Inventaire des émissions de gaz à effet de serre

 Suite à une redéfinition de notre projet de trinôme, la partie "Etude environnementale" est désormais baptisée '"Inventaire des émissions de gaz à effet de serre" et traitera exclusivement de cet inventaire.

Toute activité industrielle quelle qu’elle soit, engendre des émissions de gaz à effet de serre soit de manière directe, soit de manière indirecte (via ses fournisseurs, les services tertiaires impliqués…). La future mine de nickel de Koniambo ne faisant pas exception, sa construction et son exploitation vont donc participer à ces émissions atmosphériques, contribuant au phénomène d’effet de serre.

Au sein de ce projet de BEI, notre trinôme a décidé de réaliser un inventaire des émissions de gaz à effet de serre afin d’évaluer la contribution de la mine de Koniambo à l’effet de serre. Pour cela, nous avons choisi de suivre la méthode Bilan Carbone® développée par l’ADEME en 2002. Cette méthode permet d’évaluer en ordre de grandeur les émissions de gaz à effet de serre engendrées par une activité tout en déterminant les postes d’émissions les plus polluants. La dépendance de l’entreprise aux combustibles fossiles peut également être appréciée, l’amenant peut-être à modifier sa stratégie environnementale. A court terme, un Bilan Carbone® voit son intérêt principalement dans la mise en place de plans d’actions de réduction des émissions. A long terme, il peut permettre de se préparer à une augmentation des obligations règlementaires, de choisir ses fournisseurs en fonction de leurs performances en la matière après leur propre Bilan Carbone® et de rendre son activité moins riche en émissions par une modification de sa conduite.

Avant de présenter la méthode en détail et les différentes étapes de notre travail, voici quelques définitions liées à notre problématique :

 

Qu’est-ce que l’effet de serre ?

L’effet de serre est un phénomène naturel de réchauffement du climat, dû aux gaz à effet de serre (GES) présents dans l’atmosphère. Ces gaz absorbent une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations dans l’atmosphère.

En atteignant l’atmosphère terrestre, les rayons du soleil sont réfléchis dans l’espace par :

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l’air (30 % des rayons)

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les nuages (20 %)

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la surface de la Terre (10%)

 

20 % des rayons incidents qui n’ont pas été réfléchis sont absorbés dans l’atmosphère par les gaz à effet de serre et 50 % par la surface terrestre. Cette chaleur apportée par rayonnement est alors restituée par la Terre vers l’atmosphère sous forme de rayons infra-rouges. Ceux-ci sont absorbés par les GES pour être ensuite réémis dans toutes les directions.

Cette chaleur réémise vers la Terre via ces rayonnements est le phénomène d’effet de serre. Sans lui, la température moyenne sur Terre serait de -18°C.

 

Voici un schéma simplifié de ce processus :


Source : GIEC

Les gaz à effet de serre d’origine anthropique amplifient bien entendu ce phénomène naturel, qui peut conduire à une augmentation incontrôlée de la température à la surface du globe.

 

Quels sont les gaz à effet de serre concernés par cet inventaire ?

Le groupe intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) a recensé une quarantaine de GES. Les principaux sont : la vapeur d’eau H2O, le dioxyde de carbone CO2, le méthane CH4, l’ozone O3, le protoxyde d’azote N2O, les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC) et l’hexafluorure de soufre (SF6).

Les contributions approximatives de ces différents gaz à l’effet de serre sont :

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Vapeur d'eau : 60 %

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Dioxyde de carbone : 34 %

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Ozone : 2 %

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Méthane : 2 %

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Oxyde nitreux (NOx) : 2 %

L’inventaire que nous allons réaliser ne tient pas compte de la vapeur d’eau, comme préconisé par la méthode de l’ADEME. En effet, la vapeur d’eau émise par l’homme dans la troposphère (couche la plus basse de l’atmosphère) n’a pas d’effet discernable sur le climat global. Seuls les avions émettent de la vapeur d’eau dans la stratosphère, ce qui ne nous intéresse pas dans notre étude de cas.

 

Origines de ces GES :

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Le dioxyde de carbone

Il représente 70 % des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique. Il provient surtout de la combustion des ressources fossiles (charbon et pétrole) et de la biomasse.

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Le protoxyde d’azote

Il représente 16 % des émissions. Il est issu des activités agricoles, de la combustion de la biomasse et de certains produits chimiques.

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Le méthane

Il représente 13 % des émissions. Il est principalement engendré par l’agriculture, la production et la distribution de gaz et de pétrole, de l’extraction du charbon, de la combustion de ces ressources fossiles et des décharges.

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Les gaz fluorés

Ils ne représentent que 2 % des émissions mais ce sont les plus dangereux de part leur PRG élevé (1300 à 24 000 fois celui du CO2) et de part leur longue durée de vie. Ils sont issus des systèmes de réfrigération, des aérosols, des mousses isolantes ainsi que dans l’industrie des semi-conducteurs.

 

Potentiel de réchauffement global (PRG) :

Les gaz à effet de serre n’ont pas tous la même durée de vie ni la même capacité d’absorption du rayonnement infra-rouge terrestre. Ainsi, l’indice PRG proposé par le GIEC permet d’évaluer la contribution relative au réchauffement climatique de l’émission d’un kilogramme de gaz à effet de serre par rapport à l’émission d’un kilogramme de CO2 sur une période d’en général 100 ans. Le PRG du CO2, par convention, est fixé à 1.

 

Lieux d’émission de ces GES :

Un inventaire des émissions de GES ne tient pas compte de la localisation de celles-ci. En effet, l’intérêt est d’évaluer de manière globale les émissions dont dépend une activité. De plus, une fois émis dans l’atmosphère, les GES y ont une très longue durée de résidence avant leur épuration (de l’ordre du siècle pour la plupart). En sachant que l’atmosphère se brasse de manière homogène entre les hémisphères en une année, l’impact des émissions de ces GES reste donc le même quel que soit le lieu d’émission.