« L’or bleu »

     L’eau se fait rare. Il est de plus en plus courant d’entendre parler de pénurie d’eau, d’entendre dire « il faut préserver les ressources ». L’enjeu cristallise certaines tensions, et suscite de vives réactions. Comme un grand nombre de préoccupations auxquelles l’humanité doit faire face, les  pénuries seront d’une ampleur très préoccupante dans certains pays, pour être seulement minimes dans d’autres. Ceci s’explique par l’inégale répartition géographique des ressources. L’enjeu de l’eau sera un facteur, à la fois cause et conséquence, d’inégalités sociales.

     Les pays industrialisés sont et seront également touchés. En France, il est de plus en plus fréquent de mettre en place des arrêts préfectoraux interdisant l’arrosage du jardin ou le lavage des voitures.

     Nous avons parlé, dans l’introduction générale de notre étude, de la prise de conscience globale et de cette nouvelle sensibilité du citoyen aux enjeux environnementaux. Le consommateur souhaite modifier son comportement, avoir des gestes éco-citoyens, lorsque ceux-ci ne lui coûtent pas (trop) cher, bien entendu. Nous avons étudié sa place dans la vaste cartographie des acteurs, dans le volet RSE de notre étude.

   La récupération d'eau de pluie, le traitement des eaux grises, font  parti de ces gestes. Ils se justifient, à une échelle globale, par la répartition de la consommation quotidienne des ménages français. On peut observer que la part d’eau potable nécessaire dans notre consommation quotidienne, pour les usages alimentaires et les soins corporels, est inférieure à 10% (cf. figure 1).  Dans le contexte local de l'éco-village, l'optimisation de la gestion des eaux de l'habitat s'avère être judicieuse du fait des faibles capacités des nappes phréatiques.

    L’utilisation d'eau non potable parait donc logique.

   

 

Fig. 1 : Répartition moyenne de la consommation d'un ménage en France (source : www.eau2pluie.com)

     La place de l’individu citoyen, des collectivités, des industriels et des acteurs de l’aménagement exerce à différentes échelles un rôle sur la gestion et l'économie de l'eau potable.

     Nous souhaitons donc mener une étude visant à déterminant la faisabilité et la viabilité d'installations de récupérateurs d'eaux de pluies à l'échelle du particulier puis à l'échelle d'une collectvité. Pour ce faire, nous avons commencé par éclaircir le contexte réglementaire actuel. Nous avons ensuite collecté et traité l'ensemble des données nécessaires à notre étude. Ceci afin de confronter des solutions existantes (dans le cadre de l'éco-village) pour en dégager des conclusions (critiques) quant à la récupération d'eau de pluie. Nous avons également souhaité confronter nos travaux à l'étude d'un quartier urbain.

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    Nous pouvons noter cette conclusion de l’ « assemblée  de l’eau » du Forum Social Mondial réunit à Beleem au Brésil : « L’eau n’est pas une marchandise comme les autres. Ce n’est même pas une marchandise. Elle est la vie même de l’humanité tout entière ». Son utilisation doit être raisonnée. Sa préservation est vitale, sa disponibilité également.