Les enjeux et acteurs du projet

Deux fois par an, une opération de dragage est effectuée sur trois endroits du fleuve Congo : le port public de Brazzaville, la gare à passager et le chenal de Kingabawa correspondant à l'accès des bateaux au port de Kinshasa. Ces opérations de dragage ont lieu en Février après la grande saison des pluies de Décembre, puis en Juin après une deuxième saison de pluies moins intense en Mai. Ces précipitations ont pour conséquences l'érosion du bassin versant et le transport de sables dans le fleuve. Ces sables se déposent au niveau des ports de Brazzaville et Kinshasa.

Les opérations de dragage permettent de résoudre en partie le problème. Néanmoins les moyens dont disposent le SCEVN ne permettent pas d'effectuer des dragages sur des zones plus grandes et avec une fréquence plus importantes. Les conséquences s'en ressentent d'un point de vue économique, social, réglementaire et environnemental.

Notre projet de BEI tentent de répondre à ces enjeux en proposant un modèle prédictif et une réflexion sur les solutions possibles pour traiter le problème d'ensablement. Ce projet s'inscrit dans un contexte impliquant la participation de plusieurs acteurs à différentes échelles

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Les enjeux
Les acteurs

Les enjeux du projets

  • Enjeux économiques

Les activités économiques du fleuve sont essentiellement liés aux transports des grumes, du pétrole et d'autres marchandises provenant de l'Afrique centrale. Le phénomène d'ensablement gêne l'activité portuaire de Kinshasa et Brazzaville en bloquant l'accès aux bateaux de gros tonnage et empêche l'activité économique de fonctionner normalement. En étudiant les solutions possibles à l'ensablement et en améliorant sa gestion, notre projet contribue à l'amélioration des activités économiques du fleuve

  • Enjeux sociaux

Aucun pont n'existe entre Brazzaville et Kinshasa. Les seuls moyens de communication entre les deux villes sont les navettes régulières débarquant aux gares à passagers. L'ensablement gêne ces accès portuaires et empêche la population d'avoir accès aux ressources des deux capitales. Ainsi l'acheminement des produits de premières nécessités, des denrées alimentaires et des produits pharmaceutiques dont dépend une partie de la population se trouve compromis.

  • Enjeux environnementaux

L'ensablement provoque le blocage des bateaux sur les bancs de sables. Le nombre d'épaves abandonnées sur le fleuve Congo s'en trouve multiplié.

Epaves jonchant les accès portuaires

Epaves jonchant les accès portuaires

Ces épaves restent bloquées au milieu du fleuve et constituent un danger pour l'environnement et gêne la navigation.  Leur décomposition entraîne le relargage de divers substances chimiques (peintures, métaux lourds, etc...) se retrouvant dans l'eau et affectant l'écosystème et la salubrité de l'eau. Ces polluants se retrouvent également dans les sédiments et sont transportés par l'écoulement du fleuve.

  • Enjeux réglementaires


D'un point de vue réglementaire, le cadre juridique de la navigation intérieure est matérialisé par le code la navigation intérieur CEMAC/RDC adopté en 1999. Les voies de navigation sont classées en plusieurs catégories qui autorisent la navigation selon la profondeur du fleuve :

- Première catégorie: navigation pour une profondeur de 2 m  en hautes eaux et 1 m 30 en basses eaux; pousseur jusqu’à 2000 cv, barges pour un tonnage supérieur à 4000 tonnes

- Deuxième catégorie: navigation pour une profondeur de 1 m 30 en hautes eaux et 1 m en basses eaux; petits pousseurs et baleinières avec un tonnage jusqu’à 500 tonnes.

- Troisième catégorie: navigation pour une profondeur de 1 m en hautes eaux et 0,50 m en basses eaux; baleinières et petites embarcations (pirogues) jusqu’à 150 tonnes.  

Il est évident que l'étude de l'ensablement permet d'améliorer la conformation des bateaux à cette réglementation sécuritaire.

Les acteurs impliqués dans le projet

Plusieurs acteurs sont concernés par le projet. Scientifiques, populations locales, entrepreneurs ou encore armateurs ; tous sont concernés par les problèmes d'ensablement. Les uns en sont victimes, les autres essayent d'y trouver des solutions. Les échelles auxquelles ces différents acteurs sont impliqués sont au nombre de quatre : l'échelle locale, l'échelle de la région et l'échelle internationale.

A l'échelle locale

  • La population locale

Les habitants de Kinshasa et Brazzaville sont directement touchées par ce problème dans leur quotidien. L'approvisionnement en produits de première nécessité est devenu très important dans un pays où la précarité est très forte et où les conditions sanitaires et hygiéniques favorisent l'apparition de grandes épidémies (VIH/SIDA, paludisme...). La plupart des voies routières étant difficile d'accès pour le transport, la principale voie d'accès reste le fleuve, notamment pour l'approvisionnement agricole de Kinshasa. Le fleuve est également un axe important pour les flux migratoires des populations locales au prix d'une navigation périlleuse et dangeureuse.

A l'échelle de la région

  • Les sociétés de navigation

Ces sociétés sont chargés de gérer le transport de marchandises et de passagers sur le fleuve. Elles disposent de barges spécialisées pour le transport des véhicules et assurent ainsi la navigabilité sur le fleuve. La rentabilité de leur activité dépend directement du bon état de navigabilité du fleuve. L'ensablement est par conséquent l'une de leurs préoccupations majeure. A l'heure actuelle, l'Office Nationale des Transports (ONATRA) gère la majorité du trafic fluviale sur le fleuve. Cette entreprise publique exploite un réseau de 12 674 km de voies navigables sur le fleuve. Elle est en outre directement concernée par l'étude de l'ensablement au beach de Brazzaville puisqu'elle s'occupe également des dessertes inter-rive entre les deux capitales.

Site officiel de l'ONATRAONATRA

Notre projet concerne plus particulièrement l'ONATRA. Outre l'exploitation d'un réseau de 12 674 km de voies navigables sur le fleuve Congo, l'ONATRA gère également la traversée entre les deux rives de Kinshasa et Brazzaville. Elle dispose d'un équipement spécifique pour réaliser ces dessertes.

  • Le Service Commun des Voies Navigables

Le Service Commun des Voies Navigables de Brazzaville (SCEVN) gère l'entretien des voies navigables du fleuve Congo par des opérations de maintenance tel que le dragage ou le balisage. Basé à Brazzaville, ce service réalise les opérations de dragage deux fois par an sur le beach de Brazzaville. Il effectue plusieurs campagnes de sondages des fonds marins et réalise ainsi des cartes bathymétriques du fonds marin. La plupart des informations dont nous diposons concernant la bathymétrie et l'hydrologie du fleuve proviennent de ce service.

Site officiel du Service des Voies NavigablesService Commun des Voies Navigables

  • Le laboratoire de physique de l'atmosphère de l'université Marien Ngouabi de Brazzaville

L'université de Marien Ngouabi est la seule université de la République du Congo. Elle regroupe donc un grand nombre de spécialité. Mr Bienvenu Dinga est chercheur au laboratoire de physique de l'atmosphère appartenant à cette université. Il s'agit de notre seul contact sur place et c'est par lui que les données bathymétriques nous ont été envoyées.
Site officiel de l'université de Marien NgouabiUniversité de Marien Ngouabi

A l'échelle internationale

  • L'Equipe BEI "Hydrodynamique du fleuve Congo"

Notre équipe BEI est composé de six étudiants issus de l'école d'ingénieur ENSEEIHT. Dans le cadre d'un Bureau d'Etude Industriel, notre but est d'étudier l'ensablement et de proposer des solutions au problème posé. Le délai imparti pour parvenir à notre objectif est de cinq semaines. Toute l'étude se base sur des données fournies par l'Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse et par Mr Dinga.

BEI "Hydrodynamique du fleuve Congo"BEI "Hydrodynamique du fleuve Congo"

  • L'Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse

L'Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse (IMFT) est un laboratoire de recherche public placé sous la double tutelle universitaire de l'Institut National Polytechnique et de l'Université Paul Sabatouer et sous la tutelle du Centre National de la Recherche Scientifique. Un accord de coopération a été réalisé entre l'IMFT et l'université de Marien Ngouabi de Brazzaville pour l'étude en France de l'ensablement du fleuve Congo. Par l'intermédiaire de Mr Ababou, ce laboratoire nous a founi les données hydrologiques du fleuve disponibles.

IMFTIMFT

  • L'Institut de Recherche pour le Développement 

L'Institut de Recherche pour le Développement a pour mission de développer des projets scientifiques centrés sur la relation entre l'homme et son environnement dans la zone intertropicale. Le projet d'étude de l'ensablement du fleuve Congo en étant à son balbutiement, leur participation est pour l'instant sommaire. Néanmoins plusieurs articles déjà parus dans cet organisme sur le thème du fleuve Congo nous ont été utiles pour comprendre le phénomène. Mr Belaud, l'intervenant invité dans le cadre des conférences BEI, a pu fournir des articles provenant de l'IRD à l'équipe.

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