Pièges à sédiments

Dans les cas où la gestion des sédiments ne peut être effectuée, ni par les chasses qui sont inefficaces et portent atteinte au fonctionnement de l’écosystème, ni par un dragage systématique de l’estuaire qui détruirait la faune, des pièges à sédiments peuvent être utiles.

  • Au niveau du fleuve: des bassins de décantation

Dans le but de protéger des retenues artificielles (barrages-réservoirs) d'un ensablement excessif, notamment lors des crues (qui peuvent transporter en quelque heures autant de matériaux que le reste de l’année), des systèmes de dérivation des transports solides peuvent être implantés à l'amont.

Le principe est simple: le cours d’eau est barré, seule la partie supérieure de la tranche d’eau (donc la moins chargée) passe par surverse, le reste est dirigé par des bassins plats et vastes, tels des lagunes, où s’effectue la sédimentation. Une fois décantées (relativement) les eaux rejoignent le cours naturel du fleuve par un chenal de restitution. Périodiquement, il est évidemment nécessaire de curer les bassins collecteurs de sédiments. Cette technique est utilisée sur le Colorado (GAZELLE, 2006).

De tels bassins de sédimentation pourraient être mis en place à l'amont de zones de fort ensablement, sur le fleuve Congo. Cette méthode de récupération des sédiments, peu coûteuse, présente un autre avantage: les sédiments peuvent être par la suite récupérés et valorisés (voir exemples de valorisation des sables et des vases sédimentés dans la partie « dragage »).

  • Sur le bassin versant: fosses collectrices de dimensions variées

Il s'agit de creuser des fosses d'assez faible étendue et localisées dans des zones d'importante sédimentation pour extraire et gérer les sédiments excédentaires.

Un piège de ce type a été établi à l'aval immédiat de l'écluse du Chatelier, zone où les dépôts maritimes sont maximaux. Il s'agit du piège de LYVET. Les épaisseurs de sédiments sont comprises entre 1.7 et 2.8 m dans cette zone d'extraction. Pour assurer un bon fonctionnement du piège, il faut l'isoler du chenal, sinon les courants du flot remettraient en suspension les sédiments préalablement déposés dans le piège. Dans ce cas, les pièges sont des fosses de 5 000 à 6 000 m2, avec une profondeur maximum de 2.8 m et des bords de pente inférieurs à 30 %.

Sur les pentes fortement soumises à l'érosion, la perte de sol peut être ralentie par des rigoles creusées perpendiculairement à la pente. Ces rigoles permettent également de mesurer des taux d'érosion ainsi que la quantité d'eau ruisselée (PLANCHON, 1988).

Il a été estimé qu'une fosse de 7 000 m3 a piégé 2 600 m3 de sédiments en 18 mois sans perturbation grave de l’écosystème. Le creusement de cette première tranche a été effectué à la pelle mécanique, les rejets transportés par camions ou tracteurs et remorques et mis à disposition d’un agriculteur, à 5 km environ, en bout de champs pour un coût de 62F au m3.