Discussion et perspectives





Nous nous sommes attachés dans cette étude à dimensionner une chaine de traitement qui soit à la fois simple et efficace. Nous considérons avoir obtenu des résultats convainquants puisqu'à partir d’un investissement inférieur à 15 millions d’euros nous arrivons à traiter les eaux de ruissellement d’un domaine correspondant à quasiment la moitié du plan d’exploitation minière défini sur le massif de Koniambo. Notre chaine de traitement comprend tout d’abord un premier volet, composé d’une décantation simple puis lamellaire et d’une filtration sur sable, servant à éliminer les matières en suspension. La deuxième partie du traitement est assurée par une résine échangeuse d’ions et un procédé biologique afin de concentrer et de réduire le chrome hexavalent. La pollution enchrome VI, élément identifié comme le plus dangereux pour les écosystèmes voisins, est fortement abattues. Sa concentration dans l’eau rejetée en rivière est conforme à la limite de 0,05 mg/L que l’on s’est fixée en début d’étude et inférieure à la norme (0,1 mg/L). Si la surface occupée par les installations de traitement est assez importante, un aménagement judicieux pourra permettre une intégration paysagère. Enfin, la maintenance des équipements sera facilitée par la répartition périodique des précipitations qui se concentrent durant les six mois de la saison des pluies. Ce travail met donc en lumière les possibilités techniques existantes qui permettent au secteur minier calédonien de ne pas impacter sur la qualité des eaux douces issues des zones d’exploitation.

Cependant, nous avons conscience des progrès qui peuvent être apportés à cette étude. Tout d’abord, concernant l’exactitude des données, qui sont à la base de tous les dimensionnements effectués dans ce projet. Nous n’avions en effet accès qu’aux données disponibles dans l’étude d’impact, et cette source n’est pas nécessairement objective ou exhaustive puisque ce document a été rédigé par et pour les exploitants de la mine. La documentation provenant de sources indépendantes est rare et il est très difficile de se la procurer. Dans le cadre d’un tel dimensionnement, il pourrait par exemple être très intéressant d’avoir une analyse exacte et détaillée de la constitution d’une eau ruissellant sur des roches saprolitiques mises à nues.

Concernant le dimensionnement de l’installation, celui-ci a été fait pour traiter un débit continu de 1 m3/s équivalent à l’écoulement d’un événement pluvieux de 130 mm en trois-quatre jours. Malgré la présence de bassins de rétention qui permettent de réguler le débit, dans le cas d’un évènement plus violent, l’installation risque de ne pas traiter l’ensemble des eaux de ruissellement. Nous n’avons en effet pas voulu sur-dimensionner le centre de traitement et faire ainsi exploser les coûts des aménagements. Encore une fois, des mesures plus précises des impacts environnementaux pouvant être causés au milieu dulçaquicole environnant permettrait de mieux appréhender les risques encourus et donc le dimensionnement des installations de traitement.

Enfin, d’autres techniques de traitement peuvent être imaginées. La filtration sur charbon actif,  remplaçant la résine échangeuse d’anions pourrait entrainer une simplification et un allègement du procédé. L’électrochimie est aussi une alternative intéressante à la réduction bactérienne pour la récupération finale du chrome.

Nous espérons que le travail fournit lors de ce projet pourra donc susciter l’intérêt, et être peut-être repris, complété ou diversifié afin de généraliser le traitement des eaux de ruissellement minières.