Conclusion

La démarche    

     L’objectif principal de notre travail fut d’optimiser la gestion des eaux au sein de l’habitat. Dans ce cadre, nous avons proposé l’intégration de techniques de récupération des eaux grises et des eaux de pluies devant répondre aux caractéristiques des habitations de l’éco-village, aux caractéristiques sociales, et environnementales (pluviométrie, qualité de l’air), en accord avec la réglementation en vigueur.  
     Notre étude nous a amené à s’écarter du choix de la récupération des eaux grises pour plusieurs raisons : techniques encore marginales et non réglementaires, investissement financier trop important par rapport aux économies engendrées.
    Au niveau de la récupération des eaux de pluie, notre travail a abouti à l’élaboration d’un formulaire de dimensionnement simple et complet, destiné en premier lieu à l’éco-village, mais transposable à d’autres cas. En effet, nous avons pris soin de mettre un nombre conséquent de paramètres modifiables par l’utilisateur afin de pouvoir effectuer un dimensionnement dans des contextes locaux différents. L’intérêt de ce formulaire, outre le dimensionnement, est d’apporter une analyse économique de l’investissement engendré, critère inexistant à l’heure actuelle sur les documents disponibles en ligne. Là encore l’utilisateur à le choix de modifier de nombreux paramètres.
Ce formulaire nous aura notamment permis de réaliser des analyses simples et cohérentes afin de dégager des critiques construites de la récupération de l’eau de pluie.

L’intérêt 

     Les avantages de la récupération d’eau de pluie en matière d’écologie et d’autonomie sont intéressants. Acquisition d’autonomie vis-à-vis des distributeurs d’eau potable, et lors d’évènements climatiques contraignants (bien que la cuve d’eau de pluie ne soit pas intarissable en cas de longue sécheresse…) ; participation à la pérennité de certaines nappes phréatiques, réduction indirecte de sa consommation énergétique. Cependant, on a pu voir que l’intérêt économique de ce genre d’installations est loin d’être évident. En effet les économies annuelles dégagées sont souvent trop faibles pour compenser rapidement l’investissement. Celui-ci est généralement d’au moins 20 ans. On comprend donc les difficultés liées aux choix de ces installations.

L’analyse

     Le formulaire réalisé nous a permis de tester un grand nombre de cas et de visualiser les impacts des différents facteurs rentrant en jeu.
Ceux-ci se répartissent en deux volets principaux : la volonté politique et l’état environnemental.
En effet, on a pu mettre en évidence l’importance d’une volonté politique allant dans le sens de l’incitation à la récupération d’eau de pluie. Ceci pouvant s’exprimer sous trois formes principales : l’allégement de la réglementation (en diminuant la fréquence et le coût des contrôles des installations) ; la mise en place d’éco-prêt et le subventionnement direct des installations. Les impacts de ces mesures sont différents et sont soumis à des contraintes propres. Ceci s’imbriquant dans un jeu d’acteur complexe étudié dans le volet RSE. L’allégement de la réglementation se heurte au lobby des distributeurs d’eau, tandis que les éco-prêts et les subventions dépendent d’une réorientation des priorités en matière environnemental. L’eau, en France, n’est pas encore une urgence suffisante.
     Dans un deuxième volet, qui n’est pas si détaché du premier, on retrouve ce que l’on appelle ici l’état environnemental. En effet, la pluviométrie, l’état de pollution d’une région, le coût de l’énergie et les ressources hydriques d’une région vont déterminer le coût de l’eau potable (on peut également citer le type de gestion). Lorsque ce contexte est défavorable, le prix de l’eau potable décolle et la récupération d’eau de pluie devient intéressante, avec un retour sur investissement pouvant être d’une quinzaine d’années pour des installations conséquentes.
     Si les conditions sont favorables dans ces deux volets, une volonté politique participative ainsi qu’un contexte environnemental propice à la récupération d’eau de pluie, l’installation de ces systèmes devient intéressante (retour sur investissement d’une dizaine d’années). Nous pouvons supposer que, dans quelques dizaines d’années, compte tenu du changement climatique et de l’orientation économique, la récupération d’eau de pluie sera indispensable dans certaines régions.    Certains pays l’ont déjà compris. Nous pourrions donner l’exemple de la Belgique qui a rendu obligatoire l’installation de système de récupération d’eau de pluie dans les nouvelles constructions.
Enfin, même dans un contexte favorable, il n’en demeure pas moins que le choix de ces systèmes, tant qu’ils ne sont pas obligatoires, émanent d’une volonté collective, d’une volonté du citoyen. Car il doit, tout d’abord, avoir les moyens suffisants pour investir, mais également décider d’engager un retour sur investissement d’une dizaine d’années.

Synthèse

     Dans l’optique d’une optimisation de la gestion des eaux de l’habitat (du particulier), le traitement des eaux grises n’a pas vraiment de place et la récupération de l’eau de pluie peut, aujourd’hui, être une alternative intéressante mais dans un contexte local très particulier. Cependant, la récupération de l’eau de pluie est un choix d’avenir, car elle va devenir intéressante et indispensable lorsque le contexte y sera favorable. Plus largement, cette étude nous aura permis de prendre en compte la réalité de certaines actions qui peuvent être prises en faveur de l’environnement et qui se heurtent à des contraintes d’origines diverses.

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N’oublions pas…

     Il nous parait raisonnable de rappeler que l’optimisation de la gestion des eaux de l’habitat, et la préservation environnementale, passe avant tout par…  la diminution de la consommation.  Consommer moins. Consommer moins d’eau ne nécessite, dans une certaine mesure, qu’un investissement moral.