Enjeux du projet de traitement des eaux de ruissellement

      Diminuer les impacts sur l’environnement : cas des eaux de ruissellement

L’activité minière détruit la couverture végétale, bouleverse complètement la géologie du sol en excavant des millions de tonnes de roches, et cela influe sur les écosystèmes aquatiques. En effet, les terres mises à nues subissent les intempéries et sont plus sujettes à l’érosion. Les eaux de ruissèlement sont donc très chargées en sédiments et matières en suspension, ce qui perturbe la vie dans les écosystèmes (augmentation de la turbidité, diminution de la luminosité, de la disponibilité en oxygène). Les métaux peuvent également être dissous dans l’eau ce qui augmente leur mobilité ainsi que leur biodisponibilité dans l’environnement. Sur le massif du Koniambo, on retrouve ainsi principalement du chrome hexavalent et du nickel dissous dans les eaux de ruissellement.

 

     Toxicité du nickel et du chrome, impact sur l’environnement

Le nickel est naturellement très présent dans les eaux douces et les sols du massif du Koniambo. Du fait de l’adaptation des espèces locales à de fortes teneurs de nickel, de l’absence d’augmentation de sa concentration prévues dans les cours d’eau (Golder et al.), de sa faible solubilité et de sa faible toxicité, son traitement n’est pas nécessaire.

Le chrome est présent sous forme de métal élémentaire, trivalente Cr(III) et hexavalente Cr(VI) selon son état d’oxydation. La biodisponibilité ainsi que les effets observés sur l’environnement sont très variés selon la forme considérée. En effet, le chrome en tant que métal élémentaire est stable et non toxique. Le Cr(III) est très peu soluble et s’accumule dans les sédiments. Ainsi, il est peu bio-disponible dans l’environnement. Le Cr (III) est même indispensable à la vie humaine puisqu’il intervient dans l’utilisation de l’énergie des graisses et des sucres. En revanche, le Cr(VI) demande une attention particulière car il est soluble dans l’eau et est donc beaucoup plus mobile et bio-disponible pour les êtres vivants. Sa forte toxicité avérée pour les êtres vivants et l’homme (irritation des muqueuses, lésions au foie et au rein, cancer des voies respiratoires et digestives). (http://ec.europa.research/success/fr/env/0165f.html, consulté le 01/03/2010)

 

      Dépassement des limites de rejet

Selon la publication de Golder & al ; 2005 (citée dans le dossier d’étude d’impact), les concentrations en Cr (VI) dissous dans les eaux en aval du site minier sont de l’ordre de 0,5 mg/L tandis que les limites de rejets sont fixées à 0,1 mg/L. Les valeurs de rejet sont cinq fois supérieures à la norme d’où la nécessité de les traiter. De plus, étant donné les concentrations naturelles déjà élevées et pour montrer la volonté de réduire les risques au maximum, on considérera une norme 0,05 mg/L.

 

      Eco-efficacité des installations et intégration sociale du projet

Les solutions qui seront proposées pour répondre au problème des rejets de Cr(VI) dans l’environnement devront faire l’objet d’une estimation du coût. L’efficacité des installations devra également être objectivement appréciée, ceci afin mettre en balance le coût économique de l’installation avec les bénéfices écologiques qu’elle apporte.

Enfin, il faut souligner le rôle important de la mise en place de telles installations de traitement dans l’acceptation du projet global de la mine par les communautés locales : de telles initiatives démontrent que l’entreprise se fait un devoir d’exploiter de manière responsable les ressources minières du massif en affectant au minimum son environnement.