Intervenants




 

« Les énergies renouvelables marines, une filière en émergence »

 





 

 

          A l’occasion de cette conférence, M. Lafosse, et M. Cougoul, respectivement Directeur Général et Directeur de Développement du bureau d'études "Energie de la Lune" (Bordeaux) nous ont présenté les différentes énergies marines, et plus particulièrement le potentiel et le contexte français d'exploitation de ces énergies nouvelles.

          "Energie de la Lune" est une société d’ingénierie, d’installation et de développement des parcs hydroliens. Ils participent à la stratégie nationale de la loi 1 du Grenelle de l’Environnement, à savoir l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans l’électricité produite s’élevant à 23% d’ici 2020. Ils gèrent dans son intégralité la conception et la mise en place des parcs hydroliens, fournissant ainsi un seul interlocuteur au client et ce par différentes étapes:

  • Assister les installations de parc pour la production d'énergie marine.
  • Expertise de projet vis-à-vis des impacts environnementaux.
  • Construire des parcs hydroliens « clé en main ».
  • Assistance à la maintenance de parc actuel.

 

 

I. L'énergie de la Lune



 

          Qu’est-ce qu’est l’énergie de la lune ? Il s’agit de l’énergie fournit par la mer et les océans, avec un potentiel de 120 000 TWh/an. Cette énergie peut être exploitée de différentes manières : 

I.1. L’énergie marémotrice

 

L’usine de la Rance représentée ci-contre utilise cette énergie. C'est le premier exemple mondial dans son genre avec sa production de 540 GWh/an. Il s’agit à ce jour de la meilleure usine marémotrice au monde, bientôt détrônée par la centrale Sihwa d'Ansan, en Corée du Sud. Cette dernière aura une production installée de 254 MW, contre 240MW pour l’usine de la Rance (pour 24 turbines).

(source : edf.com)

 

 

I.2. L’énergie houlomotrice

 

(source : energiedelamer.blogspot.com)

Elle peut être exploitée de différentes manières. Les bouées OPT (à gauche) sont un système flottant semi-immergé. Testées dans le Nord de l’Espagne, ces bouées de 5m de diamètre ont une puissance installée 40MW. Une autre forme de bouée est celle utilisée par les bouées Searev (à droite).

Pour ce qui est de leur fonctionnement, les vagues, sous forme d’un train d’onde, actionnent le piston quelque soit la direction de la houle, ce qui est un sérieux avantage par rapport au Pelamis. Le transfert de l’énergie se fait ensuite à l’aide d’un fluide jusqu’à une turbine Pelton sur la terre ferme, ce qui pose des problèmes de canalisation du site en mer. En effet, le fluide utilisé ne peut être rejeté en l’état dans la mer. 

(source : meretmarine.com)

 

(source : logicalscience.com)

Une autre méthode pour récupérer l’énergie des vagues est de capter le déferlement de la vague. La vague déferle dans un compartiment, faisant varier le volume disponible pour l’air qui s’échappe alors à travers des turbines. Cette méthode, basée sur le captage de l’énergie potentielle d’une colonne d’eau transférée aux particules de l’air est déjà utilisée dans les projets Mutriku en Espagne (projet basque entièrement financé sur des subventions, il consiste en la protection d'un port avec captage du déferlement des vagues) et Limpet (Écosse) (qui pose le problème de la superposition des vagues, car la période des vagues a été mal prise en compte). Ce dernier projet est mené par l’entreprise : VOITH HYDRO. 

 

 

I.3. L'énergie thermique des mers

Cette énergie est basée sur le la différence de température entre le fond et la surface des océans. Cette différence peut atteindre une vingtaine de degré dans les mers chaudes, l’eau étant à 4° à partir d’une certaine profondeur. Cette technologie peut également être utilisée dans les lacs profonds. Un projet au lac du Bourget envisage de capter cette énergie pour la climatisation d’un hôpital. Il est cependant à noter qu’à ce stade de développement, il faut plus d’énergie pour pomper l’eau en profondeur que ce que l’installation en produit…

(source : enerzine.com)

 

 

I.4. L'énergie osmotique

(source : energiedelamer.blogspot.com)

Il s’agit d’installations qui transforment en énergie la différence de salinité entre l’eau douce et l’eau de mer. La membrane nécessaire à cette transformation est cependant très chère. Un prototype est actuellement construit à Oslo.

 

 

I.5. L'énergie éolienne off-shore

Cette énergie a ceci de particulier que l’objectif français à son égard est de 6000MW d’ici 2020. En effet, en mer le vent n’étant pas perturbé par des obstacles, il est plus fort, permettant ainsi un meilleur rendement par rapport aux éoliennes terrestres. Elles ont également moins de contraintes, ce qui permet de voir des éoliennes surdimensionnées de 150m de diamètre. Elles sont certes onéreuses, mais produisent 10 MW par machine. Elles posent cependant problème avec les pécheurs qui voient leur domaine réduit par le passage des câbles transférant l’électricité à terre. Elles sont également difficiles d’installation et de maintenance, du fait des conditions maritimes, nécessitant ainsi des barges spéciales et des grues gigantesques ; le problème n’est alors plus la construction de l’éolienne elle-même, mais des engins servant à sa mise en place. C’est pourquoi le courant actuel est vers l’éolien flottant, le dispositif étant construit sur terre, puis treuillé vers son lieu d’exploitation. D’autres système d’ancrage sont le monopieu (fondations profondes), le tripode (fondation moins profondes mais plus onéreuses) et le jacket (comme pour les plate-formes pétrolières).

(source : greenunivers.com)

 

 

I.6. L'énergie des courants marins

(source : energiedelamer.blogspot.com)

Exploitée depuis longtemps à l’aide des moulins à nef, elle est aujourd’hui de plus en plus connue. Que ce soit à axe horizontal, vertical ou des hydrofoils, flottant, semi-submersible ou ancrée au fond, les hydroliennes voient leur marché rapidement s’étendre. Open’Hydro est par exemple une société avec un machine mature (image ci-contre), il s'agit d'une hydrolienne avec un axe horizontale qui peut tourner dans les deux sens, avec un alternateur un rotostator en périphérie qui permet le passage des poissons.La France et le Royaume-Uni ont 80% de l’hydrolien européen, grâce au plateau continental qui amplifie la marée. La France possède 2.5 à 3.5 GW installés, soit une production de 5 à 14 TWh annuel. L’université de Bretagne occidentale a présenté un projet d’installation de 3 sites de production en Bretagne et Normandie, produisant 25TW/an, ce qui permettrait l’autonomie de la Bretagne d’un point de vu énergétique.

 

 

 

 II. Les projets français



 

La plupart des projets français en termes d’énergies marines se trouvent en Bretagne et en Normandie, à deux exceptions près : Bordeaux et Grenoble. Ces projets passent par plusieurs phases avant leur commercialisation :

Dans le cas où l’essai sur site ne serait pas concluant, une ferme pilote peut être mise en place avant la ferme commerciale.

 

 

III. Le projet d'Energie de la Lune



 

L’Energie de la Lune est plus particulièrement impliquée dans le projet SEENEON. Il s’agit de la mise en place d’hydroliennes sous le pont de Pierre. En effet, la compression du fleuve pour passer entre les piles du pont fait que le débit est plus important à cet endroit (3.5m/s).Ce site est un site d’essai car aucun promoteur n’avait retenu le projet pour un site commercial. Les avantages de ce projet sont le fait qu’il y ait peu de passage sous ces piles, que peu de cable est nécessaire pour acheminer l’électricité et qu’il y ait de nombreuses barges libres pour faire les installations. Il faut cependant attendre la réponse de l’Etat, identifier les partenaires puliques/privés, finaliser le projet d’un point de vue réglementaire et identifier les entreprise qui pourraient tester ces technologies.

 

 




 

Plus de renseignements sur leur site internet : http://www.energiedelalune.fr/

Les diapositives de la conférence sont disponible ici.

 




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