VII - Impacts environnementaux

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Sommaire

1. Définition de l'Etude d'Impact sur l'Environnement (E.I.E.)
2. Etude de cadrage
2.1 Description du projet, de son cadre législatif et des parties prenantes
2.2 Aspects environnementaux liés au projet
3. E.I.E.
3.1 La situation initiale
3.2 Les problèmes possibles et solutions envisagées
4. Conclusion

 

 

1. Définition de l'E.I.E.

L’Etude d’Impact sur l’Environnement (EIE) d’un projet est une démarche qui suit des étapes bien précises et a pour but d’évaluer les impacts environnementaux des projets de développement et également d’envisager des mesures d’amélioration pour limiter les impacts négatifs. Cette étude se fait en amont de la prise de décision et de la réalisation du projet. En France, les projets soumis à l’EIE sont définis par grands types, en fonction de leur taille et de certaines caractéristiques propres. Mais le promoteur sait dès l’origine du projet s’il y sera soumis ou non.

 

Pourquoi réaliser une étude d’impact sur l’environnement ? 

L’EIE répond à trois grands objectifs :

■ aider le maître d’ouvrage public ou privé à concevoir un projet respectueux de l’environnement. Elle doit permettre d’intégrer les préoccupations d’environnement dès la phase de conception du projet et garantir que l’environnement est pris en compte à chacun des moments de la préparation du projet. Sa préparation doit commencer lorsque le projet n’existe qu’à l’état d’une esquisse technique. Elle se poursuit lors de l’élaboration de ce projet et permet, puisque celui-ci n’est pas figé, de l’adapter aux conditions imposées par le site et son environnement ;

éclairer l’autorité chargée de l’instruction de la demande d’autorisation sur la décision à prendre. L’étude d’impact lui apporte les informations lui permettant de décider en toute connaissance de cause ;

informer le public et faciliter sa participation à la prise de décision. Le dossier, qui comporte une étude d’impact, est mis à la disposition du public qui fait connaître ses observations dont la décision finale devra tenir compte. Mise en œuvre dès la phase de conception du projet, cette démarche participative contribue à sa définition.

 

Qui réalise l’étude d’impact sur l’environnement ? 

L'étude d'impact est réalisée sous la responsabilité du maître d'ouvrage qui est également responsable de son contenu. Il supporte la totalité des coûts afférents (investigations de terrain, analyses et enquêtes, rédaction, reproduction et diffusion du rapport d'étude d'impact). Il n’est cependant pas obligé de la réaliser lui-même.

S’il ne dispose pas en interne des compétences requises, il peut faire appel à des consultants extérieurs spécialisés ou bureaux d’études pour réaliser l’étude. Dans tous les cas, le document final doit indiquer la dénomination précise et complète de l'auteur (ou des auteurs) de l’étude d’impact afin de lui donner une plus grande crédibilité. (P. Michel (BCEOM), l'étude d'impact sur l'environnement, ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement.).

 

 

L’ étude d’impact : une obligation ?

La demande d’autorisation d’un projet susceptible de porter atteinte à l’environnement doit être précédée d’une évaluation de ses conséquences sur l’environnement.

« Les travaux et projets d'aménagement qui sont entrepris par une collectivité publique ou qui nécessitent une autorisation ou une décision d'approbation, ainsi que les documents d'urbanisme, doivent respecter les préoccupations d'environnement. Les études préalables à la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages qui, par l'importance de leurs dimensions ou leurs incidences sur le milieu naturel, peuvent porter atteinte à ce dernier, doivent comporter une étude d'impact permettant d'en apprécier les conséquences. Cette étude d'impact est transmise pour avis à l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement par l'autorité chargée d'autoriser ou d'approuver ces aménagements ou ces ouvrages ». (article L. 122-1 du code de l’environnement).

Pour les projets moins importants cela peut se traduire par une simple notice d’impact sur l’environnement.

« La première démarche d’un maître d’ouvrage qui prépare le dossier de demande d’autorisation de son projet est de déterminer si celui-ci est :
■ soumis à cette obligation,
■ dispensé de cette obligation,
■ ou s’il doit être accompagné d’une notice d’impact, qui est un document de même nature, mais plus succinct ».
(P.Germain, G. Desire, Le cadrage préalable de l'étude d'impact sur l'environnement).

Pour en décider, il est nécessaire de croiser différents critères généraux de dispense (article 3-A du décret du 12 octobre 1977), des critères spécifiques (annexes 1 et 2) et un critère financier d’exclusion qui intervient à titre subsidiaire (moins de 1,9 million d’euros le plus souvent).


source : (P. Michel, http://ufcna.com/Etude-impact-objectif.pdf)

En ce qui concerne notre projet de compostage, nous ne sommes pas soumis à l'EIE mais comme il est intéressant d'évaluer les impacts de la mise en place de cette plate-forme de valorisation nous allons quand même en mener les grandes étapes.

 

 

Que contient une EIE ?

Le contenu de l’étude d’impact est défini par le décret n°77-1141 du 12 octobre 1977 pour les projets de travaux et d’aménagement et le décret n°77-1133 du 21 septembre 1977 pour les installations classées pour la protection de l'environnement.

« Ce dossier comporte :
¤  une analyse de l'état initial du site et de son environnement
¤ une analyse des effets directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur l'environnement et plus particulièrement sur :
   - la faune et la flore,
   - les sites et les paysages,
   - le sol, l'eau, l'air,
   - le climat,
   - les milieux naturels et les équilibres biologiques,
   - la protection des biens et du patrimoine culturel,
   - la commodité de voisinage (effets liés aux bruits, vibrations, odeurs, émissions lumineuses et autres émissions polluantes),
   - l’hygiène,
   - la santé, la sécurité et la salubrité publique ;
¤ une présentation des différents partis initialement envisagés par le maître d’ouvrage et des raisons pour lesquelles le parti présenté a été retenu, notamment du point de vue des préoccupations environnementales ;
¤ les mesures envisagées par le maître d'ouvrage pour supprimer, réduire et, si possible, compenser les conséquences dommageables du projet pour l’environnement et la santé, ainsi que l'estimation des dépenses correspondantes ;
¤ une analyse des méthodes utilisées pour évaluer les effets du projet sur l'environnement mentionnant les difficultés éventuelles de nature technique ou scientifique rencontrées pour établir cette évaluation ;
¤ un résumé non technique afin de faciliter au public l’accès aux informations contenues dans l'étude d'impact ».

(P. Michel (BCEOM), L'étude d'impact sur l'environnement, ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement.)

 

 

Comment conduire une EIE, quelles sont les grandes étapes ?

P. Michel décompose l’EIE en 7 séquences bien distinctes mais il précise bien que « ces séquences ne sont jamais indépendantes les unes des autres et les tâches identifiées peuvent être réalisées simultanément à différents moments de la préparation du projet ».

Il propose le schéma suivant comme schéma de principe de conduite d’une EIE.


source : (P. Michel, http://ufcna.com/Etude-impact-objectif.pdf)

Ayant bien compris les différents aspects de l'EIE nous allons maintenant en réaliser une partie. A proprement parler, et comme ce projet n'est pas vraiment soumis à une EIE, nous nous contenterons de réaliser l'étude de cadrage (séquence 2) et d'évaluer les effets sur l'environnement (5) et les moyens d'y remédier (6).

 

 

2. Etude de cadrage

Le cadrage désigne la phase de préparation en amont de l’étude d’impact d’un projet qui consiste à préciser le contenu des études qui doivent ensuite être réalisées. Il permet de définir les informations qui seront prises en compte pendant la réalisation de l’EIE, le cadre juridique, les différents acteurs. Mais surtout il s’agit d’identifier les effets potentiels sur l’environnement qui sont généralement associés au projet envisagé. Ceci permettant de bien définir les études à entreprendre par la suite dans l’Etude à proprement parler.

 « Ce n’est pas une tâche supplémentaire venant alourdir le processus. C’est, tout au contraire, l’opportunité d’un temps de réflexion conduisant à produire le cahier des charges de l’étude d’impact avec une fiabilité optimale ».
(Serge Lepeltier, ministre de l’écologie et du développement durable, préface de « Le cadrage de l’étude d’impact sur l’environnement » de P. Germain et G. Desire).

 

2.1 Description du projet, de son cadre législatif et des parties prenantes

Comme cela a été évoqué plus tôt sur ce site internet (cf. VI - La solution retenue), le projet finalement retenu serait la mise en place d'un petit parc de composteurs en bois ne nécessitant pas d'engins motorisés et géré entièrement (alimentation et entretien) par les habitants vivants à proximité.

Pour ce qui concerne le cadre législatif de cette valorisation par compostage des déchets de l'écoquartier, nous vous invitons à consulter la rubrique I - Contexte qui explique de manière exhaustive les différentes normes et textes de lois à prendre en considération dans le cadre de ce projet.

Enfin concernant les acteurs du projet, avec qui il faudra compter pour la réalisation du projet mais aussi de l'étude d'impact sur l'environnement, ils ont déjà été listés dans un tableau et leurs relations explicitées. Vous retrouverez cela dans la partie consacrée à la responsabilité sociale du projet et plus particulièrement la sous-partie relative aux acteurs du projet.

 

 

2.2 Aspects environnementaux liés au projet

Dans le cadre de notre projet de gestion simplifiée & valorisation biologique des déchets des ménages de l'écoquartier il ressort 3 axes aspects environnementaux majeurs à prendre en considération.
# l'impact des rejets (solide, liquide ou gazeux) du compostage sur l'environnement
# les risques sanitaires liés à la fabrication et manipulation du compost
# la dégradation du cadre de vie liée aux problèmes visuels et olfactifs d'une telle installation

Nous avons déterminé ces 3 dimensions de l'environnement comme étant les principales concernées par ce projet particulier et c'est pour cela que nous allons les développer mais il faut savoir que lors d'une EIE il convient de réfléchir sur toutes les dimensions de l'environnement sans exception afin de déterminer lesquelles sont susceptibles d'être concernées...
C. Larrue, dans "l'évaluation environnementale des contrats de plan Etat-Région", nous propose un tableau de synthèse de ces différentes dimensions de l'environnement à prendre en compte dans la démarche de l'EIE. (cf. tableau ci-dessous)

On sait que les trois principaux rejets d'une installation de compostage des biodéchets sont : les refus de compostage, les déchets liquides et les émissions gazeuses. Nous allons donc aborder séparément chacun de ces rejets ainsi que les autres conséquences ennuyeuses (sanitaire, olfactif, visuel, ...) de ce procédé afin de mieux en comprendre l'impact et donc la manière de le limiter.

 

 

Les refus de compostage

Ce sont des déchets solides comprenant tous les éléments qui du fait, soit de leur caractère non biodégradable, soit de leur biodégradation lente,  ont été éliminé du compost (au tout début pour les premiers ou au cours du criblage pour les seconds).
Les refus non biodégradables sont issus d'un mauvais tri  et se sont retrouvés à la plate-forme de valorisation, le plus souvent il s'agit de plastiques, de pièces métalliques ou de verre. Il sont alors éliminés par un nouveau tri en amont du processus.
Les refus à biodégradation lente sont en fait ces matériaux organiques de grande taille et résistants (souvent appelés "structurants") qui sont alors séparés du compost utilisable lors du criblage et souvent remis ensuite au début du processus comme "structurant". 
Une gestion efficace (si possible une valorisation) de ces déchets doit être envisagée afin de limiter leur impact sur l'environnement du site ou de ses alentours.

Déchets liquides

Les déchets liquide provenant du compostage peuvent être de deux natures :
- eaux de percolation ("lixiviats") : issues de l'humidité importante lors du processus et des eaux de pluies passant à travers le compost s'il n'est pas couvert. On les retrouve surtout au niveau des aires de fermentation, de maturation et de stockage des biodéchets dans les grandes installations.
- eaux condensées :  ce sont des condensats de gaz de processus, que l'on retrouve dans les installations à aération forcée. Généralement ils sont très chargés en matière organique et en ammoniac. Ils doivent subir un traitement avant d'être rejetés dans la nature.

"Les valeurs limites réglementaires de rejet au milieu naturel ou vers une STEP sont indiquées dans l'arrêté du 2 février 1998 relatif aux émissions de toute nature des ICPE soumises à autorisation et dans l'arrêté du 7 janvier 2002 relatif aux ICPE soumises à déclaration sous la rubrique n°2170". (École nationale de la santé publique, 2002).

Valeurs limites de rejet des déchets liquides (source : Arrêté du 7/01/2002)

Quand bien même nous ne sommes ni soumis à autorisation ni à déclaration, il semble important de se demander dans quelle mesure nous aurons des déchets liquides et comment faire pour en limiter l'impact.

Émissions gazeuses

Le volume de gaz émis dépend du process (aération forcée ou non) et est difficile à quantifier sauf quand on a un confinement complet. Le gaz est saturé en eau et sa composition comprends pour l'essentiel du CO2 (50% des déchets = transformés en CO2), du NH4, des composés soufrés en faible quantité (H2S et mercaptants), des acides volatils et des composés aldéhydiques et cétoniques en forte proportion.

Ces émanations gazeuses engendrent de plus des nuisances olfactives pour le voisinage, en particulier les composés soufrés et les dérivés organiques. Du fait de l'importance de cet élément touchant au cadre de vie même des riverains, il conviendra de bien contrôler ces rejets gazeux ou du moins d'en limiter l'impact sur la population voisine, car ils constituent un des obstacles principaux à l'implantation d'installation de traitement biologique de déchets.

Une installation comme la notre n'est pas soumise à des valeurs limites de rejets atmosphériques cependant à titre d'illustration nous vous présenterons ci-après un tableau donnant les valeurs limites de rejets atmosphériques pour des plate-formes soumises à autorisation.

Valeurs limites de rejets atmosphériques (source : loi n° 76-663 du 19/07/1976)

 

 

Risques sanitaires

Dans le cadre de l'étude d'impact sur l'environnement on réalise en général une "évaluation des risques sanitaires". Cette dernière, dans le cas du compostage, consiste notamment à identifier les micro-organismes susceptibles d'engendrer des problèmes pour la population riveraine ou les personnes manoeuvrant le compost.

"Les agents biologiques associés au compostage se répartissent en fonction de leur nature et de la voie d’exposition induisant une pathologie. On distingue ainsi :
-        les organismes pathogènes lors de leur ingestion, d’origine fécale, présents dans les produits de départ : bactéries (ex : salmonelles), virus (ex : entérovirus), parasites. La plupart des auteurs s’accordent pour admettre que le compostage est un traitement hygiénisant, s’il est bien conduit, permettant la destruction de la plupart des micro-organismes pathogènes pouvant être présents dans les produits d’origine. Le terme « hygiénisation » signifie ici la quasi destruction des micro-organismes pathogènes résultant de l’effet combiné des hautes températures et de la compétition microbienne et non de la stérilisation ou de la pasteurisation artificielle.
-        les organismes pathogènes ou allergisants principalement par voie respiratoire, se développant durant le compostage ou le stockage : ce sont surtout les cas des actinomycètes thermophiles et des champignons. 
-        les toxines et allergènes libérés par les bactéries (endotoxines) et les champignons (mycotoxines)". (source : ASTEE, Guide méthodologique..., 2006)

Le tableau suivant présente une synthèse des informations sur les agents biologiques associés au compostage :

Synthèse des connaissances sur l’occurrence et les dangers des agents biologiques associé au compostage (source : ASTEE, Guide méthodologique..., 2006)

Cependant, en raison de l'état actuel de nos connaissances, il est difficile d'envisager tous les problèmes possibles liés à ces différents agents pathogènes et à leur synergie. Pour les endotoxines par exemple, il est raisonnable de penser que l'évaluation des risques sanitaires sera intégralement possible. Dans cette attente il vaut mieux prendre le maximum de précautions pour limiter l'émission et la dispersion de ces agents biologiques que ce soit vers les riverains ou vers les manipulateurs du compost..

 

 

Dégradation du cadre de vie, les nuisances

Les plaintes émanant des populations riveraines au sujet des installations de compostage concernent essentiellement les nuisances, et plus particulièrement les nuisances olfactives. Dans notre type d'installation les nuisances sonores n'auront pas lieu d'être car nous nous passons d'engins motorisés, en revanche il faudra prendre également en considération les nuisances visuelles. Cependant évaluer les impacts sanitaires engendrés par ces nuisances comporte des difficultés de méthode qui ne sont pas encore toutes résolues.

  • La gêne visuelle : une plate-forme de compostage comme nous l'envisageons implique la présence à proximité d'habitations de plusieurs casiers à compost de taille importante et qui peuvent constituer un problème pour les riverains (surtout les habitants d'un écoquartier où on peut s'attendre à certain cadre de vie agréable) si leur intégration paysagère n'est pas bien pensée.
  • Les odeurs : "Les odeurs émises par les installations de compostage sont une préoccupation majeure pour les riverains et figurent parmi les gênes notoires relevées par les habitants. Le déversement des déchets, le retournement des andains, le processus même de fermentation aérobie sont autant de sources potentielles de nuisances olfactives sur le site et à son voisinage. Ces nuisances olfactives ont une importance considérable dans la perception des risques sanitaires liés à la situation de se "sentir exposé", avec comme possibles répercussions des troubles identiques à ceux observés chez des personnes en situation de stress, à savoir des troubles psychiques (dépression, agressivité...) et somatiques (gorge sèche, immuno-dépression, nausées...)". (source : ASTEE, Guide méthodologique..., 2006)
    Quoi qu'il en soit, il nous faudra s'assurer de maîtriser les risques liés aux odeurs auxquels sont soumis les riverains. Nous devrons plus particulièrement faire attention à ce que les matières premières les plus odorantes soient convenablement stockées et traitées aussi vite que possible. Il faudra également penser à une aération suffisante des composts et à des mesures de limitation (de la dispersion des odeurs) susceptibles d'être mises en place sur ce genre d'installations à l'air libre et pas du tout confinées. 

 

3. L'Etude d'Impact sur l'Environnement

Maintenant que l'étude de cadrage a été menée, nous pouvons attaquer l'EIE à proprement parler et en particulier nous allons évoquer :
- l'état initial du site
- les impacts possibles sur l'environnement et les solutions proposées pour en limiter les conséquences
- les impacts positifs possibles de ce projet (sur l'environnement)

 

3.1 Situation initiale

SITUATION GÉOGRAPHIQUE
Le site de l'aire de compostage au sein de l'écoquartier a été choisi en fonction de plusieurs paramètres qui sont :
- proximité d'une route pour un accès facile des gens amenant leurs biodéchets
- insertion dans l'écoquartier car ses habitants géreront la zone de compostage
- proximité du principal producteur de biodéchets à savoir la maison de retraite
- zone où on disposait de la place suffisante (l'aire de compostage couvre 252 m²)
- situation impliquant le moins de nuisances olfactives (vis à vis du vent dominant de Nord-Ouest)

L'aire a été située (par une flèche blanche) sur le plan de l'écoquartier suivant (à proximité immédiate de la maison de retraite représentée en gris)


FAUNE ET FLORE

En ce qui concerne la faune et la flore, il n'y a pas de problèmes particulier à l'installation de cette aire de compostage car pas de présence d'espèces protégées sur le site où elle sera construite. De plus, nous pourrions là encore évoquer le fait que la solution que nous avons retenue est tout de même une valorisation biologique des biodéchets et exempte d'utilisation d'engins motorisés. En bref, quoi de plus naturel ?

 

 

3.2 Les problèmes possibles et solutions envisagées

Nous allons reprendre ici les effets possibles sur l'environnement évoqués lors de l'étude de cadrage et voir quel risque d'être leur impact réel. De plus nous parlerons des solutions envisagée dans le cadre de notre réflexion sur ces aspects environnementaux et verrons si ces solutions semblent adaptées.

 

Déchets solides : refus de compostage

Nous avons évoqué plus tôt la possibilité de trouver des résidus solides non biodégradables (plastique, verre, métal, ...) à l'entrée de l'aire de compostage. Ces déchets solides sont source de problèmes s'ils ne sont pas valorisés ou traités. En effet, s'ils ne sont pas stockés (après avoir été séparés des biodéchets) dans un endroit sûr ou éliminés de suite, ces déchets peuvent être la cible de rongeurs ou de petits oiseaux voire pire encore des enfants de l'écoquartier.
En connaissance du fait que la commune dispose déjà d'un parc de containers pour le tri sélectif (papier, plastique, verre, ...), notre solution serait d'installer les containers de l'écoquartier sur l'aire de compostage. Cette solution, en plus de permettre aux personnes amenant leur biodéchets de les trier une dernière fois et d'éliminer les non-biodégradables immédiatement, évite d'avoir à placer ces containers peut reluisants au milieu du charmant quartier.

En ce qui concerne les déchets solides lentement biodégradables, il faut savoir qu'ils ont une utilité au sein du processus de compostage. En effet, ils jouent le rôle de structurants et peuvent être réintroduits à souhait en début du processus. Ici il ne se pose donc pas de problèmes.

 

Déchets liquides : lixiviats

Comme cela est évoqué dans la partie VI, les composteurs sont à même le sol (cf. faciliter colonisation du compost par insectes et vers de terre) et entourés d'une rigole qui recueille les lixiviats issus de précipitations importantes. De ce fait, une partie des lixiviats (qui représente de petits volumes car on évite au maximum d'apporter de l'eau à ces composts de plein air) s'infiltre dans le sol en dessous des casiers. Quand les pluies sont importantes l'excédent d'eau ayant percolé dans le compost s'évacue via la rigole jusqu'à l'égout qui rejoint ensuite la STEP du village.

Il n'y a aucun problème dans cette situation car bien que ces eaux soient plus fortement chargées en MO que la normale, elles restent à des taux traitables dans la STEP et surtout, comme il s'agit d'un procédé naturel d'élimination des biodéchets, ces lixiviats sont dépourvus d'"agents polluants lourds" (métaux lourds, composés issus de la pétrochimie, ...). En ce qui concerne les lixiviats s'infiltrant en continu mais faible quantité dans le sol, on peut là aussi supposer que leur impact est négligeable car ils sont dans certains cas utilisés en épandage agricole car permettent d'enrichir les sols à l'inverse de les polluer.

AVERTISSEMENT : Ces conclusions sont sujets à controverse car nous prenons bien en compte le fait que notre installation est négligeable en terme de quantité traitée (c'est d'ailleurs pour cela qu'elle n'est pas soumise à déclaration) et que, de ce fait, la quantité d'effluents aqueux (chargés en MO et en azote) rejetés dans le milieu naturel est très faible et sans impact important. Il conviendrait toutefois, dans le cas d'installations de compostage traitant des volumes plus importants, de réfléchir à l'impact de ces effluents sur le cours d'eau. En effet, de plus fortes teneurs en MO peuvent perturber les espèces aquatiques et l'augmentation de l'azote dans les rivières engendrent des problèmes d'eutrophisation...

 

Rejets micro-biologiques : agents pathogènes

Comme nous l'avons évoqué précédemment, bon nombre d'espèces différentes de bactéries, champignons et autres organismes microscopiques sont associés aux plate-formes de compostage voire au processus en lui-même. Certes un compost bien mené et suffisamment grand s'hygiénise lui-même, limitant de ce fait l'impact de agents biologiques responsables de son évolution. Mais dans notre cas, et cela a été évoqué dans la partie VI, nos tas sont de taille insuffisante pour atteindre cette hygiénisation...
Nous avons également vu que ces agents engendrent des problèmes de santé lorsqu'ils parviennent à pénétrer l'organisme, ce qu'ils peuvent faire par ingestion, par inhalation ou par contact cutané.
En considérant que ce sont les habitants de l'écoquartier qui viendront apporter leurs biodéchets et aussi eux qui géreront l'aération et l'écoulement du compost, il convient de prévoir des mesures pour limiter le risque de contamination. Ces mesures seront les suivantes :
- réunion d'information sur la gestion de l'aire de compostage
- mise à disposition (dans la cabane située sur l'aire) de gants en latex et de masques de protection à porter obligatoirement lors de la manipulation du compost
- consignes de sécurité indiquées à l'entrée de l'aire de compostage et par autocollants sur les casiers
- grillage autour de l'aire de compostage pour empêcher les enfants et/ou animaux à proximité d'y entrer (l'accès sera régulé par une personne du quartier désignée comme étant le modérateur de l'aire de compostage)

 

Nuisance visuelle

Pour limiter la gêne visuelle engendrée sur les populations riveraines, différentes mesures ont été prises en compte :
- aire de compostage entourée d'une haie végétale à l'extérieur de la grille
- choix de casiers en bois ayant une meilleure intégration paysagère que ceux en polyéthylène ou en métal

 

Nuisance olfactive & émissions gazeuses 

Le compost, même bien mené, générera quoi qu'il advienne des odeurs désagréables. Certains gaz soufrés se retrouvent en effet à l'état de trace dans les rejets atmosphériques de l'aire de compostage.
Il existe des moyens de traiter ces émanations gazeuses avant de les libérer vers le milieu extérieur mais cela n'est possible qu'avec un fort investissement et dans le cadre de plate-formes de compostage mieux confinées et plus "industrielles"... Dans notre cas nous avons opté pour un compostage naturel aérien, qui s'inscrit dans la logique de notre écoquartier. Nous ne pouvons donc pas envisager cette solution.
Cependant nous avons opté pour la mesure la plus simple et logique pour limiter la gêne des riverains, en plaçant notre zone de compostage le plus au Sud-Est possible de l'écoquartier en sachant que les vents dominants dans ce secteur viennent du Nord-Ouest.
Les odeurs, même si elles sont générées, ne devraient pas (ou rarement) être véhiculées par voie aérienne vers les habitations. Quand bien même cela devrait arriver nous pouvons compter sur une tolérance assez grande de cette population qui a choisi la campagne pour vivre...cqfd.

 

 

4. Conclusion

L'étude d'impact sur l'environnement que nous vous avons présenté n'est pas une EIE à proprement parler. Elle n'est pas exhaustive et certaines des réponses apportées ne sont valables que dans le contexte très précis de notre projet de compostage.
Cependant c'est une démarche intéressante à mener car elle permet de réfléchir sur les enjeux environnementaux derrière notre projet et les mesures de limitations des dégâts envisageables. Même en menant une EIE aussi restreinte, nous avons pu dégager une conclusion sur ce projet, c'est qu'il n'est pas problématique pour l'environnement. C'est d'ailleurs tout ce qu'on peut attendre d'un projet de compostage "naturel" (aérien et sans engins motorisés) des biodéchets des ménages. Il s'agit en effet d'un mode de valorisation des déchets tout ce qu'il y a de plus positif pour l'environnement (comparé à l'incinération ou aux CET) dans la mesure où il est mené tel que nous l'avons imaginé. De plus, cette activité reste aussi ludique et conviviale pour les familles  ce qui, pour nous, constituait un plus dans ce contexte d'écoquartier...