Fiche 1 : "Contexte socio-économique"



La Mine de Koniambo, entre économie et environnement

La Nouvelle-Calédonie est un territoire d'outre-mer dont l'activité économique repose en grande partie sur l'activité minière. Il s'agit également d'un territoire fragile au niveau environnemental et dont les richesses sont à protéger. Ainsi, est-il possible de trouver un compromis entre le développement de projets miniers de grande envergure et la protection environnemental nécessaire à ce territoire?

L'industrie minière, une nécessité au développement économique

L'industrie minière en développement sur l'île concerne surtout le nickel. Trois grands groupes sont établis en Nouvelle-Calédonie et exploitent des sites miniers riches. Il s'agit des mines de Goro, Doniambo et Koniambo. C'est cette dernière qui nous intéresse pour notre étude.


Figure

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-Carte de la Nouvelle-Calédonie et ses projets miniers [1]

Les deux mines de Goro et de Doniambo sont actuellement en exploitation. Avec le projet de Koniambo, l'industrie minière néo-calédonienne représentera 9% de la production mondiale dans ce secteur et 90% des exportations de ce pays.[2] Les projets miniers permettront à terme d'augmenter le PIB du pays de 30%.[3] Ces chiffres illustrent l'importance de l'activité minière pour la Nouvelle-Calédonie.

En ce qui concerne le projet Koniambo, il est constitué de deux investisseurs principaux dont la société Falconbridge, partenaire industriel officiel du projet. Cette mine est la première qui verra le jour dans la partie Nord de l'île.(cf carte ci-dessus) Elle permettra ainsi de rééquilibrer l'activité économique entre le Nord et le Sud. En effet, Nouméa reste pour le moment le pôle économique principal de la Nouvelle-Calédonie.

Le massif de Koniambo représente une réserve de nickel qui permettrait au groupe Falconbridge de rester un des plus grands producteurs de nickel au monde. Cela représente un investissement de plusieurs milliers de millions de dollars.


Figure 2 -Caractéristiques du projet Koniambo [3]

Il s'agit d'une mine à ciel ouvert qui transformera du minerai à hauteur de 60000 tonnes/an [3] sur une durée de 50 ans, via une usine pyrométallurgique. Elle sera mise en exploitation dès la fin 2011.

Au vues de l'envergure du projet, il ne fait aucun doute que cette mine est une nécessité pour l'emploi et pour le développement sociale du Nord de l'île.

L'intégration environnementale, une nouvelle ère pour l'activité minière

L'exploitation du nickel étant assez intensive, elle suscite beaucoup de débat en ce qui concerne son incidence sur l'environnement et le paysage néocalédonien. Ainsi, l'étude de faisabilité du projet est accompagnée de différents projets complémentaires tels qu'un inventaire botanique pour les futurs programmes de revégétalisation, l’étude du milieu corallien, la modélisation du lagon, la formation et le perfectionnement des employés. A terme, c'est la réhabilitation du site minier qui est prévue. La différence avec les autres sites miniers, est que cette réhabilitation sera faîte au fur et à mesure de l'exploitation de la mine.

Les études d'impacts menées montrent qu'il est important qu'une complémentarité existe entre les acteurs économiques actuels (agriculture, aquaculture et tourisme) et les nouveaux projets miniers. Cela permettra de limiter les impacts au niveau environnemental et donc sur les secteurs économiques directement liés. Voir les principes directeurs sur http://www.syndex.fr/pdf/etudes_metaux_pdf/Nickel/Nickel%202010%20une%20nouvelle%20ere%20industriellevf.pdf

En signant la Charte de 1999 du collectif Koniambonickel, le projet Koniambo s'engage à se conformer aux conventions, aux politiques, aux lois et aux règlements applicables à la Nouvelle-Calédonie en terme de développement durable.

En ce qui concerne notre projet, nous voulons montrer qu'il est possible d'extraire un minerai de manière intensive tout en se préoccupant des problèmes d'environnement. Que ce soit en matière de récupération et traitement des eaux ou en effectuant un bilan carbone, il est possible de limiter les impacts.

Tout l'enjeu de notre projet peut se résumer ainsi,

"Vue du ciel, la Nouvelle-Calédonie, du Nord au Sud, laisse apercevoir ses cicatrices rougeâtres, causées par l’exploitation des mines à ciel ouvert, dont certaines à proximité du lagon vers lequel se concentrent ou risquent de se concentrer des résidus d’extraction. L’augmentation de la capacité de production et l’exacerbation actuelle de la demande en minerai nécessitent, tant au niveau des procédures d’exploitation, de traitement, de protection des milieux naturels, d’évaluation du risque et de réhabilitation de sites, que soient mises en place les modalités de développement durable de cette activité." [4]


 

Une terre riche mais un environnement à l’équilibre fragile

Les enjeux environnementaux liés à l’exploitation du nickel en Nouvelle Calédonie sont primordiaux et concernent de nombreux domaines comme la préservation des espèces, la protection de la ressource en eau et des espaces naturels. La Nouvelle Calédonie est comprise parmi les « points chauds » de la biodiversité les plus menacés au monde.  Les espèces végétales et animales de l’ile, dont une forte proportion est endémique, sont menacées par divers phénomènes liés à l’activité minière. Les routes fragmentent les populations et réduisent les habitats, l’érosion et la sédimentation terrigène menacent les récifs et le lagon, les émissions de CO2 contribuent à l’augmentation de la teneur en gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

La biodiversité et les paysages de la Nouvelle Calédonie sont ses richesses, au même titre que le nickel de ses montagnes. La nécessité de les protéger est aujourd’hui une évidence.

Toute l’ambivalence réside dans le fait que le milieu calédonien est riche mais fragile. A première vue, les activités minières sur l’ile semblent aller à l’encontre de la notion de développement durable puisque leur existence dépend d’une ressource finie.  C’est aux acteurs du projet de faire en sorte de limiter l’impact sur l’environnement et d’inscrire leurs décisions et leurs actions dans une perspective de développement durable.

Il s’agit de mettre en place une éco-gestion, i.e. un management éco-compatible, sur l’ensemble du cycle de vie de la mine. Cela comprend un « avant » avec un état des lieux initial et une étude d’impact, un « pendant » avec un « management environnemental minier » (gestion des eaux de surface, travaux environnementaux…) et un « après » avec une réhabilitation des sites à la fin de l’exploitation.

Les acteurs doivent mettre leur savoir et leur savoir-faire au service de l’éco-efficacité afin de concilier activités minières et respect de l’environnement.

Un peuple protecteur et fier de sa terre

Jusqu'à présent, la province du Nord de la Nouvelle Calédonie est restée globalement sous-exploitée. La région est peuplée par des kanaks, d'origine mélanésienne, qui souffrent de ce qu'ils considèrent comme un « vol » de leur richesse naturelle, et qui sont désireux de participer à la croissance économique de la Province Nord. Le massif de Koniambo s'étend entre les villages de Koné et de Voh. D'importantes parcelles de terre sont dédiées au bétail, et les fermiers de la région ne considèrent l'agriculture que comme un moyen de subsistance. L'usine de Koniambo est alors conçue comme l'unique réponse à la centralisation excessive de la Nouvelle-Calédonie autour de sa capitale Nouméa. Elle représente l'acte initiateur du rééquilibrage social entre le Nord et le Sud du pays. En créant quelques 3500 emplois, la mine fournira de nombreux débouchés à la main d'oeuvre locale. Un plan d'éducation et de formation est aussi prévu afin de mettre à disposition des ouvriers qualifiés supplémentaires. Pour le peuple kanak, il s'agit non seulement d'un moyen de développer son économie et d'éviter les exodes de jeunes vers Nouméa, mais également de se réapproprier une terre dont ils estiment avoir été spoliés par la colonisation.

Notre projet s'inscrit parfaitement dans le contexte social de la mine. L'intégration environnementale de l'exploitation permet la protection des ecosystèmes alentours et donc la pérennité de l'activité des populations avoisinantes. Par exemple le traitement des effluents miniers implique la diminution des quantités de polluants relargués en mer et la sauvegarde de le pêche dans le lagon. Un contexte plus global et international est également pris en compte dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre, celles-ci ayant une répercution sur les variations du climat mondial.

Le projet de la mine de Koniambo et son intégration environnementale permettent ainsi d'instaurer les prémices d'un rééquilibrage social entre le Nord et le Sud du pays, tout en préservant les activités et modes de vie des populations résidant dans cette partie de l'île.

 


Un cadre règlementaire de plus en plus en faveur de l’environnement

Le cadre règlementaire est fixé pour l’ensemble du projet de sa conception jusqu’à la gestion de « l’après-fermeture ». Il prévoit de nombreuses mesures de prévention, d’atténuation et de correction. On y retrouve des closes spécifiques qui montrent la prise en compte des caractéristiques particulières de la Nouvelle Calédonie.

Les paramètres règlementaires sont définis par la France, la Nouvelle Calédonie ou par la province Nord qui  se préoccupent de la protection de l’environnement. Elles s’attachent à traduire cette volonté de préserver la Grande Terre dans la législation. On peut citer, par exemple, le code minier qui donne accès à la ressource tout en fixant « les conditions de recherche et d’exploitation compatibles avec le respect de l’environnement, de la santé et de la sécurité ».

Les installations minières nécessitent l’approbation et la délivrance de permis dont notamment ceux stipulés par la règlementation s’appliquant aux ICPE. Ces permis sont majoritairement délivrés par la province Nord.

Lorsque rien n’est prévu, d’autres normes et critères issus des directives de l’Union Européenne, des normes et critères canadiens, des lignes directrices de la banque mondiale ou des principes de l’OMS, peuvent être pris en compte, s’ils sont applicables à la situation de la Nouvelle Calédonie.

Mais, encore aujourd’hui, de nombreux acteurs du secteur, principalement ceux concernés par l’aspect environnemental, s’accordent à dire que le cadre règlementaire pour l’activité minière en Nouvelle Calédonie est insuffisant.

Certains faits peuvent, en effet, paraitre incohérents dans une perspective de protection de l’environnement et de développement durable. En effet, l’article 9 de la charte sur l’environnement (constitution française) spécifie que « recherche et innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement » et d’un autre côté la Nouvelle Calédonie a été explicitement exclue du protocole de Kyoto. Ainsi, l’île ne bénéficie pas de certaines mesures telles que REACH.

Des actions sont menées afin d’améliorer cette situation règlementaire. Par exemple, une association a été créée afin d’inscrire le « cœur de Voh », site emblématique proche du massif du Koniambo, sur la liste des zones humides d’importance internationale de Ramsar (convention de Ramsar, Iran, 1971).

Ce cadre règlementaire est construit en faveur de l’environnement mais des évolutions seront encore nécessaires.

 

Koniambo: un enjeu stratégique pour la Nouvelle Calédonie

La nouvelle Calédonie est aujourd'hui classée au 5ème rang des producteurs mondiaux de nickel, et au regard du solde commercial nickel, on constate que la Nouvelle Calédonie avec l'Australie sont les premiers fournisseurs pour le marché asiatique, fortement demandeur.

Les investissements métallurgiques calédoniens s'inscrivent dans ce cadre stratégique et seront récompensés à l'horizon 2012 lorsque les capacités maximales de production seront atteintes (mise en service de Koniambo correspondant à une production égale à 10% de la production mondiale)

 

Évolution au cours des dernières années

Après 2004, le cours du Nickel a subi une forte augmentation de plus de 44%

                                  

           Évolution du cours du Nickel en Us$                                                                             Évolution du taux Us$

 

Cependant, malgré cette hausse continue, les capacités de production n'ont pas augmenté durant cette période, l'ouverture de nouvelles mines/usines ayant été jugée trop risquée. La continuelle hausse du cours du nickel relance donc le débat. La hausse du prix du nickel est également due selon certains analystes à la faiblesse du dollar. Cette crise économique a un autre intérêt pour la vente du nickel, dans le sens où si la monnaie chinoise venait à s'apprécier, les exportateurs de nickel vers la chine (Nouvelle Calédonie!) en tirerait grand profit(les chinois étant les 1ers importateurs mondiaux).

C'est pour ces raisons que la situation à l'horizon 2010 s'avère particulièrement profitable à la vente du nickel.

 

Horizon 2010

 

Ces différents projets de développement des capacités de production représentent une évolution de 20% de la production de Nickel s'ils voient tous le jour. C'est à dire en d'autres termes, que la production de Nickel serait assurée pour 5 ans de croissance de la consommation mondiale. Nous observons que le projet Koniambo occupe une place centrale avec une production prévue de 54 kt par an. Ajouté à cela le projet d'augmentation de la mine de Goro et de Doniambo, les projets calédoniens représentent environ 50% de l'augmentation mondiale de production de nickel, augmentations qui ne suffiront pourtant pas à satisfaire la demande.

L'intérêt particulier du projet Koniambo est sa haute technicité : une modernisation du procédé pyrométallurgique classique qui augmente les capacités industrielles et donc financières.

Ce projet sera mené conjointement par SMSP et Falconbridge(canada)

 

Le Nickel en Nouvelle Calédonie face aux multinationales

En nouvelle Calédonie, l'histoire économique actuelle est faite des investissements de grands groupes mondiaux dans le but naturellement de développer le territoire. L'industriel canadien Falconbridge fait partie des 4 grands investisseurs présents en Nouvelle Calédonie.

                                                             

Les ressources minières du site de Koniambo sont telles qu'elles assurent à l'exploitant sa position au sein des leaders producteurs de Nickel et en cela Koniambo constitue l'unique projet d'investissement du groupe.

La Nouvelle Calédonie et donc le projet Koniambo s'inscrivent durablement en tant qu'acteurs principaux dans la production du Nickel.

source : Cabinet Syndex et Koniambo Nickel SAS