Fiche 3 : Les acteurs

 

Faisant parti des Emirats Arabes Unies (EAU), Dubaï est l'une des villes qui se développe le plus rapidement dans le monde. Sa réussite tient à sa situation exceptionnelle puisqu’elle est  au carrefour des importants marchés mondiaux (Europe, Asie et d'Afrique). De plus, elle possède une économie libérale, des tarifs douaniers très bas en étant exemptée de taxes. A cela, on peut ajouter que le gouvernement est visionnaire, si bien que Dubaï est devenu, pour les investisseurs, l'une des destinations les plus attirantes du monde.
 
Grâce à ce dynamisme, Dubaï a donné naissance à d’étonnants projets comme la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa, ou encore les Palm Islands avec la première île construite, Palm Jumeirah. Cet édifice a nécessité l’intervention de nombreux acteurs allant des scientifiques aux entrepreneurs en passant par les consommateurs : tous sont concernés par le projet de Palm Jumeirah. Certains en gagnent un profit, d’autres sont contres et luttent pour préserver l’environnement. Ces acteurs se répartissent à différentes échelles : l’échelle locale, l’échelle régionale ainsi que celle internationale.
 
Le schéma suivant représentée la cartographie des acteurs ainsi que leurs interactions au sein du projet.

Ainsi pour appuyer la cartographie précédemment présentée, nous allons vous détailler le rôle de chacun de ces acteurs.
 

 1. L'Etat


 
L’Etat est un acteur principal puisque c’est le gouvernement de Dubaï qui autorise l’exécution du projet. De plus, il sera au centre des interactions entre les différents acteurs.

Ce gouvernement est composé :
-     du maire
L'émir actuel est Mohammad ben Rached Al-Maktoum. Membre du Conseil Suprême, il est également le premier ministre des Émirats arabes unis.
Comme dans les autres émirats, l’Emir de Dubaï dirige sa ville par l’intermédiaire de la charia : la charia étant la loi islamique englobant trois dimensions (la soumission, la foi et faire ce qui est beau). Le droit civil et pénal, ainsi que les coutumes sont donc régis par la tradition musulmane.
 
-     des conseils de Dubaï 
Le système de gouvernement fédéral des E.A.U. (Emirats Arabes Unis), qui est basé sur une constitution, comprend les institutions suivantes :
-     Le Conseil suprême
-   Le Conseil des Ministres
-     Le Conseil national fédéral
-     Le Corps judiciaire fédéral
 
Ce gouvernement joue un rôle au niveau national.
Après cette succincte présentation de l’Etat, nous pouvons résumer son rôle dans le tableau ci-dessous :

 

 2. Les promoteurs 


 
Le principal promoteur immobilier qui gère à Dubaï plus de 30 millions de dollars US n’est autre que  l’entreprise Nakheel avec pour président exécutif le sultan Ahmed Bin Sulayem.
Cette société de promotion entièrement vouée à l'immobilier, se trouve derrière les nouveaux sites de Dubaï. Nakheel vise à redéfinir le concept de développement immobilier, qu’il soit résidentiel, touristique, commercial ou privé. Dans ce but, la société examine en priorité les souhaits des divers secteurs de la société et développe ses projets futuristes en fonction de ces trouvailles.
Le rôle de ce promoteur dans notre projet se résume de la manière suivante :

Ce promoteur est le moteur du projet puisque il fournit les fonds nécessaires à la construction de Palm Jumeirah.
La société Nakheel n’a cependant pas pu échapper à la crise financière avec une perte de 2,46 milliards de dollars lors du premier semestre 2009.
Les revenus de Nakheel ont chuté de 78 %. Nakheel reconnaît que « le marché immobilier de Dubaï a été affecté » par la crise financière mondiale et affirme que l’entreprise a «continué de prendre des mesures pour réduire ses dépenses ».(Article du 09/12/2009 du Monde « Le groupe Nakheel boit la tasse au premier semestre »). L’Emirats de Dubaï est donc lui aussi frappé par la crise financière à l’image de ses plus grandes sociétés et demande l’aide de l’état voisin d’Abou d’Ahbi pour combler momentanément ses dettes et ainsi reprendre le projet qui restait suspendu depuis la crise.
 

3. Les grandes entreprises au cœur du projet


 
Pour la construction de cette île artificielle, on repère plusieurs grandes entreprises en lien avec notre BEI : une pour l’élaboration de  l’île, deux autres pour la construction des édifices, et une dernière pour la potabilisation et assainissement de l’eau.
 
3.1. The vibroflotation Group Ltd
Ce groupe est une filiale de Solétanche Bachy, en groupement avec APCC, entreprise spécialiste en fondations basée à Abu Dhabi.
 
3.2. Van Oord
Van Oord est une entreprise de dragage néerlandaise. Elle est spécialisée dans la construction d’infrastructures maritimes pour prévenir les effets de la montée des eaux due au changement du climat. Cette compagnie a mis en place le sol de Palm Jumeirah.  Plusieurs millions de m3 de sable [selon le site internet de l’entreprise] ont été déplacé pour faire naître cette île sur la côte de Dubaï.
 
3.3. Paschal
Elle fournit les coffrages sur le chantier. Cette entreprise, connaît depuis de nombreuses années un grand succès dans le Golfe persique. La société PASCHAL Emirates est donc sélectionnée par Al Shafar General Contracting Co. pour fournir les coffrages en vue de la construction d’un complexe d’ 1,6 km de longueur, composé d’immeubles à dix étages abritant des appartements de luxe.
 
3.4. Veolia
Cette entreprise internationale a remporté, par l’intermédiaire de sa filiale Veolia Eau Solutions et Technologies (VWS), deux contrats : un pour l’installation de traitement des eaux usées et l’autre pour le recyclage des eaux produites sur Palm Jumeirah. Veolia est épaulé par des entreprises telles que l’entreprise Roediger Vacuum spécialisée dans l’assainissement sous vide.
 

 

4. Les association, vigies du projet


 
4.1. Association de la plongée sous-marine des Émirats (Emirates Diving Association)
Cette association œuvre pour le développement durable des ressources marines. Elle veut montrer à la population le désastre écologique que peut apporter une telle construction.
 
4.2. World Wide Fund for Nature (WWF)
La WWF est un ONG impliquée dans la protection de la nature et de l’environnement. L’association WWF des Etats Arabes Unis est représentée par son président Frederic Launey. Ce dernier rapporte que certaines précautions n’ont pas était prise avant le projet. Il s’indigne que ce projet pharaonique, n’ayant pas associé une dimension environnementale plus concrète,  ait été une catastrophe pour le milieu environnant comprenant la faune et la flore ; il aurait pu y avoir des adaptations tout à fait acceptables mais le mal étant fait, il ne reste  plus qu’à déplorer les dégâts.
 
4.3. Ecologistes
  

Ces acteurs sont minoritaires et joue un rôle à une échelle locale. Ce sont des personnes  contre le projet  d’un point de vue environnemental mais qui restent peu cités du fait d’une maigre notoriété et souvent masqué par des organisations comme la WWF.

 

 
  

 
C’est grâce à ce type d’association que nait la controverse environnementale. En effet, ces associations mettent en garde la population, par l’intermédiaire des médias, des effets néfastes du projet sur l’environnement. Ce sont ces risques et incertitudes du projet vis-à-vis de l’environnement qui sont à l’origine de la controverse et donc des conflits. 
 
 

5. Les scientifiques


  
 UNU-INWEH : Réseau International Université des Nations Unies sur l’eau, l’environnement et la santé
 
Au cours des dernières années, M. Sale (directeur adjoint de l'UNU-INWEH) a dirigé une équipe de scientifiques proposant des mesures visant à minimiser les impacts des projets de construction à Dubaï. Il s'agit notamment de Palm Jumeirah et Palm Jebel.
En conséquence, le docteur Vente a été réquisitionné pour une évaluer les communautés de poissons, en particulier ceux dans les récifs coralliens. Our se faire, il a constitué un groupe de scientifiques.
 
Ces scientifiques ont été engagés par la société Nakheel. Le PDG de Nakheel, Chris O’ Donnell, a déclaré : « Nous tenons à féliciter le Dr Peter Vente sur cet honneur qui reconnaît son apport inestimable à notre compréhension des écosystèmes marins. Nakheel a pris un engagement clair pour le développement durable des communautés côtières. Notre partenariat avec l'UNU-INWEH et le Dr Peter Sale a déjà fourni des informations précieuses sur la façon dont nous pouvons gérer nos communautés marines efficacement et de contribuer au développement de la dynamique des écosystèmes aquatiques. »
 
Ainsi, en février 2009, l'UNU-INWEH a conclu que les premiers résultats, du plan de surveillance, suggèrent qu’un nouvel écosystème se développe par l'aménagement du littoral c'est-à-dire par la construction de Palm Jumeirah et Palm Jebel Ali. Cet écosystème serait compatible avec les eaux côtières saines. Ces conclusions sont le résultat de deux années de recherche environnementale et de suivi mises en œuvre par l'UNU-INWEH.
 
Le projet de recherche et de gestion entre l'UNU-INWEH et Nakheel a été élaboré en 2007 et est dirigé par un groupe de onze scientifiques de l'équipe internationale avec l'appui de Nakheel. Il vise à apporter de nouvelles connaissances, une compréhension et une formation des employés Nakheel sur les sciences de la mer. Ce projet vise à bâtir, pour Nakheel, un projet maritime durable et environnemental.

Nous rassemblerons pour finir les acteurs encore non-évoqués c'est-à-dire les consommateurs :
 

 

 

6. Bibliographie


 
  • Dubaï World Media Centre, « Palm Jumeirah’s coral reef expert honored at international meeting in Australia ».Consulté de 20 février 2010.
 
  • Article de Marc Lavergne, « Dubaï ou la métropolisation incomplète d’un pôle en relais de l’économie monde », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], vol. 64 | 2002, mis en ligne le 15 juin 2004. Consulté le 20 février 2010. URL : http://cdlm.revues.org/index80.html
 
 
 
 
  •  Article trouvé sur le site earthdive.com datant du 10 Novembre 2005 avec pour titre : « Dubai isles draw criticism ». Sources citées : The Star (Malaisie)/ Reuter