Périmètre 3

L'approche globale permise par le troisième périmètre inclut :

Le périmètre 2

Le traitement des déchets

L'utilisation du produit

La fabrication des matériaux entrants

Les immobilisations

Le transport entrant de salariés et de fret

 

Traitement des déchets :

Comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre engendrées par l'activité de traitement des déchets suppose dans un premier temps d'effectuer un tri par rapport à la manière dont sont traités les déchets. Pour le site de Koniambo, différents procédés sont utilisés:

    • décharge hors site

    • décharge sur site

    • incinération

    • recyclage et récupération

    • Epandage

    • Exportation

Les facteurs d'émissions varient également selon le type de déchets :

    • déchets inertes : matériaux non organiques (métaux, minéraux)

    • déchets non fermentiscibles mais combustibles (plastiques)

    • déchets fermentiscibles et combustibles (alimentaire, papier, carton)

    • déchets industriels spéciaux (dangereux)

De plus, il faut également prendre en compte les politiques de valorisation, etc..

Selon ces critères, les facteurs d'émissions sont répertoriés de la page 158 à 168 du guide des facteurs d'émissions de l'ADEME.

Il est à noter que les calculs ont été effectués dans tous les cas d'après l'hypothèse suivante :


"Quel que soit le mode de traitement, nous avons supposé qu'une tonne de déchets engendrait 80 tonnes par km de transport en camion-poubelle, de 20 tonnes de PTAC environ, et rempli à moitié en moyenne sur l'ensemble du parcours (il part vide et finit plein), ce qui correspond à 4 kg équivalent carbone." 


Grâce à l'étude d'impact, il nous a été possible d'obtenir les tonnages de déchets engendrés ainsi que leur destination. Cependant, un certain nombre de données restent manquantes. Nous n'avons pu trouver aucun facteur d'émission concernant l'incinération des huiles par exemple. Ces manques sont cependant répertoriés dans le tableur dans un souci d'obtention d'une vision globale du projet malgré ses lacunes.

Finalement, avec les données dont nous disposons, nous avons pu obtenir le résultat suivant :

 

Utilisation du produit

L'utilisation du nickel après sa fabrication sur le site peut engendrer des émissions, c'est pourquoi il est nécessaire d'en tenir compte dans notre inventaire global.

Le nickel est utilisé dans différents secteurs de l'industrie, mais son application principale se trouve dans la production des aciers inoxydables. Ce débouché est passé de 30 à 70 % de la consommation mondiale du nickel en trente ans.

Les différentes utilisations du nickel sont les suivantes :

  • aciers inoxydables : 69 %

  • alliages au nickel : 9 %

  • métallurgie ferreuse : 7 %

  • galvanoplastie : 8 %

  • monnaie : 2 %

  • batteries : 3 %

  • autres : 2 %

(données 2005, Le Nickel, www.ieom.fr)

Du fait de l'existence d'une grande diversité d'alliages au nickel et de la difficulté d'obtenir des données concernant les procédés et la fabrication d'alliages, de monnaie, de batteries etc..., nous avons décidé de seulement prendre en compte la consommation de nickel dans la production des aciers inoxydables. Notre hypothèse principale dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre liées à l'utilisation du nickel est donc que 100 % du ferronickel fabriqué sur le site servira à fabriquer exclusivement des aciers inoxydables.

Ce ferronickel peut soit être utilisé directement dans les fours des fabricants d'aciers inoxydables en y ajoutant du chrome et du fer, soit subir un affinage dans des convertisseurs Bessemer (conversion de grande quantité de fonte en acier) afin d'obtenir un ferronickel plus pur. Toutefois, pour des raisons de simplicité, nous avons supposé que le ferronickel issu de l'usine métallurgique de Koniambo ne subissait aucune modification avant son utilisation dans des fours de production d'inox.

Ces aciers ont généralement une teneur en nickel autour de 10 %. En sachant que dans les 176 000 tonnes de ferronickel produites par an sont contenues 60 000 tonnes de nickel, la quantité d'aciers inoxydables à 10% de nickel fabriquée avec le ferronickel du site est de 600 000 tonnes par an.

Le facteur d'émission associé à la production d'acier est disponible à la page 117 du Guide des Facteurs d'Emissions de l'ADEME et est de 585 kg équivalent carbone par tonne d'acier produit. Cette valeur correspond à une production d'acier avec un taux de recyclé de 50 % (matières premières constituées de 50 % de ferrailles et de 50 % de minerai de fer), ce qui est le cas pour la production française.

En multipliant le poste d'émission par ce facteur d'émission, on obtient les émissions globales liées à l'utilisation du Nickel après sa vente : 3,51.108 kg équivalent carbone.

Résumé Utilisation du produit :

 


 


Fabrication des matériaux entrants

Le calcul des émissions liées à la fabrication des matériaux entrants fait partie du 3ème périmètre d'étude. Sont comptabilisés dans cette partie tous les flux de matière ou de services entrants sur le site pour y être consommés ou bien intégrés dans la production.

Dans le cas du site minier de Koniambo, les principaux matériaux entrants dont nous tiendrons compte sont les suivants : le gazole, le charbon, les divers produits chimiques utilisés et l'alimentation (réfectoire).


Remarque : Les services tertiaires consommés par la mine (télécommunication, maintenance, entretien, nettoyage, publicité...) doivent normalement être pris en compte, car leur élaboration engendre des émissions de GES. Toutefois, nous n'avons trouvé aucune donnée les concernant, donc nous n'avons pas traité cette partie.



Gazole :

Pour la production du gazole apporté sur site, il est nécessaire de comptabiliser les émissions amont de ce combustible liquide. Les émissions amont comprennent l'extraction du pétrole brut, son transport (par bateau ou pipe-line) et le raffinage. Le facteur d'émission avec amont du gazole que nous avons utilisé se trouve dans le Guide des Facteurs d'Emissions pour les DOM, la Corse et la Nouvelle-Calédonie (p 14). En effet, la Nouvelle-Calédonie importe les combustibles liquides (excepté le GPL) qu'elle consomme majoritairement depuis Singapour. En fonction de la distance parcourue, les facteurs d'émissions avec amont ont été adaptés.

Sachant que l'ensemble du site minier de Koniambo a une consommation de 41 910 100 litres de gazole par an et que le facteur d'émission avec amont vaut 0,8 kg équivalent carbone par litre, les émissions globales liées à la production du gazole sont de 3,35.107 kg équivalent carbone.

 


Charbon :

Les émissions amont du charbon concernent le transport amont, les fuites de méthane éventuelles lors de l'extraction et les émissions liées à l'énergie consommée pour l'extraction. Dans le guide de l'ADEME, les facteurs d'émissions étant jugés similaires à ceux de la métropole, la valeur qui nous intéresse se trouve en page 25 du Guide : 728 kg équivalent carbone par tonne de charbon. Cette valeur est globale, c'est-à-dire qu'elle comprend les émissions amont et les émissions liées à la combustion du carbone. Or, dans les périmètres 1 et 2, lors de l'inventaire des émissions de la centrale et de l'usine, les émissions liées à la combustion ont déjà été comptabilisées. Afin de ne pas compter deux fois la même quantité, nous avons effectué une soustraction pour obtenir les émissions amont exclusivement.

Entre l'usine métallurgique et la centrale électrique, la consommation totale de charbon du site est de 944 000 tonnes par an. Après multiplication du poste d'émission et du facteur d'émission et soustraction (cf paragraphe précédent), les émissions globales liées à la production de charbon s'élèvent à 5,10.107 kg équivalent carbone.


 

Produits chimiques & matériaux :

Les produits chimiques et les matériaux dont nous avons pu tenir compte sont les suivants : le calcaire (ajouté au lit de combustion des chaudières), l'acide sulfurique H2SO4, la soude NaOH, les amines.

Remarques :

  • Des phosphates utilisés à la centrale électrique en tant qu'inhibiteur/contrôle de la corrosion dans la tour de refroidissement et purge pour les eaux de chaudières et d'alimentation et dont nous connaissions le dosage n'ont pu être pris en compte en raison d'un manque de données.

  • Pour tous les produits chimiques étudiés (et donc ne concerne pas le calcaire), suite à un manque de données, seules les émissions dans l'air dues à leur production seront comptées et non le transport et l'énergie engendrés.

  • Pour les produits chimiques, ne disposant d'aucun facteur de l'ADEME, nous avons pu avoir accès à des valeurs de la base de données d'EcoInvent concernant l'analyse de cycle de vie des produits chimiques.

Calcaire :

Le calcaire est utilisé à raison de 23 600 tonnes par an dans la centrale électrique. Nous avons ici considéré le calcaire comme une pierre de carrière, tel que présenté dans le paragraphe 5.6 « Matériaux de construction » du Guide des FE. Les consommations énergétiques liées à l'extraction des faibles étant faibles, nous avons retenu la valeur de 3 kg équivalent carbone par tonne de calcaire hors transport. 

Ainsi, les émissions globales liées à l'extraction de calcaire valent 7,08.104 kg équivalent carbone.

 

Acide sulfurique :

L'acide sulfurique à 93 % est utilisé à raison de 0,6 tonne par jour, soit 219 tonnes par an en tant que déminéraliseur et polisseur. D'après les données que nous avions et par souci de simplification, nous avons du émettre l'hypothèse selon laquelle l'acide sulfurique était à 100 %. La production de H2SO4 à 100% engendre dans l'air des émissions de NOx en tant de NO2 valant 7,50.10-4 kg de NO2 pour 1 kg d'acide sulfurique produit. Le facteur d'émission associé (p 52 du Guide des FE) est de 10,9 kg équivalent carbone par kg de gaz.

Les émissions globales liées aux rejets atmosphériques de la production d'acide sulfurique sont de 1,79.103 kg équivalent carbone.

 

Soude :

La soude à 50 % est utilisée à raison de 0,6 tonne par jour, soit 219 tonnes par an en tant que déminéraliseur et polisseur.
Il existe trois techniques de production de la soude : l'électrolyse à mercure, l'électrolyse à diaphragme et l'électrolyse à membrane. Quelle que soit la méthode utilisée pour produire la soude qui sera consommée sur le site de Koniambo, les émissions de dioxyde de carbone dans l'air valent 52,3 kg par kg de dichlore produit. D'après la réaction chimique qui a lieu lors de l'électrolyse, il se forme deux fois plus de soude que de dichlore en terme de nombre de moles :
 

 


2 Na+ (aq) + 2 Cl- (aq) + 2 H2O → 2 Na+ (aq) + 2 OH- + Cl2 + H2


Par un calcul de quantité et de masse molaires, on obtient aisément que pour 1 kg de soude produite, 0,875 kg de dichlore sont également produits. Ensuite, par proportionnalité, on trouve que pour 0,875 kg de dichlore, soit pour 1 kg de NaOH à 50 %, les émissions de CO2 seront égales à 45,8 kg.

Le facteur d'émission associé (p 52 du Guide des FE) est de 0,273 kg équivalent carbone par kg de CO2. Les émissions globales liées aux rejets atmosphériques de la production de soude sont donc de 2,74.106 kg équivalent carbone.

 

Amines :

Les amines utilisées en tant que purge pour les eaux de chaudières et d'alimentation ont un dosage de 0,5 L/h, soit 4 380 litres par an. Le type d'amines utilisées n'est cependant pas précisé dans l'étude d'impact environnemental et social du projet Koniambo. Toutefois, les lavages des eaux de chaudières de centrale électrique étant effectués avec des polyamines, nous avons considéré l'éthylènediamine (données disponibles).

La production d'un kilogramme d'éthylènediamine engendre des émissions atmosphériques de dioxyde de carbone de l'ordre de 6,66.10-2 kg. Sachant que la masse volumique de cette molécule est 0,899 kg/L et que le facteur d'émissions associé est le même que précédemment, les émissions globales liées aux rejets atmosphériques de la production d'éthylènediamine sont donc de 7,16.101 kg équivalent carbone.


 

Résumé Produits Chimiques :


 

Les émissions globales liées à la production des produits chimiques et du calcaire entrants sont de 2,81.106 kg équivalent carbone.


Alimentation :

La présence d'un réfectoire au sein de la base-vie implique la prise en compte de la nourriture entrant dans la préparation des repas des employés du site. Grâce à des données trouvées dans le livre Alimentation théorique de H. Roudaut et E. Lefrancq, nous avons pu estimer certaines de ces quantités. Il est à noter que les données sont par année et par personne. Sachant que les employés prennent 1 seul repas par jour sur le site, il faudra diviser ces valeurs par 2 et les multiplier par le nombre d'employés, à savoir 1000.

Les facteurs d'émissions concernant l'alimentation sont obtenus dans le Guide des Facteurs d'Emissions de l'ADEME à partir de la page 142.


Résumé Alimentation :

 

Les émissions globales liées aux différentes filières d'alimentation sont de 7,55.104 kg équivalent carbone.


Remarque : Il est évident que ce résultat nous donne seulement un ordre de grandeur, étant donné qu'il manque un certain nombre de données (comme les fruits et légumes par exemple dont nous n'avions pas de facteur d'émission) et que celles à notre disposition concernent la métropole.

 


Autres :

Nous avons également pensé à prendre en compte divers autres matériaux entrants sur le site tels que les fournitures de bureaux (cartouches d'encre, stylos, …), les réactifs de l'unité d'affinage du procédé (ferrosilicium, silicocalcium, chaux, spathfluor...) ainsi que d'autres produits chimiques utilisés à la centrale électrique. Toutefois, nous n'avons trouvé aucun ordre de grandeur ni de dosage pour les autres produits nous aidant à prendre en compte ces émissions. Cela ne nous a pas semblé trop incohérent de ne pas les comptabiliser : en effet, les émissions engendrées resteraient négligeables devant les principaux postes d'émissions du site (usine et centrale électrique).

Récapitulatif Fabrication des matériaux entrants : 

 


 

Immobilisations

Le secteur des immobilisations regroupe tous les investissements dans des biens durables dont la fabrication engendre des émissions de gaz à effet de serre. Seront comptabilisés, entre autres, les bâtiments, routes, véhicules, matériels informatiques et machines de production nécessaires au fonctionnement du site. Les quantités de gaz à effet de serre engendrées par la confection de ces structures seront ramenées à une émission annuelle en procédant à un amortissement sur toute la durée de l'exploitation (30 ans).

Le principal problème qui nous est posé pour l'étude des immobilisations réside dans le manque d'informations possédées. En effet, lorsqu'on réalise un inventaire des émissions de gaz à effet de serre, c'est en général ce domaine qui requiert le plus la participation de l'entité considérée. La plupart des données nécessaires, comme l'inventaire des engins utilisés, le détail du mobilier possédé ou encore les matériaux choisis pour la construction ne sont pas mises à disposition du grand public, et sont décrites dans des documents internes à l'entreprise. Ainsi, la valeur finale des émissions induites par les immobilisations sera notablement inférieure à la valeur réelle. Pour comptabiliser ces émissions, nous avons procédé par secteur de l'exploitation.

 

Port

L'étude d'impact du projet Koniambo nous fournit plusieurs cartes des différentes zones du site. A défaut de disposer d'informations précises sur les installations, c'est ce genre de document qui nous a permis d'extraire la plupart des renseignements souhaités. Dans le cas du port, le chapitre 7 de l'étude d'impact est celui dont nous nous sommes servi. Voici la carte de la zone portuaire :

Bâtiments

Les bâtiments administratifs du quai représentent 102m² d'emprise au sol. Selon le chapitre 9.1.1 du guide des facteurs d'émissions édité par l'Ademe (page 175), voici le détail des émissions induites par la construction des bâtiments, en kg d'équivalent carbone par m², suivant le type de bâtiment et le matériau utilisé.

 


Type de bâtiment

Construction métallique (kg équivalent carbone par m²)

Construction béton (kg équivalent carbone par m²)

Logements

40

119

Bâtiments agricoles

60

179

Bâtiments industriels

75

225

Garages

60

179

Commerces

50

150

Bureaux

43

128

Enseignement

40

120

Santé

40

120

Loisirs

46

138

En supposant que les bâtiments considérés sont majoritairement des bureaux en métal (ceci est envisagé d'après certaines photos du site déjà en construction présentant des édifices préfabriqués en métal), l'émission provoquée par leur construction s'élève à 43*102=4386 kg d'équivalent carbone.

Une unité de dessalement est également prévue dans cette zone. D'après la carte présentée ci-dessus, et en estimant l'échelle utilisée (car celle fournie sur l'image n'est pas exploitable), ce bâtiment a pour dimension 2685,88 m². De la même façon que précédemment, cette fois-ci en admettant que la bâtisse entre dans la catégorie des bâtiments industriels en métal, les émissions correspondent à 201441,19 kg d'équivalent carbone.

 

Bassins de contrôle

Deux bassins de contrôle des eaux usées sont aussi envisagés (en bleu sur le schéma). On fait tout d'abord l'hypothèse qu'ils sont confectionnés en béton, dont le facteur d'émission est détaillé au chapitre 5.6.1 du document déjà évoqué auparavant (page 128). Celui-ci s'élève à 235 kg d'équivalent carbone par tonne de matériau. Puis on suppose que les bords du bassin sont larges de 30 cm (cf photo). Cela nous donne une estimation du volume de béton utilisé et donc de sa masse (la masse volumique du béton étant égale à 2,5 tonnes/m3). Les émissions s'élèvent alors à 301801,36 kg d'équivalent carbone.

 

Cuves de stockage

Deux grandes cuves en acier de 9 millions de litres chacune seront installées. Ce matériau a pour facteur d'émission 0,64 kg d'équivalent carbone par kg d'acier. Les mesures effectuées sur la carte du site, l'hypothèse d'une épaisseur de cuve de 10 cm et la masse volumique de l'acier (7,85 tonnes/m3) fournissent un ordre de grandeur des quantités de gaz à effet de serre émises lors de la construction : 1267897,23 kg d'équivalent carbone.

 

Émissaire de rejet en mer

Les eaux usées du site sont rejetées après traitement dans l'océan. Une conduite de 6,8 km de long et de 90 cm de diamètre en polyéthylène haute densité sera construite à cet effet. Le facteur d'émission de ce matériau est 496 kg d'équivalent carbone par tonne (chapitre 5.4.1.3 page 123) et sa masse volumique est 0,965 tonnes/m3. De plus, on considère que la conduite a une épaisseur de 1 cm. Sa construction émet alors 90957,3 kg d'équivalent carbone.

 

Aire de stockage des matériaux en vrac

Le charbon, le calcaire, et l'anthracite nécessaires au fonctionnement de l'usine et de la centrale sont stockés sur une aire spéciale. Aucune information n'est disponible sur cette zone, ainsi nous considérerons qu'il s'agit d'une aire revêtue de bitume (facteur d'émission de 15 kg/m² d'après le chapitre 9.2.2.2 page 180), pour permettre de limiter les infiltrations des eaux de pluies. Toujours d'après la carte du port, on estime sa surface totale à 53717,64 m², et donc les émissions à 807564,75 kg d'équivalent carbone.

 

Site de Vavouto

Cette zone est la partie la plus aménagée du site. Les bâtiments industriels sont nombreux, le manque d'information est donc considérable. Les données qui nous font le plus défaut sont celles concernant les machines utilisées. Certains renseignements sont disponibles au sujet du process par exemple, mais ils sont trop infimes pour permettre d'évaluer les émissions engendrées. La méthode de l'Ademe préconise de prendre un facteur d'émission identique pour chaque machine de production, égal à 1,5 fois le poids du dispositif. Ainsi si vous connaissez uniquement le poids des machines vous serez capable de mener à bien vos calculs.

Une nouvelle fois c'est la carte du site qui nous permettra d'obtenir certaines informations. Celle-ci est disponible dans le chapitre 6 de l'étude d'impact.

 

Bâtiments

L'aire approximative de la totalité des bâtiments s'élève à 65408 m². Ce résultat est le fruit d'un travail minutieux de mesure des dimensions des constructions. Si on suppose une nouvelle fois que ces édifices industriels sont métalliques, et à l'aide du tableau 1, les émissions induites totalisent 4905600 kg d'équivalent carbone.

 

Bassins de contrôle

Tout comme dans le cas de la zone portuaire, deux bassins de contrôle des eaux usées sont prévus. Ceux-ci représentent 615,79 tonnes de béton, donc 144711,1 kg d'équivalent carbone. Une nouvelle fois, nous avons fait l'hypothèse que leurs bords étaient épais de 30 cm.

 

Site industriel de la mine et base-vie

Aucune carte n'est disponible concernant cette partie de l'exploitation. Cependant un tableau recense les constructions que l'on y trouve. Celui-ci est décrit au chapitre 5 de l'étude d'impact. Les données ne permettent toujours pas de savoir quels sont les matériels utilisés (comme les matériels informatiques par exemple) mais les bâtiments sont présentés avec précision.

L'atelier de maintenance de l'équipement lourd et l'aire de changement des pneus sont supposés entrer dans la catégorie « bâtiments industriels ». Leur facteur d'émission est donc 75 kg/m² (voir tableau 1). Le magasin, la zone d'entreposage et les postes de ravitaillements sont des « garages », de facteur d'émission 60 kg/m². Les bureaux de l'atelier de maintenance et le centre administratif sont des « bureaux », de facteur d'émission 43 kg/m². Enfin les vestiaires, l'infirmerie et le poste de sécurité font partie du type « santé », de facteur d'émission 40 kg/m². Les émissions totales s'élèvent alors à 164196 kg d'équivalent carbone.

 

Routes, convoyeur principal de minerai et canalisations

Convoyeur

Le convoyeur principal de minerai permet de transporter les matériaux entrants depuis le quai principal du port, où ils sont livrés, jusqu'à l'aire de stockage des matériaux en vrac, puis jusqu'au site de Vavouto. Il s'agit sûrement d'un convoyeur à bande de grande dimension, capable de supporter de fortes charges. Le site internet suivant (site) permet d'envisager qu'il s'agit d'un dispositif pesant environ 100 kg/m. L'étude d'impact, et notamment le chapitre 5, nous fournit l'information qu'il mesure 11,4 km de long. Le guide de l'Ademe préconisant des émissions égales à 1,5 fois le poids de la machine, la construction du convoyeur principal de minerai implique une émission de 1140000 kg d'équivalent carbone.

 

Routes

Le chapitre 9.2.2 du guide des facteurs d'émission de l'Ademe est consacré aux routes et aux parkings. Le tableau suivant permet de déterminer les facteurs d'émissions qui nous conviennent.

 


Type de voie

Béton armé (kg équivalent carbone par m²)

Semi-rigide (kg équivalent carbone par m²)

Bitume (kg équivalent carbone par m²)

TC1

85

40

15

TC2

87

45

20

TC3

92

45

25

TC4

100

54

28

TC5

105

57

32

TC6

115

60

37

TC7

125

65

40

Ne connaissant pas la structure des routes utilisée à Koniambo , nous ferons l'hypothèse que le semi-rigide a été celle retenue. Le type de voie dépend du trafic journalier de poids lourds et de véhicules particuliers. Nous supposerons que les routes sont de catégorie TC1, c'est à dire celle des routes les moins fréquentées (moins de 25 poids lourds et 380 véhicules particuliers par jour). Le facteur d'émission est donc 40 kg d'équivalent carbone par m². Enfin, on admettra que les voies font 3 mètres de largeur.

Une route d'accès au site de Vavouto de 11,8 km sera construite. Cette valeur est donnée une nouvelle fois par l'étude d'impact. Les longueurs des routes du site de Vavouto lui-même et du port ont été mesurées sur les mêmes cartes que précédemment. Finalement les émissions engendrées par leur construction totalisent 2130962,4 kg d'équivalent carbone.

 

Canalisations

Les eaux usées sont transportées vers les bassins de contrôle via des tuyaux de taille et de longueur variées, construits en béton armé. Ces valeurs nous ont été confiées par le groupe chargé de réaliser le dimensionnement du réseau de collecte des eaux pluviales. Elles sont répertoriées dans le tableau suivant


diamètre longueur diamètre longueur
1000 100 1000 1058
1000 167 1000 1558
1000 233 2500 33
2000 167 700 30
1000 53 700 30
1000 53 700 30
1000 53 700 30
1000 53 1000 30
1000 1706 700 30
1000 1324 1500 30

Le facteur d'émission utilisé est le même que dans le cas des bassins de contrôle : 235 kg/tonne de béton. Les émissions s'élèvent alors à 563903,65 kg d'équivalent carbone.

 

Transports des salariés jusqu'au site :

Concernant le transport des salariés de leur domicile au site de Koniambo, il faut d'abord mettre en place le contexte. Les salariés se déplacent par leurs propres moyens de leur domicile à un parking situé en amont de la mine. De ce parking, ils empruntent une navette, dont les émissions sont comptabilisées dans la partie "transport routier sur site".

Le site compte 997 salariés. Nous avons choisi de prendre une moyenne d'un véhicule particulier pour 3 salariés. Il faut alors définir les types de véhicules utilisés. Pour cela, nous trouvons, page 46 du Guide des facteurs d'émissions Dom-Corse-Nouvelle Calédonie, la répartition par chevaux fiscaux du parc automobile calédonien, puis aux mêmes pages que précédemment, les facteurs d'émissions en fonction des chevaux fiscaux et du type de parcours que nous définissons cette fois "mixte".

Nous obtenons alors les émissions suivantes, en ayant pris en compte l'amortissement du à la fabrication et l'importation des véhicules :