Propositions d'amélioration

La dernière partie du travail concerne les propositions d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre engendrées par les secteurs les plus polluants. Ces préconisations concerneront directement les procédés et les choix employés par l'industriel pour le fonctionnement de son établissement afin de réduire les émissions induites. La méthode que nous appliquons n'a pas l'objectif de déterminer des solutions de compensations des pollutions émises, qui pourraient être appliquées en parallèle de l'exploitation. Le tableau regroupant les résultats globaux obtenus lors de l'étude laisse apparaître quatre domaines en particulier.

Usine métallurgique

L'usine métallurgique est le poste le plus polluant et représente 34% des émissions totales de l'exploitation. Ceux-ci proviennent en majeure partie du rejet par les processus mis en jeu d'effluents gazeux et par la consommation de charbon et de gazole nécessaire au fonctionnement. La pyrométallurgie, qui est la technique choisie pour traiter les minerais du site de Koniambo, est dîte la plus performante et la plus propre existante au niveau industriel. Un autre procédé est utilisé dans d'autres mines du pays, comme à Goro : l'hydrométallurgie, mais celui-ci est plus polluant et envisagé lorsque la teneur en Nickel des minerais est plus faible (le minerai de Nickel de Koniambo est en moyenne pur à 35%). D'autre part nous n'avons pas à notre disposition ni de données, ni de détails assez précis des installations employée sur le site. Ainsi il nous est difficile d'imaginer des solutions d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre et des dispositifs plus propres que ceux existants.

Centrale électrique

La centrale électrique est également un secteur très polluant. Elle comptabilise 32% des émissions de gaz à effet de serre. Celles-ci proviennent essentiellement de la consommation de charbon et de gazole utiles à son fonctionnement, mais aussi de rejets de CH4 et de NOx. Une nouvelle fois peu d'informations nous sont disponibles sur les chaudières utilisées. Les procédés et installations qui entrent en jeu ne sont détaillés dans aucun document à destination du grand public. Il est alors hardu d'envisager des procédés de remédiation. De plus les chaudières utilisées sont des chaudières à lit fluidisé circulant qui sont connues pour être à la fois très rentables énergétiquement et pour leur faible impact sur l'environnement (voir lien).

Nous avons cependant mené à terme l'étude de la construction d'un parc éolien qui permettrait à la centrale de déléguer une partie de sa production d'énergie, que nous avons fixé à 400Gw soit 1/4 de la production d'énergie de la centrale. Bien que cette solution soit très efficace au niveau de la diminution de la pollution atmosphérique, le coût de la mise en place de plusieurs éolienne off-shore est exhorbitant. D'autant plus qu'en raison de la ZCIT dans laquelle se trouve l'île et des risques de cyclone innérants, la technologie d'éolienne la plus adaptée serait celle de rotor à axe vertical(darrieus ou savonius), technologie étant moins cassable en cas de forts vents (dégats que l'industriel ne peut envisager). Dans notre étude, c'est un parc de 160 éoliennes qui produirait  les 400GWh (sur les 1607Wh produits normalement par la centrale) et impliquerait une réduction de 10% des émissions totales, mais coûterait de plusieurs centaines voire quelques milliards d'euros.

Utilisation du produit

Le Nickel est utilisé majoritairement dans la création d'alliages métalliques (surtout de l'acier inoxydable). Les principaux clients de la Nouvelle-Calédonie sont situés dans la zone Asie-Pacifique et en France. Le pourcentage des émissions induites par l'utilisation du ferronickel après son exportation s'élève à 26.5%. La solution que nous proposons pour diminuer ce chiffre est d'encourager l'industriel à ne vendre son produit qu'à des entreprises qui possèdent des usines utilisant uniquement de la ferraille. On désigne par ferraille les débris de pièces de fer, de fonte ou d'acier. Nous avions considéré jusqu'alors que seulement 50% des entreprises clientes employaient de la ferraille et les autres du minerai de fer pur. L'emploi unique de ces matériaux recyclés impliqueraient alors une diminution des émissions totales annuelles d'environ 11%, soit 171000 tonnes d'équivalent carbone.

Fabrication des matériaux entrants

Les produits entrants sont ceux dont se sert l'entité pour fonctionner et regroupent gazole, charbon, produits chimiques, fournitures de bureau et produits alimentaires. Ils totalisent 6.6% des émissions. Cette fois-ci notre problème principal est que nous n'avons pas d'informations sur les fournisseurs choisis par l'entité, ni sur les facteurs d'émissions que nous avons utilisés. Par exemple nous savons que 1kg de viande de porc produit 1.22kg d'équivalent carbone, mais pas ce qui est pris en compte lors de ce calcul. Nous aurions pu envisager de reprendre les calculs de tous les facteurs d'émissions à notre compte, mais cela représentait une trop grande masse de travail que nous n'étions même pas sûrs d'avoir les moyens de mener à bien.


Considérant qu'il n'existe pas de "faible" diminution des émissions de gaz à effet de serre, nous avons choisi de proposer une solution d'atténuation de celles engendrées par le transport des salariés.

Cette solution consiste en la construction d'une autoroute de 60km dans le nord de l'île permettant un accès au site plus facile. Cela permettrait de réduire les émissions engendré par le déplacement des salariés dans le sens où le parcours serait moins sujet aux changements de vitesse, aux arrêts(feux,stop..), et le temps de parcours serait réduit, ce qui implique une consommation moindre de gazole. La construction d'une telle route engendrerait 2600 tonnes d'équivalent Carbone, et serait rentable au bout de 16 ans et demi. En d'autres termes, après 16ans et demi d'existence de l'autoroute, il y aura 160 000 kg d'équivalent carbone par an émis en moins par rapport à l'état initial.

 

Discussion

Les solutions proposées semblent diminuer notablement les émissions de gaz à effet de serre et paraissent réalisables par l'industriel. Les explications qui permettent de justifier pourquoi nous n'avons pas pu atténuer celles provenant des deux postes les plus polluants sont résumés en deux points. Tout d'abord nous ne possédons pas, à notre niveau d'élève ingénieur et de spectateur n'ayant aucun appui à l'intérieur de l'entité, d'informations assez précises des installations et des choix utilisés par l'industriel. Ne pas connaître avec exactitude les procédés qui entrent en jeu, ni le détail des va-et-vient des bâteaux dans le port par exemple, est un gros handicap pour envisager des remédiations. Ensuite ce manque de données nous a obligé à faire de nombreuses hypothèses sur les caractéristiques de l'exploitation. Par exemple dans le cas de l'utilisation du produit en aval de l'exploitation, nous avions supposé que les clients se partageaient équitablement entre ceux utilisant de la ferraille et ceux utilisant du minerai de fer pur. La solution proposée est alors la plus propre : ne choisir que des clients qui utilisent de la ferraille. Mais dans de nombreux cas il n'est pas pertinent vis à vis de l'industriel de préconiser directement l'action la moins polluante. Toutes ces hypothèses nous empêchent d'effectuer des compromis. Finalement le travail que nous avons mené pour réduire les émissions de gaz à effet de sert est convenable et approprié, mais il n'a pas la prétention d'être complet. La minutie requise pour une telle tâche demande l'appui de nombreuses données précises.