Calcul de l'IPR

  • Etat des lieux biologique du tronçon

Toutes les espèces présentes dans le cas où le fleuve n'aurait pas subi de perturbation anthropique ont également été repérées par échantillonnage. Ceci signifie qu'il y a peu de perturbation de la biocénose. Cependant, cela est à nuancer avec le fait que le recensement par pêche à l'électricité révèle la présence de nombreuses autres espèces qui ne figurent pas dans l'état de référence de la Loire moyenne (bouvière, carassin, chabot, chevaine, grémille, vandoise, tanche, silure, loche de rivière, loche franche, pseudorasbora, rotengle, sandre). Pour la plupart, ce sont des espèces évoluant dans des eaux calmes ou dormantes que l'on trouve notamment dans les annexes hydrauliques. Or l'état de référence prend peu en compte ces zones humides  présentes naturellement sur tout le linéaire de la Loire (mais en régression du fait de l'anthropisation des cours d'eau). Ce qui est par contre inquiétant dans les résultats de l'inventaire est le recensement d'espèces exotiques qui pourraient mettre en péril les espèces autochtones si elles prolifèrent. On peut citer par exemple le silure ou la pseudorasbora.

 

  • Principe de l'IPR

L'IPR, Indice Poisson-Rivière, est un indice biologique qui permet de réaliser un état des lieux qualitatif d'un cours d'eau. Il permet de comparer un peuplement de poissons échantillonné (dans le cas présent à la station Muides-Sur-Loire sur 11 ans par pêche à l'électricité par bateau) à un peuplement dit de référence réalisé en évaluant quelques critères du cours d'eau et d'attribuer une note à partir de ces données.

Cet indice a été élaboré dans le cadre du RHP (Réseau Hydrobiologique et Piscicole). Il est le fruit de la volonté de l'ONEMA de mieux connaître les cours d'eau français pour mieux les protéger.

 

  • Données utiles pour le calcul de l'IPR

Pour calculer l'IPR, il faut compléter quelques caractéristiques environnementales du lieu étudié. Celles-ci ont été déterminées lors de la définition de l'état de référence. Pour ce qui est de l'échantillonnage piscicole, il est nécessaire de connaître la surface échantillonnée ainsi que les effectifs de chacune des 34 espèces considérées dans le calcul de l'IPR. Ces données sont disponibles à partir du site « Image Eau France », que nous avons déjà utilisé pour réaliser l'inventaire des espèces.

 

  • Résultats

Pour calculer l'IPR sur la Loire près du tronçon d'étude, on a utilisé l'outil EXCEL diffusé par le CSP. Seules les données de 1995 à 2004 sont disponibles et exploitables pour la station Muides-sur-Loire. L'année 2005 n'ayant pas été échantillonée en suivant le même protocole que les autres années. Le calcul donne un IPR de 11.3 pour l'année 1995, 9.1 pour l'année 2001 et 9.9 pour l'année 2004.

Selon la classification de la classe de qualité correspondante, le cours d'eau à cette station semble faiblement altéré puisqu'il appartient à la classe de bonne qualité écologique.

Une synthèse des résultats d'IPR de 2008 est cependant en accès libre. (http://www.image.eaufrance.fr/poisson/poissons.htm) Sur ce document, la station située à Jargeau, à seulement une vingtaine de kilomètres en amont d'Orléans a pu être échantillonnée le 06/05/2008, c'est-à-dire antérieurement aux autres années (de 30 jours environ). L'IPR est de 1.87 soit une valeur correspondant à un fleuve d'excellente qualité, très peu anthropisé et altéré.

On remarque qu'au cours des années (de 1995 à 2008), la valeur de l'IPR a globalement diminué, reflétant une amélioration de l'état écologique de la Loire. Ceci peut être le fruit des programmes de restauration initiés grâce au Plan Loire Grandeur Nature (lancé en 1994) et aux diverses volontés politiques et associatives. Cependant, la forte diminution de l'IPR en 2008 est aussi sûrement due à la période d'échantillonnage différente. De plus, étant donnée qu'il s'agit d'une autre station, le protocole suivi n'est pas obligatoirement le même, ce qui induit des variabilités importantes. Il faut donc être prudent dans la synthèse de ces quelques valeurs, d'autant plus que le calcul de l'IPR n'est pas parfait.

 

  • Limites de cet indice

L'indice poisson-Rivière peut-être utilisé dans le cas de la Loire moyenne, cependant, les résultats sont à observer avec un regard critique puisque le bassin versant drainé est très grand (quelques dizaines de km2). En effet, la méthode n'a été calé que pour un très faible nombre de stations similaires. De plus, comme nous l'avons déjà souligné, il est difficile de réaliser un échantillonnage sur un fleuve tel que la Loire vu ses proportions. Celui-ci n'est donc qu'indicatif, approximations qui se répercutent sur la valeur de l'IPR. Enfin, le calcul de l'IPR ne prend pas en compte la biomasse ni la morphologie des individus capturés.

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