Enjeux du projet d'étude environnementale

Les enjeux du bilan carbone

Bilan carbone étant une appellation certifiée, notre travail aura le nom d'inventaire de gaz à effet de serre, mais le fond est le même. Le but d'un bilan carbone est de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre d'une organisation. Son utilité est de réaliser un diagnostic « effet de serre » de son activité. Il n'a aucun intérêt de comparaison entre deux entreprises, quand bien même elles auraient la même activité. On pourrait alors se demander s'il existe bien un intérêt. Celui-ci existe et est simplement de pouvoir hiérarchiser les postes d'émissions au sein de son activité pour prioriser les actions de réduction. Cette méthode développée par l'ADEME reste pourtant controversée dans le sens où c'est l'entreprise qui fournit les données qui serviront à établir le bilan. Certains sceptiques diront alors qu'il est facile de réduire le chiffre final, mais gardant dans l'esprit qu'il n'existe aucune légitimité comparative, ce point souvent soulevé n'est plus bien dérangeant.

Persiste le problème de la solution miracle aussi souvent évoqué. Le principe du bilan carbone est de prendre en compte absolument toutes les étapes d'une activité : de l'import des matières premières au recyclage des déchets, en passant par la construction des infrastructures et les trajets quotidiens des salariés, sans oublier l'utilisation en aval du produit fini ou encore bien d'autres postes d'émissions (voir "méthode"). Le but premier étant de réduire ses impacts, on peut également songer à compenser ses émissions : par exemple à opérer une reforestation en contrepartie de la construction d'une usine. Là où l’on veut en venir : effectuer ce bilan carbone en songeant à des possibilités de compensation ne nous autoriserait donc pas à nous éloigner du but premier qui est de réduire nos émissions globales ?

 

 En d'autres termes, le principe serait d'effacer ses émissions en créant un puits d'absorption. Là est le véritable danger de l'opération. Et la question vient vite: compenser est-il finalement pire que de ne rien faire? Comme l'avait pensé Jean Marc Jancovici (« père »du Bilan Carbone). Le danger est d’oublier qu’il faut réduire, supprimer, solutionner, et non déplacer, compenser. Mais il est aisé de tomber dans le piège, et le bilan carbone n’étant qu’un chiffre, il est facile pour qui veut de se laisser leurrer et aux sceptiques de le prouver.