V - Exploitation de la plate-forme de compostage

                    Image: solostocks
Sommaire

Introduction
1. Les quatre grandes étapes
2. Temps d’intervention par étape
3. Formation du personnel
4. Hygiène et sécurité
 
  4.1. Les conditions de travail
   4.2. La sécurité sur le chantier
Conclusion



Introduction

La gestion du compost se fera par lots. L’employé chargé du suivi de la plate forme de compostage suivra les étapes ci-dessous. A la fin de cette partie vous trouverez un tableau donnant les temps nécessaires à la réalisation de chaque tâche.


1. Les quatre grandes étapes

1ère étape : Réception et stockage des déchets verts.

Pendant les heures d’ouverture de la plate forme l’employé relève la masse des déchets amenés sur un bordereau. Il consigne aussi la nature des déchets et vérifie l’absence de corps étrangers.
Puis il stocke les déchets dans les espaces réservés avant broyage. Il est à noter que les déchets fermentescibles issus des foyers ainsi que les tontes sont directement mis en andains.


2ème étape : Broyage, mélanges et mise en andain.

C’est avec le broyage que se constitue le lot et qu’un dossier va devoir être ouvert pour consigner toutes les informations relatives à ce lot jusqu’à sa mise à disposition après maturation.
La granulométrie du mélange, le défibrage du bois, le rapport C/N et l’humidité sont des éléments à prendre en compte pour assurer un mélange homogène et se placer dans les meilleures conditions pour le compostage.
Après broyage les produits transportés sur l’aire de fermentation forment des andains. Nous réaliserons un andain par mois, soit environ un tas de 1300/12=108m3. En comptant 3 mètres de haut il faut une base carrée de 6m sur 6m.


3ème étape : Retournement et arrosage

D’un point de vue théorique il faut retourner le compost dès que sa teneur en oxygène en son cœur descend en dessous de 5-8%.
Dans la pratique un retournement à intervalle régulier de une semaine donne de bons résultats. Il est à noter que La fréquence de retournement augmente si la quantité de tonte augmente.
Après trois mois de fermentation, l’activité biologique exige moins d’oxygène et il n’est plus indispensable de retourner le compost.
Le taux d’humidité du tas de compost doit être maintenu au alentour de 60%. Un arrosage régulier est donc nécessaire et dépend des saisons et des précipitations.


4ème étape : Le criblage et le stockage du compost

Le compost est destiné essentiellement au jardinage.
Il est à noter que le taux d’humidité doit être descendu à 40% avant le criblage afin de ne pas agglomérer le compost et augmenter artificiellement les refus. Cette baisse s’effectuera lors des 4 mois de maturation avec recouvrement du compost par une bâche perméable à l’air.
Les refus seront rebroyés et mélangés à des déchets frais permettant ainsi de démarrer plus rapidement les processus biochimiques de fermentation.
Le compost est ensuite stocké sous abris et en libre service sous la surveillance de l’employé.
Ce dernier notera les quantités distribuées.




2. Temps d’intervention par étape

Pour 250T de déchets et après corrélation des chiffres de l'ADEME on obtient le tableau ci-dessous :

Temps d'intervention par étape (h/an)
Étape 1
Réception
12,5
Tri
10
Information
12,5
Étape 2
Broyage
104
Mise en andains
5
Entretien
5
Tri
10
Étape 3
Retournement
12,5
Entretien
5
Suivi
5
Tri
5
Étape 4
Criblage
5,4
Tri/Nettoyage
12,5
Entretien
5
Écoulement
5
Relations publiques
5
Total
219,4
 
Le temps de travail annuel en France s'élève à 1568h. (Source: http://www.journaldunet.com/management/repere/temps_travail_europe.shtml). 219,4h représente 14%. Ne ne retrouvons pas les 10% préconisés par l'ADEME (voir partie IV.5.1.) pour un flux de 283T/an. Ceci est normal car nous avons choisi un broyeur ayant un faible débit, rajoutant 79H de broyage par rapport à l'estimation de l'ADEME. En respectant le temps de broyage de l'ADEME nous trouverions 9% ce qui est proche de l'estimation initiale.


3. Formation du personnel

Il n’y a pas de formation spécifique pour le métier de responsable et d’agent d’exploitation de plate-forme de compostage.
L’idéal est alors une formation de technicien agricole et/ou de cariste. Il faut aussi accompagner ces dernières par des formations en microbiologie, afin de bien comprendre les mécanisme et les étapes du compostage. Cela permet aussi de pouvoir agir plus rapidement lors de changement climatique et de prendre les mesures appropriés en cas de variation de compositions des déchets verts.


4. Hygiène et sécurité

4.1. Les conditions de travail

Le compostage est une activité de plein air qui requiert les mêmes précautions que sur un chantier agricole. A cela s’ajoute :

- Le port de protections individuelles contre le bruit, notamment à proximité du broyeur.
- Le port de masque anti-poussière, en période estivale, pour éviter l’inhalation de particules fines contenant des champignons microscopiques.


4.2. Sécurité sur le chantier

Le compostage ne présente pas de danger particulier si :

- Les zones de broyage, de retournement, de criblage sont matérialisées au sol et interdit à toutes personnes étrangères à l’exploitation.
- Le bassin de décantation est clôturé.
- Les organes mobiles des engins sont protégés par des carters pour que leur accès en soit interdit quand les appareils sont en service. Le broyeur, le retourneur et le crible doivent être équipés d’arrêt « coup de poing » de chaque côté de la machine.



Conclusion

L'exploitation d'une plate-forme comme celle proposée peut être gérée par une seule personne travaillant une demi journée par semaine. Néanmoins la plupart des plates-formes de compostage sont dimensionnées pour plus de 3000T/an de déchets et nécessite alors une équipe de plusieurs personnes. De ce fait elles possèdent des appareillages plus sophistiqués, nécessitant plus de surveillance comme par exemple les aérations forcées.