre jardin rapporte un maximum d'argent aux producteurs, il faudrait que ceux-ci les vendent en janvier, période où les prix atteignent des sommets. Ceci est possible pour les productions à plus rapide cycle de végétation (comme la salade, la tomate et la carotte), si elles sont débutées dès la fin de la saison des pluies mi-octobre. Le tableau ci-dessous résume les quantités de production attendues, ainsi que les prix de vente, et donc les recettes envisageables. Notez que les prix sont donnés à titre indicatif car ils sont variables d'une source à l'autre (cf. bilbiographie de la partie).

 

 

 

Rendement espéré (en t/ha)

Production totale du jardin d'1/2 ha (en tonne)

Production attendue (en kg/parcelle de 100m²)

Prix de vente en Fcfa/kg

Équivalent en Fcfa de la production totale

Type de culture

 

 

 

Prix de vente minimal (période juin-juillet)

Prix de vente maximal (décembre-janvier)

Période juin-juillet

Période décembre-janvier

tomate

21

11

42

200

500

2 100 000

5 250 000

chou

15

8

30

400

800

3 000 000

6 000 000

oignon

23

12

46

100

350

1 150 000

4 025 000

gombo

6

3

11

200

800

550 000

2 200 000

laitue

25

13

50

100

300

1 250 000

3 750 000

carotte

10

5

20

400

800

2 000 000

4 000 000

aubergine

10

5

20

400

600

2 000 000

3 000 000

TOTAL/ moyenne:

16

55

31

257

593

12 050 000

28 225 000

 

Ainsi, si nous considérons un investissement de 40 000€ pour la création du réservoir, à raison d’un peu plus 4 000€ de bénéfice par an, le projet serait amorti en 10 ans.

 

 

1.2. Impact d'un apport d'eau potable sur le développement du tourisme

Les touristes sont de plus en plus nombreux à visiter l’île de Mar Lodj, que ce soit pour la journée ou pour un séjour prolongé avec hébergement dans les camps de l’île. Ceux-ci ne consomment que de l’eau en en bouteille. Mais les camps de touristes utilisent également beaucoup d’eau, que ce soit pour l’entretien, les douches, et les piscines. Cette eau provient du forage profond, et est donc de l’eau difficilement « renouvelable ». Ainsi si les consommations d’eau vont en progressant sur la même lignée qu’actuellement, non seulement la nappe phréatique dans laquelle puise ce forage, mais également les nappes qui alimentent les puits d’eau potable dont se servent les villageois vont devenir de plus en plus saumâtres. Une nouvelle source d’eau potable, par récupération d’eau de pluie des toitures, permettrait de remédier au puisage d’eau pour la consommation, et ainsi réservée l’eau des puits aux autres activités uniquement et dans le même temps d’assurer une eau potable de qualité et ce durablement.

Ainsi l’augmentation de la quantité d’eau potable disponible n’a pas d’influence directe sur le développement du tourisme, mais plutôt sur la population et son bien-être, éléments qui peuvent jouer sur l’accueil du tourisme.

Le développement du tourisme a des retombées non négligeables pour la population car il procure du travail aux ressortissants du terroir, ce qui contribue d’une part à la réduction de l’exode rural et d’autre part à la création de richesses. Ainsi le tourisme engendrerait une sédentarisation de la population de l’île et donc une augmentation des besoins en eau et produits maraîchers, augmentation qui pourrait être compensée par un enrichissement. De plus, les promoteurs ont réalisé diverses actions dans le domaine social : appui financier, équipement des calèches, aide matérielle aux écoles,… Il ne faut toutefois pas oublier les revers que peut avoir le tourisme : augmentation des déchets, pression et spéculation foncière, prolifération des MST/SIDA, dégradation de l’écosystème,… 

--> Lien vers l'impact social