Etat des lieux des zones humides de la Corrèze

Il n'existe pas de zones humides de type saturé le long de la Corrèze entre Brive et Tulle. Il existe cependant quelques zones humides saturées dans le département de la Corrèze, notamment au niveau du plateau de millevaches.
Photo d'une tourbière du plateau de millevaches (Source: Maxisciences.com)

Il nous a fallu identifier les zones humides de la Corrèze, le travail de cartographie des zones humides n'étant pas encore réalisé pour la zone qui nous intéresse (entre Brive et Tulle).

En effet, tout travail d'évaluation des fonctions des zones humides implique une étape préalable d'identification des zones humides et de leurs caractéristiques. L'idéal serait donc de distinguer les zones humides en fonction de leurs caractéristiques. Or, ce sont des milieux très diversifiés du point de vue de leur structure et de leur fonctionnement, ce qui rend leur caractérisation difficile.

D'abord, comme différentes définitions des zones humides existent, il y a des cas de divergence concernant leur délimitation. De plus, de la caractérisation de ces écosystèmes dépend le système de classification. Or, différentes méthodes d'identification et de classification donneront lieu à des inventaires complètement différents.

Les caractéristiques des zones humides sont déterminées par les conditions climatiques, la localisation et le contexte géomorphologique. En effet, les zones humides sommitales se différencient des zones humides bordant les cours d'eau comme les zones humides littorales ou de fond de plaine. Leur taille et leur configuration dépendent de la nature des roches encaissantes et des conditions de leur mise en place.
Toutefois, ce sont d'abord les conditions hydrologiques qui déterminent le fonctionnement écologique des zones humides. En effet, les zones humides sont des espaces de transition entre les milieux terrestres bien drainés et les milieux aquatiques d'eau profonde.

Outre leurs conditions hydrologiques, les systèmes terrestres et aquatiques se distinguent aussi par leur rôle sur le plan biogéochimique et leur productivité. Ainsi, les milieux terrestres sont des milieux secs qui constituent une source de matière et présentent une productivité basse à moyenne. Les milieux aquatiques en revanche sont en eau de manière permanente et montrent une productivité relativement basse. A l'interface entre ces deux milieux, les zones humides peuvent être submergées de manière temporaire ou permanente, jouer le rôle de source ou de puits tandis que la productivité peut varier de « très basse » à « très élevée ». A cette hétérogénéité spatiale des zones humides s'ajoute une variabilité temporelle. En effet, les changements dans les conditions hydrologiques, la fréquence et la durée des périodes de submersion ou d'engorgement font varier la productivité ainsi que les conditions d'oxydoréduction contrôlant les processus de transformation de la matière organique dans les sédiments et les sols.

Les méthodes proposées pour classer les zones humides par types différents sont nombreuses et varient en fonction des objectifs de départ (inventaire, recherche, conservation...) et des échelles considérées. En effet, à l'échelle de la planète la classification de Turner met en évidence 10 catégories différentes, tandis que Ferren et al. qui ont fait un inventaire sur un seul bassin versant arrivent à distinguer jusqu'à 400 types de zones humides.

Il est donc très difficile de réaliser une cartographie précise des zones humides. Comme, dans la zone d'étude qui nous intéresse, les zones humides sont exclusivement des zones humides riveraines. Pour les identifier, nous avons considéré que les zones inondables étaient des zones humides riveraines dans la mesure où la couverture de ces zones étaient végétale et non urbanisée.

Pour identifier ces zones, nous avons utilisé la cartographie des zones inondables de la Corrèze disponible sur le site cartorisque en format MapInfo. Nous avons utilisé le logiciel Idrisi pour convertir les Fichiers MapInfo en fichiers qui peuvent être utilisés par Idrisi.

Nous avons donc ensuite différencié les zones inondables selon que la couverture soit de la forêt, un mélange d'arbres et de broussaille, des surfaces agricoles ou des surfaces urbanisées. Pour différencier ces zones, nous nous sommes placés à différents endroits de la Corrèze avec le site Geoportail. Sur ces différents points de vue, nous avons regardé des deux cotés de la rivière la couverture dominante du sol.

De cette manière, nous avons réalisé une cartographie simpliste des zones humides. Cette cartographie a été utilisée pour effectuer le zonage du coefficient de Strickler dans la partie "Rôle des zones humides dans la prévention des crues". Se référer à cette partie pour voir les cartes réalisées.


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Zones Humides: Définition et Classification Zones humides et biodiversité