III- Population et Société

Dans cette partie, nous nous intéressons aux deux pays en bordure du fleuve Congo au niveau de notre zone d'étude.

 

La République Démocratique du Congo (RDC)

La république Démocratique du Congo, à ne pas confondre avec la République du Congo, occupe la majorité du bassin versant du fleuve Congo.

> La RDC: localisation, drapeau et plan du pays

 

Démographie

La République démocratique du Congo compte sept groupes ethniques et près de trois cents sous-groupes. Au nord-ouest du pays se trouvent des Nilotiques, les Pygmées, qui habitent les zones forestières.

La population était estimée à 68 008 922 habitants en 2008, avec une densité globale moyenne de 30 habitants au km². Moins d’un tiers de la population vit dans les zones urbaines. En 2008, le taux de natalité s’élevait à 42,50 pour mille, et celui de mortalité infantile à 64 pour mille, l’espérance de vie atteignant 57,6 ans.

Il n’existe qu’un système limité de sécurité sociale, réservé aux salariés, pour l’essentiel des fonctionnaires. Le système de soins demeure insuffisant, alors que le sida s’étend de façon alarmante. En avril 1995, une épidémie de fièvre hémorragique due au virus Ebola (du nom de la rivière Ebola, à proximité de laquelle s’est déclarée pour la première fois la maladie en 1976) a fait plus de cent soixante morts dans la région de Kikwit, à l’est de Kinshasa.

Économie, marquée par l'Histoire de la RDC

  • Généralités

Malgré la richesse minière du pays, le plus grand d’Afrique centrale, son produit intérieur brut (PIB) a chuté de 10 milliards de dollars en 1991 à 5,7 milliards en 2003. Après vingt ans de guerre et des décennies de corruption, le Congo est sur la voie de la normalisation. La mise en place d’institutions démocratiques (référendum constitutionnel de 2005, élection présidentielle de 2006) apparaît en effet comme le préalable à la restauration de l’autorité de l’État et au redémarrage de l’économie grâce à l’aide internationale. Les grandes mines ne sont exploitées qu’à 10% de leurs capacités en 2003 et 60% du budget de l’État est financé par les bailleurs de fonds au milieu des années 2000. La dette extérieure s’élève à 11,6 milliards de dollars en 2004, tandis que plus de 75% de la population vit avec moins de 1 euro par jour. La RDC a pu accéder à l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et elle a retrouvé pour la première fois depuis dix ans une croissance positive en 2002. À noter, cependant, qu’en raison de l’anarchie et de la désorganisation qui affectent le pays depuis de nombreuses décennies, toutes les statistiques sont à prendre avec prudence.

  • Agriculture, forêts, pêche

L’agriculture occupe la majorité de la population active et représentait 45,7% du PIB en 2006. Bien que les terres du bassin congolais soient fertiles, 3% seulement de la superficie totale du pays sont consacrés à la culture. La production annuelle se compose essentiellement de manioc, principale culture vivrière, de maïs et d’arachide. Le café constitue la principale culture commerciale, avant le caoutchouc, le coton, le cacao et le thé. Les cultures de rapport ont considérablement chuté au profit des cultures vivrières après la nationalisation, dans les années 1970, des plantations exploitées par des étrangers.

La pêche, pratiquée surtout en eau douce, fournit une partie importante de l’alimentation.

En 2006, la production de bois était de 75,8 millions de m3, principalement utilisés comme combustible domestique, l’acheminement du bois vers la côte étant extrêmement difficile.

  • Mines et industries: la richesse du sous-sol

15% de la population active travaille dans les secteurs miniers et industriels, qui contribuaient pour 27,7% au PIB en 2006. Les ressources minières constituent la principale richesse du pays, qui détient la moitié des réserves mondiales de cobalt (1er producteur mondial) et l’une des plus importantes réserves mondiales de cuivre. La RDC est le deuxième producteur de diamants en 1995; avant 1991, le cuivre était toutefois le produit d’exportation le plus lucratif. Les autres ressources minières sont l’étain, l’or, l’argent, le zinc, le manganèse, le tungstène et le cadmium. Les gisements de pétrole en mer sont exploités depuis 1975. Enfin, le barrage d’Inga, sur le fleuve Congo, représente le plus important potentiel hydroélectrique d’Afrique.

L’industrie, qui s’est développée autour de l’exploitation de minerais, en particulier du cuivre, a été particulièrement frappée par la récession économique et par la destruction des infrastructures à cause de la guerre (routes, ports…).

 

  • Un secteur tertiaire dégradé

L’unité monétaire instaurée en 1993, le nouveau zaïre, qui valait 3 millions d’anciens zaïres, est redevenue le franc congolais après l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. L’opération de substitution visait à enrayer l’hyperinflation; elle n’a cependant pas produit les résultats escomptés. Depuis 1995, le système bancaire a pratiquement cessé de fonctionner, le cours de la monnaie étant fixé par le marché noir.

Les difficultés commerciales du pays sont renforcées par la dégradation des voies de communication. Le chemin de fer, avec un réseau de 3 641 km, représente un important moyen de transport à l’intérieur du pays, et permet des liaisons avec le port angolais de Benguela, ainsi qu’avec l’est et le sud de l’Afrique. La détérioration des routes (153 497 km), depuis 1990, perturbe l’approvisionnement des marchés et le transport des ressources naturelles. Le réseau fluvial, s’étendant sur 17 285 km de voies navigables, est particulièrement utilisé. Le pays dispose de cinq aéroports internationaux. Les communications dépendent largement des transports aériens et des services télégraphiques.

Ressources en eau et Utilisation

  • Des ressources en eau gigantesques...

La République démocratique du Congo est le pays le plus arrosé du continent, avec une moyenne de ressources hydriques renouvelables internes de 900 km3/an, ce qui représente presque le quart des ressources en eau douce du continent africain. Ce potentiel est immense et presque entièrement inexploité.

 

  • … et peu valorisées

En 2000, les prélèvements d’eau étaient estimés à 356 millions de m3, dont 112 millions pour l’agriculture (32%), 186 millions pour les usages domestiques (52%) et 58 millions pour l’industrie (16%).

Kinshasa, capitale de la RDC

La RDC est composée de la ville de Kinshasa et de dix provinces (Bandundu, Bas-Congo, Équateur, Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental, Katanga, Maniema, Nord-Kivu, Orientale et Sud-Kivu). Chaque région est administrée par un commissaire délégué.

Kinshasa, ancienne Léopoldville jusqu'en 1966, est la capitale et la plus grande ville de la République démocratique du Congo (RDC), avec 8 096 254 habitants. Elle représente le seconde ville francophone au monde. Située sur la rive sud du fleuve Congo au niveau du Pool Malebo, elle fait face à la capitale de la République du Congo, Brazzaville. La ville s'étend sur près de 10 mille km², pour une densité de 752,6hab/km².

Le Port de Kinshasa est le point de départ et le terminus de la navigation sur le fleuve Congo entre, d'une part, Kinshasa et Kisangani sur le fleuve, et d'autre part, entre Kinshasa et Ilebo sur le Kasaï. Il est également au départ et à l'arrivée des marchandises à l'exportation et à l'importation depuis le port de Matadi qui accueille les navires de haute mer.

 

 

La République du Congo (RC)

Le Congo, ou République du Congo, est séparé de la République démocratique du Congo, en partie, par le fleuve Congo puis l'Oubangui, et le Cabinda. Le Congo s’étend sur 1 300 km du nord au sud, de l’océan Atlantique à la frontière centrafricaine toujours le long du fleuve Congo.

Le Congo est parfois appelé Congo-Brazzaville pour éviter de le confondre avec la République démocratique du Congo aussi appelée Congo-Kinshasa. Le Congo a aussi été connu sous le nom de République populaire du Congo (1969-1992).

> La RC: localisation, drapeau et plan du pays

Une démographie dynamique mais fragile

La RC comptait 3 847 191 habitants en 2008, dont 54% est une population urbaine, pour une densité de 11 hab/km². Il s'agit d'une population très jeune (âge médian = 16,6 ans) qui connait un taux de croissance important de 2,6%. L'espérance de vie est de 52,8 ans, et la mortalité infantile de 85 pour mille. La population de la RC est donc plus urbanisée en moyenne que le RDC, mais les conditions sanitaires y sont davantage précaires. Seulement 51% de la population a accès à l'eau potable.

 

Économie: exportations et subsistance

  • Généralités

Le Congo est un pays en développement. L'économie congolaise repose principalement sur une agriculture de subsistance et l'artisanat, ainsi que sur un secteur industriel s'appuyant largement sur les hydrocarbures. Cependant, l’économie du pays dépend aussi de l’exportation du: pétrole, bois, potasse, zinc, uranium, cuivre, phosphate, gaz naturel... Les deux piliers de l’exportation sont le bois et le pétrole tout deux exploités, en autre, par des compagnies françaises qui versent en contre partie des devises très importantes à l’État. Le bois représente une part importante des exportations du Congo: acajou, okoumé, limba, etc. L'activité industrielle repose sur la production de biens de consommation: le tabac, ciment, textile, savon, boisson alcoolisée, chaussures, etc.

 

  • Alimentation, Agriculture et Santé

La majorité de la population vit de l’agriculture vivrière. Cependant, de manière globale, le Congo dépend des importations pour son alimentation. Depuis 1994, la situation n’a cessé de se dégrader, accentuée en outre par les crises socio-politiques que le Congo a connues à partir de 1997.

Les techniques culturales traditionnelles varient en fonction de la zone d’intervention. En zone forestière le défrichement et l’abattage sont suivis du brûlis et de la culture sur sillons ou billons. En zone de savane, un brûlis suivi d’un défrichement permet la culture en sillons, en buttes écobuées ou en terres plates. En général, après la récolte, le champ est abandonné à la jachère.

Le VIH/SIDA est actuellement l’une des principales causes de mortalité et de morbidité au Congo. Sa propagation s’est accélérée ces dernières années suite aux conflits armés que le pays a connus. À la fin de 2001, le nombre de personnes atteintes du VIH/SIDA s'élevait à 7.2% de la population totale adulte. Bien que le taux de prévalence du VIH/SIDA soit plus important en milieu urbain qu’en milieu rural, cette épidémie a un impact direct sur le développement économique et, notamment, du secteur agricole. Sa gravité est d’autant plus grande qu’elle touche principalement les populations actives valides et, en particulier, les femmes qui constituent la majeure force de travail en agriculture.

Ressources en eau et Utilisation

  • Ressources en eau

La République du Congo dispose d’un réseau hydrographique dense qui s’organise autour de deux bassins fluviaux principaux: le bassin du fleuve Congo, qui occupe environ 72% de la superficie totale du pays et celui du Kouilou−Niari, couvrant environ 16%.

Les ressources en eau renouvelables sont très abondantes. Celles en eau renouvelables internes sont estimées à 222 km3/an. En tenant compte des eaux qui proviennent des pays voisins et des eaux de frontière entre deux pays, elles s’élèveraient à 832 km3/an.

 

  • Utilisation de l’eau

Les prélèvements d’eau les plus importants sont effectués pour satisfaire les besoins domestiques, industriels et agricoles. Ils sont respectivement de 32 millions de m3/an pour les usages domestiques (69%), 10 millions de m3/an pour l’industrie (22%) et 4 millions de m3/an pour l’agriculture (9%). Globalement ils n’atteignent que 46 millions de m3/an.

Les estimations des prélèvements effectuées à l’horizon 2025, dans le cadre de l’analyse de la situation des pays d’Afrique centrale en matière de gestion des ressources, montrent que les besoins en eau pour les populations seront de 312 millions de m3, soit environ 10 fois l’utilisation actuelle.

Brazzaville, capitale de la RC

La ville s'étend sur 100 km² environ, sur la rive droite du fleuve Congo, et compte plus de 1 millions d'habitants (en 2001). Brazzaville fait face à Kinshasa, de l'autre côté du fleuve: les deux villes sont les capitales les plus proches au monde à raison d'une distance de 5 à 6 kilomètres seulement (hormis Rome et le Vatican).

Cependant, Brazzaville est bien moins peuplée que Kinshasa, dont la population est trois fois plus élevée que la population de la RC toute entière.

 

Le trafic entre les deux Capitales

Les capitales de Brazzaville et Kinshasa, malgré leur proximité, ne sont reliées par aucun pont. Le trafic important que l'on peut observer sur le fleuve témoigne des échanges commerciaux entre les deux pays. La RDC et la RC régulent en effet leurs importations et exportations selon les situations économiques et politiques de chaque pays. Les échanges majoritaires concernent les denrées alimentaires, et ont un poids économique mais aussi social essentiel sur les populations des deux villes. Le trafic entre les capitales est en effet à l'origine de nombreux petits métiers, qui dépendent fortement de la navigabilité du fleuve Congo à cet endroit.

A titre d'exemple, on peut s'attarder sur le cas du Beach Fima et du port de Yoro, qui constituent les lieux d'approvisionnement de la plupart des Brazzavillois. Ils sont un important débouché de produits locaux en provenance de la région de Bandundu et de Kinshasa. L'afflux des produits du trafic résulte du fonctionnement régulier et quotidien du trafic entre Brazzaville et Kinshasa d'une part, et entre la région de Bandundu et Brazzaville d'autre part. On note une moyenne de trois baleinières par jour venant de la région de Bandundu tandis que le trafic entre les deux capitales s'organise de 7h h 17h h raison d'un bateau par heure. (KONGO, 1987)