L'accès à l'eau

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I] L'accès à l'eau

Les ressources en eau douce ont cinq origines :

  • les puits villageois : publiques (4 d'eau encore potable, 5 d'eau saumâtre) et privés (6 d'eau potable);
  • un forage profond, dont l'eau est stockée dans un château d'eau, mais qui n'est plus potable depuis 4 ans;
  • l’eau de pluie collectée dans des réservoirs individuels;
  • des mares temporaires;
  • l’eau en bouteille transportée du continent en pirogue : en général bue seulement par les touristes et les européens.

 

1.1 Les puits et forages

Il existe trois horizons d'exploitation des eaux souterraines:

  • la nappe phréatique essentiellement alimentée par les eaux de pluie. Sa profondeur varie de manière décroissante d'Est en Ouest. L'eau est obtenue à moins de 10 m dans la zone de MarLothie;
  • l'horizon aquifère du continental terminal: il se trouve entre 30 et 50 m de profondeur, les eaux y sont saumâtres et donc rarement exploitées;
  • l'horizon du maestrichien: il se situe au-delà de 150 à 200 m, les eaux de cette nappe sont aussi salées que celle du terminal continental. L'unique forage de la zone constitue la seule source d'approvisionnement en eau des population. Le réseau d'alimentation développé est très important: il coure tous les villages par des systèmes d'adduction et de collecte auprès de réservoirs de stockage au sol.

L'eau des puits et des forages se salinise donc rapidement, en général les puits deviennent impropres à la consommation 3 à 5 ans après leur forage. La situation générale va en empirant : les nappes aquifères sont de plus en plus contaminées. Les forages ne sont donc pas une solution réelle : au mieux, ils fournissent une eau saumâtre ; au pire, la contamination des nappes est accélérée et accentuée par le pompage. Ainsi les forages profonds De plus, les puits villageois sont rarement utilisables toute
l’année.

L’accès au puits est gratuit : “l’eau ne se vend pas, elle se prête ou se donne”. Même les propriétaires de puits ne font pas payer le puisage, ils ont seulement l'avantage de choisir qui et quand peut puiser chez-eux.

La fréquence et la quantité des puisages est variable selon les puits et selon les jours. Ce sont les femmes qui vont chercher l'eau au puits, dès le petit matin. Elles utilisent de grandes bassines pouvant contenir 20L d'eau, qu'elles portent ensuite sur la tête, et des bidons de 20L également qu'elles portent à la main ou parfois à l'aide d'une charrette tractée par un cheval ou un âne. Certaines préfèrent venir plusieurs fois dans la journée, d'autre puisent de grandes quantités d'un coup pour éviter de venir tous les jours... En général, les habitants se rendent au puits le plus près de leur maison. Ainsi si le puits le plus près est saumâtre, ils utiliseront cette eau pour la lessive, leurs animaux ou les autres tâches ménagères, et iront au puits d'eau potable uniquement pour leur consommation; mais si le puits juste en face de chez eux est un puits d'eau potable, ils utiliseront l'eau potable pour tous leurs besoins...

Les puits se remplissent en continu par infiltration. La vitesse de remplissage est variable selon les puits, et la période de l'année, autrement dit selon la proximité et l'état de la nappe phréatique. Selon les pluviométries de l'année, et donc la recharge de la nappe, les puits vont pouvoir être utilisés plus ou moins longtemps. En général ils sont presque à sec à partir de mars-avril, à partir de ce moment les habitants tentent de puiser leur eau le plus tôt possible le matin, et essaient de
limiter leur consommation...

Lors de notre séjour sur l'île, au début du mois de février, nous avons réalisé des mesures sur 2 puits publiques, et 2 puits privés. A l'aide d'une corde, d'un leste, et d'un mètre, nous avons relevé la profondeur des puits, leur diamètre, ainsi que les niveaux d'eau à différents moments de la journée. La mesure des hauteurs d'eau n'est pas très précise (notamment pour la mesure du soir pour le puits « champs », nous mesurons 0 cm d'eau, en fait il devait y avoir une couche d'eau très fine dans le fond du puits..) Nous estimons l'erreur à +/-5cm. Cette erreur est amplifiée par le calcul des volumes d'eau. Ceci-dit ces mesures nous permettent d'avoir une idée de la quantité d'eau accessible. Il faut noter qu'au file de l'année, plus on avance dans la saison sèche, moins il y a d'eau dans les puits, et plus ceci sont salés, particulièrement en fin de journée.

 

Tableau des quantités d'eau dans les puits:

 

 

Nous avons également prélevé des échantillons d'eau dans ces puits, afin d'estimer la qualité de l'eau, ainsi que sa variation au fil de la journée. Pour cela nous avons mesuré :
- le pH
- la conductivité / salinité

--> lien vers les analyses d'eau

Enfin, il faut noter que les puits ne sont pas protégés, ils sont à ciel ouvert et des enfants autant que des polluants ou autres objets indésirables peuvent aisément se retrouver dans les puits.

 

1.2 L'eau de pluie récupérée

Traditionnellement, durant l’hivernage, l’eau de pluie est recueillie dans de grands canaris (jarres) en ciment. Cette eau ne peut être consommée telle quelle que pendant 20 à 30 jours ; au delà, sans ajout de javel, les proliférations de bactéries et moisissures bien que non pathogènes le plus souvent, rendent l’eau impropre à la consommation.

Depuis 2007, une association hollandaise a aidé à la réalisation de citernes de récupération d'eau de pluie, pour des particuliers (60 citernes privées de 10m3). Voir la page consacrée aux citernes.

 

1.3 Les mares temporaires

Les eaux de ruissellement alimentent pendant l'hivernage jusqu'au mois de décembre certaines mares. L'une des plus importantes est TAMRA qui inonde le bassin aménagé pour la riziculture. Ces cours d'eau temporaires sont essentiellement utilisés pour l'abreuvement du bétail et quelques fois à la pratique rizicole. D'après les témoignages des habitants, il existe des mares à proximité de la zone d'étude, qui pourraient alors éventuellement servir de réservoir temporaire pendant le premier mois de culture maraîchère pour économiser l'eau du bassin de collecte des eaux de pluie.

 

1.4 L'eau en bouteille

L'eau en bouteille est vendue dans toutes le petites épicerie, bar et restaurants, pour 500CFA le litre environ, ce qui est cher pour la population locale qui par ailleurs suppporte sans mal l'eau des puits. Elle n'est donc achetée que par les européens et touristes.

 

 

Lien vers II] Les citernes individuelles