Les différents facteurs économiques

     Il s'agit ici de lister les différents facteurs économiques qui vont nous permettre d'étudier la viabilité et l'intérêt économique (si intérêt il y a) du système de récupération d'eau de pluie.  

Les gains

1. L’augmentation du prix de l’eau

     L’eau potable est une ressource de plus en plus rare et donc de plus en plus chère.  Durant les dix dernières années, le prix de l’eau a augmenté, en moyenne, d’environ 93%, et augmente chaque année d’environ 5%. On estime que dans trois ans le prix moyen du mètre cube d’eau avoisinera, dans certaines régions, les 5 euros (source : Agence de l’eau Adour-Garonne). Aujourd’hui, dans certaines régions de l’hexagone, on atteint déjà ce prix. La récupération d’eau de pluie permettant de diminuer la consommation d’eau potable, on peut penser intuitivement que ce sera un investissement intéressant. Cette économie demeure de loin la plus importante et la première imaginée. Par ailleurs elle est facilement estimable.
On peut détailler les économies liées à l’économie de l’eau potable :


         • L’économie du coût énergétique
    L’eau de pluie est une ressource disponible « chez soi ». L’énergie requise pour la capter (dans la cuve au lieu d’une nappe ou d’une rivière) et pour la transporter jusqu’au lieu de consommation (à quelques mètres au lieu de plusieurs kilomètres parfois) est donc moins importante. 


        • Pas de traitement superflu
    Comme on a pu le voir, 93% de l’eau consommée dans un ménage ne nécessite pas d’être potable. Ainsi l’utilisation de l’eau de pluie permet d’éviter un traitement superflu puisque inapproprié au type de consommation. On économise donc sur l’apport de produits chimiques et la consommation énergétique.
Ces deux économies sont intégrées dans le coût de l’eau.

2. Réduction de l’entretien du matériel (canalisations et autres installations)

     Du fait de la minéralisation et notamment de la dureté plus faible de l’eau de pluie, son utilisation peut permettre d’améliorer :
-  l’efficacité de l’arrosage
-  l’effet de certains détergents. En effet la compétition entre les ions calcium et magnésium et les molécules du détergent est plus faible. Les tensio-actifs sont également présents en plus grande quantité ce qui entraîne une mousse plus abondante et donc une diminution de la quantité de produit consommée par l’utilisateur.
-  l’allongement de la durée de vie et la diminution du coût d’entretien de certaines installations comme les robinets, canalisations et autres systèmes fonctionnant à l’eau de pluie.

     Ces économies sont plus difficiles à quantifier.

 

3. Les aides et subventions

     On notera que les points suivants dépendent directement d’une volonté politique participative. Nous reviendrons sur cet aspect lors des interprétations de nos résultats.

     Le crédit d’impôt

     Le crédit d’impôt s’applique à une personne physique qui investit dans son habitation principale, qu’elle soit propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit. Il faut tout d’abord préciser que les personnes éligibles au crédit d’impôt doivent être imposables. Il est important de noter ceci, notamment en cas d’étude économique dans le cadre d’une volonté d’aménagement dans une collectivité. En effet, en France, 46% des ménages ne sont pas imposables (source : Direction Générale des Impôts, chiffre de 2005). Cela change donc les hypothèses pour les calculs économiques à l’échelle d’un quartier urbain ou d’une ville par exemple. 

     Subventions

     Certaines collectivités locales encouragent également l'installation de systèmes de récupération des eaux de pluie. En 2007, la Lorraine subventionnait ces installations jusqu'à 750€ et Lille attribuait une prime à l'installation d'équipements de récupération d'eau pluviale de 100 € par m3 d'installation.

   Emprunt à taux zéro

     Le 25 Février 2009 (soit deux semaines avant la mise en ligne de ce site), l'éco-prêt pour le bâtiment vient d'être lancé, dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Certains indicateurs vont dans le sens de l’élargissement de cet éco-prêt aux installations de récupération d’eaux de pluie (qui ne rentre pas dans ce cadre aujourd'hui). Ceci permettrait donc d’économiser les éventuelles annuités d’un emprunt.

 

Les coûts

Voici la liste des coûts liés au système de récupération d’eau de pluie :

   le coût du matériel ;

   le coût de l’installation (transport, pose et raccordement) ; 

   la part du capital apportée et la part empruntée : tout montant emprunté sera assujetti à un taux d’intérêt. Il faudra donc prendre en compte le montant de ces frais ;

   les frais de fonctionnement (maintenance éventuelle, renouvellement d’équipements) et le coût des contrôles ;

   le coût de la taxe d’assainissement : en effet, nous calculons l’économie liée à l’eau potable. Nous devons cependant prendre en considération le fait que nous continuons à rejetter des eaux usées, qui passeront par un système d'épuration. Dans le cas d'un raccordement au réseau collectif, il faut donc comptabiliser la taxe d’assainissement.

 

Bilan des coûts et des gains potentiels

Tableau 1 : Bilan des coûts et des gains potentiels