Présentation générale

La Nouvelle-Calédonie est un archipel rattaché à la France. Elle est située dans l’océan Pacifique à 1500 kilomètres à l’est de l’Australie. Ce territoire jouit d’un fort dynamisme économique principalement lié aux richesses minérales de son sous-sol, qui contiendrait 25% des réserves mondiales de nickel. L’archipel est actuellement le cinquième producteur au monde, avec 9% de la production mondiale. La demande mondiale de nickel est  en constante augmentation. Le nickel est employé pour réaliser de nombreux alliages métalliques, certaines batteries et il est parfois utilisé en bijouterie. Cette exploitation minière est en grande partie assurée par des sites du sud de l’île de la Grande Terre, comme celui de Goro.  

La Nouvelle-Calédonie peut aussi s’enorgueillir d’une biodiversité exceptionnelle, avec de nombreux végétaux, reptiles, oiseaux, mammifères, poissons ou crustacés propres aux écosystèmes calédoniens, tels les emblématiques niaoulis ou cagous.  Le taux d’endémicité y est le plus élevé au monde. L’industrie minière est donc confrontée au défi d’un développement qui respecte et protège son environnement en le préservant au maximum des impacts néfastes de l’exploitation industrielle, aussi bien vis-à-vis des rejets atmosphériques, de la pollution des eaux douces et de mer, que des dégâts physiques imposés aux paysages.

Dans cette étude, nous nous sommes intéressés au nouveau projet minier de Koniambo, situé au nord-ouest de la Grande Terre, à 270 kilomètres de Nouméa, dont le démarrage est prévu pour 2012. Le budget total de ce projet est estimé à 2,2 milliards de dollars, et permettrait l’exploitation durant 25 ans du sol riche en nickel du massif du Koniambo. L’ampleur de ce complexe nécessite une optimisation de son intégration environnementale, que nous nous proposons d’étudier.


Figure 1: La Nouvelle-Calédonie, les ressources en nickel et le site de Koniambo
(Jean-Paul Ambrosi, Exemple des massifs miniers calédoniens et de leurs écosystèmes)



Afin de mieux cerner les objectifs de notre projet, voici une description sommaire du complexe de Koniambo. Il se compose de deux principaux sites distants de quelques kilomètres: la mine et l’usine métallurgique. 


Figure 2: Vue générale du complexe de Koniambo: la mine, son plan d'exploitation et l'usine métallurgique
(Chapitre 4 de l'étude d'impact environnementale et sociale)


En ce qui concerne la mine, il a été prévu un plan d’exploitation minière s’étendant sur 25 ans et couvrant 1000 ha du massif, ce sont les zones que l’on peut voir en orange sur la figure 2. Les ressources minérales issues de ces carrières à ciel ouvert représentent en tout 76,5 millions de tonnes sèches de minerai d’une teneur moyenne en nickel de 2,28%. Ce sont les horizons limonitiques et surtout saprolitiques qui contiennent les roches les plus concentrées en nickel (Figure 3). Ils ont été formés par l’altération des péridotites de la roche mère du fait du lessivage du sol consécutif aux fortes précipitations.


 Figure 3: Les différents horizons géologiques et leur teneur en nickel
(Trescases, 1969; Latham, 1976; SLN, 1995)

L'extraction minière sera réalisée par des méthodes traditionnelles d'exploitation à ciel ouvert avec des pelleteuses excavatrices. Le minerai extrait sera ensuite convoyé par camion jusqu'au centre de préparation du minerai, au coeur du massif. Sur place, le minerai sera enrichi en broyant les roches et en ne gardant que les matériaux de moins de 65 mm de diamètre, qui seront envoyés à l'usine pyrométallurgique de la péninsule de Vavouto. On prévoit ainsi d'y acheminer 61,5 millions de tonnes sèches de minerai à 2,48% durant les 25 ans de l'exploitation. Les matériaux de plus de 65 mm de diamètre sont stockés en stériles sur le site, en séparant les roches ayant une concentration inférieure à 1,2% de nickel de celles présentant une concentration supérieure, ces dernières  pouvant être traitées via un procédé hydrométallurgique.

Le minerai enrichi est ensuite amené sur le site industriel de Vavouto pour y être traité par un procédé pyrométallurgique, par fusion du minerai. La capacité de l'usine sera de 176000 tonnes de  FeNi (concentré à 35% en nickel) par an. La péninsule de Vavouto accueille également la centrale électrique qui fournira l'énergie nécessaire à l'ensemble du site, les installations de gestions des déchets, les installations de traitement des eaux usées et de ruissellement du centre, une base de vie et un port en eaux profondes pour permettre l'export du métal (Figure 4).


Figure 4: Carte des installations du site industriel de Vavouto (www.koniambonickel.nc)


Conscients du double impératif industriel et environnemental, notre objectif est de rendre ce complexe minier le plus propre possible. Pour ne pas nous disperser dans cette étude de l'intégration environnementale du site de Koniambo, nous avons choisi de nous focaliser sur les pollutions dominantes de cette industrie. Elles sont liées au cycle de l'eau et à la consommation de combustibles fossiles tout au long de la chaîne de production du ferronickel. Concernant les effluents, cela se traduit par une étude de la récupération et du traitement des eaux de ruissellement des carrières du massif du Koniambo, chargées en métaux dissous et en matières en suspension, ainsi qu'une analyse du recyclage des eaux de l'ensemble des procédés de la péninsule de Vavouto et de leur relargage dans l'océan. Quant à la préoccupation des émissions du site minier au niveau mondial, celle-ci s'exprime celle par la réalisation d'un "audit carboné", suivant la méthode du Bilan Carbone (édictée pas l'ADEME), sur l'ensemble du complexe de Koniambo. En préambule de ces travaux, vous trouverez également une expertise RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) du projet global. Toutes ces réalisations et leurs modélisations respectives sont détaillées dans les pages de ce bureau d'études industrielles.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !