Choix des filières de traitement des eaux usées les plus adaptées

N’étant qu’aux prémices du projet de l’éco-village de G., rappelons que nous avons supposé que, grâce au forage prochainement creusé et destiné à l’alimentation en eau du potable de l’éco-village, le propriétaire pourra satisfaire les besoins des habitants des 10 maisons ou chalets (plan d’urbanisme, figure 1). Il s’agit donc de mettre en place une filière d’assainissement prenant en compte les eaux usées de 50 EH.

Pour ce faire nous disposons d’une surface maximale de 7000 m². Nous pouvons donc envisager des systèmes collectifs, semi-collectifs voire totalement individuels.

 

Bilan de l'étude de faisabilité 

L’étude de faisabilité a montré que l’axe selon lequel seront disposés les conduites d’eaux usées et le système de traitement présente une pente moyenne (de 5 à 12 %) et assez régulière (surtout au niveau de l’emplacement réservé à l’installation commune de traitement). Les stations de traitement pourront donc fonctionner par écoulement gravitaire pour éviter une consommation d’énergie due à des pompes de relevage. Cependant, il ne doit pas y avoir de zones de stagnation. 

D’après l’étude de sol (profils à la tarière), nous sommes en présence de sols acides de type limoneux-argileux ou sablo-argileux, non compacts, non calcaires et reposant sur un substratum plus ou moins profond (1 à plus de 1,20 m), plus ou moins altéré et donc plus ou moins friable. Elle a également permis de confirmer les informations renseignées par les cartes géologiques, à savoir la présence de filons de granite, à une faible profondeur (70 cm). Les travaux de terrassement (tranchées, remblais, déblais,…) et l’installation des conduites, de la filière et des ouvrages annexes enterrés devrait donc nécessiter simplement l’utilisation d'un tractopelle (pas de bulldozer, d'explosifs,...). De manière générale, le propriétaire ne devrait pas engager des travaux trop importants et donc trop couteux.

Enfin, d’une part, nous avons pu écarter toutes contraintes relatives à la présence de sources, du forage et de zones protégées, ces éléments se situant sur un bassin versant différent de celui de la parcelle (bassin versant de l’Arn).
D’autre part, nous avons noté la présence d’un petit ruisseau en contrebas de la parcelle, à environ 200 m à vol d’oiseau de la zone réservée à l’infiltration des eaux prétraitées. Celui-ci est formé par les eaux d’infiltration drainées depuis les crêtes du bassin versant relatif à la parcelle. Il rejoint ensuite le ruisseau « Peyroux », situé à plus de 400 m de la bordure du terrain. Ces deux cours d’eau sont donc suffisamment loin de la zone de traitement pour ne pas être « contaminés » par les eaux d’infiltration.
Au contraire, le linéaire de sol forestier, compris entre le système d’infiltration/traitement et la source naturelle, va permettre de parfaire le traitement des eaux (présence de populations bactériennes) et de les charger en limons (naturalisation des eaux) avant qu’elles ne rejoignent le système hydraulique superficiel. 

 

Détermination des filières les mieux adaptées au site

D’après les désirs du propriétaire, ainsi qu’en s’appuyant sur la conception des habitats des futures personnes composant l’éco-village et leur rapport à la nature, nous avons opté pour une filière de phytoépuration. Il s’agira alors de dimensionner un filtre planté de roseaux à écoulement vertical (FPRV) et un fossé de dissipation, collectant et traitant les eaux usées de l’ensemble de l’éco-village (50 EH).
Le site étant situé à 750 m d’altitude, les roseaux seront donc soumis à des hivers assez rudes. Cependant, il faut savoir qu’ils peuvent résister aux températures hivernales rencontrées dans ce secteur, dans la mesure où les effluents entrant dans le filtre restent tièdes et ne gèlent pas (tests concluant dans les Alpes et les Pyrénées jusqu’à 1300 mètres d’altitude).

Cependant, l’installation de cette filière non conventionnelle est soumise à une autorisation par dérogation délivrée par les autorités compétentes. De plus, nous n’avons recensé aucun petit collectif possédant ce type de filière d’assainissement, mais seulement des particuliers et, pour la plupart, des communes de pus de 500 EH. Enfin, il semblerait qu’elles soient, pour une grande part, mises en place et entretenues à titre d’expérimentation et de comparaison avec d’autres filières.

Or les résultats de notre travail vont servir d’appui, pour le propriétaire, à l’obtention du permis de lotir et donc à la concrétisation de son projet du point de vue réglementaire. Pour lui assurer la validation de cette phase, nous avons préféré effectuer l’étude d’une filière plus traditionnelle et apparaissant dans les textes de loi en vigueur. C’est pourquoi nous développerons également une filière comprenant une fosse toutes eaux (FTE) pour le prétraitement.
La réglementation française définit des techniques d’épuration en termes d’obligation de moyens, en privilégiant la dispersion des eaux usées après traitement dans le milieu souterrain. Le rejet après traitement dans le milieu hydraulique superficiel reste exceptionnel et doit respecter une qualité minimale. Ainsi, il est préférable d’utiliser, après prétraitement par une FTE, le pouvoir épurateur naturel du sol en place. Les mesures de perméabilité (test de Porchet) ont permis de conclure à la présence d’un sol perméable. Cependant, le coefficient de perméabilité (K=30 mm/h) n’est pas suffisamment élevé pour n’utiliser que le sol en place pour l’infiltration des eaux prétraitées (inférieur à 50 mm/h). Nous envisagerons donc, avant que les eaux traitées ne s’infiltrent dans le sol, la mise en place d'un système de filtre à sable (sol reconstitué) comme traitement des eaux usées.

Pour résumer, en plus de la filière non conventionnelle choisie, nous étudierons et comparerons :

  • Un système individuel comprenant une FTE et un filtre à sable (soit un système complet par habitation, 4 ou 7 EH)
  • Un système semi-collectif comprenant une FTE par habitation (4 ou 7 EH) et un filtre à sable commun à toutes les habitations (50 EH)

 

 


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