2/ Mise en place de digues

L'étude de l'état des lieux dans notre secteur d'étude effectuée en phase 2 a montrée les résultats suivants:

Zones inondables pour une crue trentennale (HEC-RAS)

Zones inondables pour une crue centennale (HEC-RAS)

D'après ces résultats, nous avons vu que la zone située à l'aval de notre secteur d'étude (cf carte de situation suivante) ainsi que la zone commerciale au niveau des profils 9 et 10 est inondée à partir de la crue centennale .

 

Carte de localisation de la zone inondable (FondIGN)

La zone aval de notre secteur d'étude étant une zone d'habitat dense, elle est donc une zone à enjeu majeur du fait de la présence importante de population. D'après les informations fournies par notre contact à Epidor, il semblerait que cette zone puisse être inondée à partir de la crue trentennale, résultat que nous n'obtenons pas à partir de notre modélisation dû à l'interpolation des profils en travers dans le secteur 2.

Il semble donc nécessaire d'après les actions préconisées par le PAPI :

  • Développer la culture du risque inondation et accompagner les collectivités
  • Réduire l'aléa inondation
  • Réduire la vulnérabilité
  • Renforcer la prévision et l'alerte
de prévoir des mesures de protection contre les crues pouvant revenir fréquemment dans cette zone à habitat dense (telle que la crue trentennale) pour en réduire la vulnérabilité.

Nous n'étudierons pas ici de mesures de protection pour l'aire inondée au niveau de la zone commerciale, puisque celle-ci se situe au niveau des parkings.

La zone inondée étant un secteur d'habitat dense, une mesure de protection collective possible est la mise en place de digues sur les berges de la Corrèze pour protéger le lit majeur des inondations.

D'après l'étude proposée par Epidor, les digues au niveau de Brive ont été dimensionnées pour protéger la ville des crues trentennales, permettant ainsi de protéger pour des crues jusqu'à une période de retour de 30 ans. Au delà de 30 ans, les protections au niveau de la ville de Brive sont « transparentes » aux crues, comme nous avons pu le voir dans la simulation que nous avons effectuée.

Notre contact à Epidor nous a proposé d'étudier la mise en place de digues collectives en adoptant la même période de retour de 30 ans, puisque 30 ans est une valeur fréquemment utilisée dans les communes de Malemort et Brive-la-Gaillarde et qui a déjà été adoptée pour les digues mises en place.

Cependant lors de notre modélisation, dans le cas de la crue trentennale, la zone à protéger située entre les profils P4 à P1 n'est pas inondée et la ligne d'eau obtenue en cas de crue reste dans le lit mineur comme nous pouvons le voir sur les profils suivants:

Profil 2 pour Q30 (HEC-RAS)

Profil 3 pour Q30 (HEC-RAS)
Profil 4 pour Q30 (HEC-RAS)

Cette zone étant inondable pour la crue centennale, nous allons tenter dans cette partie de déterminer quelle est l'influence sur la ligne d'eau de l'implantation de telles digues de protection dans le secteur 2. Nous pouvons voir l'implantation de ces digues sur la cartographie suivante:

 

Zone de création de nouvelles digues (Fond Géoportail)

 

Nous avons modélisé sous HEC-RAS la mise en place des digues dans ce secteur que nous appellerons secteur « Allard » en modifiant les profils en travers P1, P2, P3, P4 de la façon suivante:

Etat initial
Etat après mise en place de digues
Profil P1 à l'état actuel (HEC-RAS)
Profil P1 avec digue en rive droite (HEC-RAS)
Profil P3 à l'état actuel (HEC-RAS)
Profil P3 avec digue en rive droite et en rive gauche (HEC-RAS)
Profil P4 à l'état actuel (HEC-RAS)
Profil P3 avec digue en rive gauche (HEC-RAS)

Après avoir interpolé les profils en travers à 50m, nous avons regardé la hauteur de la ligne d'eau pour les différents débits de crues Q30, Q100, et Q1960 (805 m3/s).
Nous avons tracé sur la figure suivante les hauteurs des lignes d'eau avant et après modification du lit majeur:

 

Augmentation de la ligne d'eau due à l'installation des digues (Matlab)

Les lignes marquées en pointillés correspondent aux lignes d'eau après avoir ajouté les digues en rive gauche et en rive droite dans le secteur Allard. Nous pouvons remarquer que les lignes d'eau de l'état modifié sont plus hautes que les lignes d'eau de l'état actuel.
Nous obtenons en moyenne sur le linéaire présenté une augmentation de la ligne d'eau de:
  • Q30 <> 2,3 cm
  • Q100 <> 3,6 cm
  • Q1960 <> 15 cm

Nous pouvons en conclure que la mise en place de digues influence l'expansion de champ inondation. En effet la création de digues sur les berges du lit mineur supprime une partie du lit majeur des cours d'eau, ce qui entraine des conséquences non négligeables telles que l'exhaussement des lignes d'eau en crue au droit de la zone endiguée comme nous l'avons vu sur la simulation. Il peut en résulter aussi une augmentation des volumes débordés à l'aval et l'augmentation de la ligne d'eau à l'amont de la zone considérée. Cependant au regard de nos résultats, ces augmentations sont relativement faibles. Nous pouvons supposer que dans le cas réel l'augmentation de la ligne d'eau est plus importante et que les faibles valeurs que nous avons obtenues sont dues à l'incertitude de notre modélisation dans le secteur 2.

Du point de vue de ces résultats, nous voyons la nécessité d'étudier différentes propositions d'aménagements pour diminuer la ligne d'eau à l'amont de cette zone. En effet, en diminuant la ligne d'eau dans le secteur 1 cela permettrait de compenser l'augmentation de celle-ci dans la zone « Allard » dû à la construction de digues protégeant les zones résidentielles et industrielles situées à l'aval de notre secteur d'étude.

Dans la suite de cette étude, nous allons donc étudier différents scénarii permettant de diminuer la ligne d'eau dans le secteur amont situé entre le pont pasteur et le pont de Buy pour comparer leur efficacité à diminuer l'aléa inondation.

 

 

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Débits utilisés                                              Scénario 1

 


 

 

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