Conclusion

A ce jour, un peu plus de cinq millions de foyers français sont équipés d’un dispositif d’assainissement non collectif. Il arrive fréquemment que ces habitations polluent les nappes phréatiques et les eaux de rivière à cause d’erreurs de conception, de dimensionnement, de raccordement ou tout simplement d’utilisation.

C’est dans ce contexte que s’inscrit notre projet. Il consiste en l’étude de l’éventail des techniques d’assainissement non collectif. Nous avons passé en revue l’ensemble des filières, puis déterminé et dimensionné celles qui pouvaient être applicables sur le site de l’éco-village. Pour finir, nous les avons comparées dans le but de définir celle qui serait la plus avantageuse dans l’éco-village de G...  Il s’agit  là du principal but de notre étude.

Ainsi, après une étude de la parcelle concernée et des différents paramètres entrant en jeu, les deux filières sur lesquelles nous nous sommes penchées plus précisément sont la fosse toutes eaux suivie d’un filtre à sable non drainé (système conventionnel) et le filtre planté de roseaux à écoulement vertical suivi d’un fossé de dissipation (système non conventionnel).

Les filtres plantés de roseaux nous sont apparus plus intéressants sur tous les points de vue, autant environnemental, que technique ou économique. Les avantages des filtres plantés de roseaux en assainissement non collectif sont nombreux : filière en eaux brutes, production de boue minime qui peut être valorisée en compost, investissement modéré, filière pérenne, indépendance quant à l’entretien…

Cette technique s’inscrit parfaitement dans une démarche de développement durable telle que sera celle des futurs habitants de l’éco-village.


Cependant, la technique des filtres plantés de roseaux reste, pour l’instant, au statut de système dérogatoire. De nombreux particuliers et communes ont installé cette filière et un suivi important est réalisé sur ces installations pour suivre les résultats obtenus (rendements, performances épuratoires...). Ces efforts et ce travail vont amener, avec les années, à acquérir un recul et un retour d’expérience bien plus conséquent sur ce système et permettra, très probablement, de pouvoir l’intégrer dans les techniques réglementaires, étant donné les bonnes performances qu’il démontre pour le moment.


De même, bien que ce soit un sujet d’actualité, le recyclage des eaux grises dans les toilettes n’est pas encore autorisé par la loi. C’est pourquoi, contrairement à ce que nous avions prévu dans notre cahier des charges, nous n’avons pas couplé notre travail avec celui du binôme 2 « Gestion de l’eau dans l’habitat ».


Un changement de mentalités d’une part, vis-à-vis de la gestion et du traitement des eaux usées, et notamment des eaux vannes, et d’autre part au regard des risques sanitaires de la réutilisation des eaux grises, est, nous pensons, nécessaire. Les toilettes sèchent sont, par exemple, une très bonne technique d’un point de vue écologique et économique, mais beaucoup de gens ne sont pas encore près à l’installer chez eux.


L’intérêt principal que nous avons personnellement retiré de ce projet est d'avoir travaillé en étroite collaboration avec différents bureaux d’études afin de comprendre les réels tenants et aboutissants de leur démarche ainsi que leur positionnement par rapport à un projet tel que celui de l’éco-village de G.


A l’heure où ce projet touche à sa fin, les remarques et réactions de l’instigateur du projet de l’éco-village sur notre travail sont très encourageantes et valorisantes. Les diverses rencontres avec les responsables de la DDASS, de la DDE et de la Chambre d’Agriculture sont pour l’instant très prometteuses, concluantes et optimistes quant à la réalisation future de l’éco-village.

Nous sommes très enthousiastes à l’idée de poursuivre ce projet et d’en suivre l’évolution de très près, comme nous l’a proposé le propriétaire.