La République Démocratique du Congo

Contexte historique et politique

  • La colonisation

La domination et l’exploitation officielle par les Européens s'étalent des années 1880 jusqu’à l'indépendance en 1960. La première carte européenne de la région a été réalisé par l’explorateur vénitien Alvise Cadamosto au service du Portugal (XVIe). On doit le découpage de la région en pays à Henry Morton Stanley, qui l’a préparé dans le but de recevoir les colons européens. Le Congo fut remis au roi Léopold II de Belgique au cours de la Conférence de Berlin de 1885 (conférence au cours de laquelle l’Afrique est déclarée «res nullius», c’est-à-dire n’appartenant à personne, ce qui permet aux Européens de "se servir officiellement et sans scrupules").

En 1908, le Parlement belge reprit la tutelle du territoire qui désormais s'appelera le Congo belge. Une colonisation plus "classique" se met en place. La situation de la population s'améliore graduellement : un réseau d'institutions sanitaires permet de faire reculer les maladies et la malnutrition, l'enseignement est développé, et le pays est mis en exploitation, avec notamment la découverte des formidables ressources minières du Katanga. Mais l'extraction des matières premières est moins féroce. La récolte de caoutchouc touche à sa fin et le transfert de ces matières n'est plus une priorité. Le travail forcé persistera cependant sous diverses formes jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Le contrôle de la population se structure alors, ayant notamment recours au fichage ethnique et à des méthodes d'apartheid. Une émancipation de la population, notamment par l'accès à des études supérieures, n'est envisagée qu'à l'aube de l'indépendance en 1960.

  • L'indépendance

Le Congo a obtenu son indépendance le 30 de juin de 1960, après une décennie de luttes politiques. La Belgique finit par se retirer, craignant une guerre d’indépendance semblable à celle qui sévissait encore en Algérie.

  • Le régime de Mobutu

Le régime de Mobutu est basé sur l’autorité et le nationalisme, qui sont les secrets de sa longévité. D’entrée, Mobutu se présente comme le libérateur des Noirs, en nationalisant les mines (1966) et déboulonnant les statues coloniales dans la capitale rebaptisée Kinshasa la même année.

Dès 1972, Mobutu prend une série de mesures pour se détacher de tout ce qui peut rappeler l'occident. Le pays est renommé «République du Zaïre». En 1996, le Zaïre de Mobutu est très affaibli. Physiquement, Mobutu est malade : il souffre d’un cancer de la prostate. Une étrange coalition entre le Rwanda de Paul Kagame, l’Ouganda de Yoweri Museveni, les États-Unis de Bill Clinton et l’Angola de Dos Santos et bien sûr des volontaires zaïrois ,notamment banyamulenge, va créer une rébellion armée contre Mobutu, avec à sa tête un ancien marxiste congolais, Laurent-Désiré Kabila.

Les forces de l'AFDL rentre dans Kinshasa le 17 mai 1997, et Laurent-Désiré Kabilas 'autoproclame président du pays rébaptisé république démocratique du Congo.

Joseph Kabila Kabange, né le 4 de juin de 1971 à Hewa Bora, est le président de la République démocratique du Congo depuis l'assassinat de l'ancien président, son père Laurent-Désiré Kabila, le 16 de janvier de 2001, au cours de la Deuxième guerre du Congo.

Contexte démographique

  • La démographie

La République Démocratique du Congo possède actuellement 66.514.504 habitants (2008) avec une majorité de femmes (51% et 52 % sur la population âgé a 20-40 ans). La population de moins de 20 ans est passée de 46,2% en 1955 à 56,6% en 1984 et a atteint 58,9% en 1995. Actuellement la tendance continue et le même phénomène se produit pour la population de plus de 60 ans. Ces deux groupes de population constitués en majorité d'inactifs engendrent des problèmes sociaux liés à la jeunesse et au vieillissement, ainsi que d'importants besoins à couvrir notamment dans les domaines de l'éducation, de l'emploi, de la santé, du logement, des loisirs, de la sécurité sociale etc.

  • Croissance exagérée

La population congolaise n'a donc pas cessée de croître de manière inquiétante, avec un taux d'accroissement moyen de 3,1 % par an, contrastant avec une croissance économique négative estimée à environ -14,7 % en 1996. Cette disharmonie ou inadéquation entre la croissance économique et la croissance démographique engendre de graves problèmes sociaux, notamment le chômage, la pauvreté, la déscolarisation, les logements précaires, etc.

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants

Contexte socio-économique

  • L'économie

La situation socio-économique de la R.D. du Congo s'est considérablement dégradée au cours de dix dernières années, plus particulièrement vers la fin de la décennie 1990 - 2000 .Le produit intérieur brut a enregistré une baisse cumulée de 21,9% pour la période 1997 - 2000. La baisse de l'activité économique au cours de ces années reflète l'impact négatif aussi bien de l'environnement international (chute de prix des matières premières) que des évolutions observées au niveau de principales composantes de la demande intérieure, en particulier la consommation des ménages qui représente plus de 90% du recul du produit intérieur brut pendant cette période.

Sur le plan social, les principaux traits de l'évolution sociale sont également sombres. Ils sont caractérisés notamment par l'augmentation du chômage, l'aggravation de la pauvreté, l'inefficacité et la disparité du système éducatif et la dégradation continue du système sanitaire.

  • Chômage

En raison des développements économiques négatifs enregistrés, l'emploi dans le secteur public et privé a baissé de 36,1% de 1995 - 1999.

Quant bien même les problèmes de l'emploi mobilisent les autres acteurs que sont le patronat et les syndicats, le secteur de l'emploi, comme les autres a été marqué par l'omniprésence de l'État, principal employeur et par la réduction relative de l'importance du patronat privé et des syndicats. Ainsi, ce secteur a tragiquement subi les conséquences de la faillite de l'État et de sa gouvernance irrationnelle dans la gestion des entreprises publiques qui n'ont pas favorisé les politiques de partenariat et d'incitation à l'investissement privé. Le secteur moderne étant confronté à d'énormes difficultés, les travailleurs qui en sont éliminés se réfugient dans l'informel, lequel fait preuve d'un dynamisme extraordinaire. La liberté d'entreprise, le manque ou la simplicité des formalités administratives, l'esprit d'initiative, certaines coutumes africaines comme la solidarité et l'entraide, les connaissances et l'expérience acquises dans le contexte de l'économie moderne sont autant d'éléments qui sont à la base du dynamisme du secteur informel aujourd'hui.

  • Aggravation de la pauvreté

Sont considérés comme pauvres dans le pays les ménages qui consacrent plus de 50% du budget de consommation à l'alimentation. Sur cette base, une enquête budgets-ménages effectué dans les grandes villes en 1995 indique que la pauvreté frappe un peu plus de 80% des populations urbaines en R.D. du Congo. Par ailleurs, le PIB par habitat est passé de 96,8 dollars US en 1997 à 68,3 dollars en 2000, soit 0,19 $ par jour et par personne.

 

Taux de croissance du PIB et volume et de PIB par habitant

  • La santé

De manière générale, les indicateurs sociaux ont des niveaux préoccupants : le taux de mortalité infantile est passé de 12,5 pour mille en 1990 à 17,0 pour mille en 2000, le taux de mortalité maternel de 800 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 2 000 décès pour 100 000 naissances actuellement, l’espérance de vie était de 42 ans en 2002 contre une moyenne africaine de 51 ans, l’accès aux services de santé de base est inférieur à 26 pour cent. Le paludisme fait des ravages en RDC.

De plus, des maladies autrefois éradiquées comme la trypanosomiase, la lèpre et la peste ont resurgi, et la pandémie du VIH/SIDA touche plus de 4 pour cent de la population entre 15 et 49 ans. Le chiffre pourrait s’élever à 20-22 pour cent dans les provinces orientales où il y a encore quelques troubles. Selon les dernières estimations, environ 750 000 enfants ont perdu au moins un de leurs parents en raison de la maladie.