Inventaire

Afin d'améliorer l'habitat du peuplement piscicole sur le tronçon de la Loire considéré, il est primordial d'effectuer un inventaire des espèces présentes sur le site et de connaître leur stade de développement lors de leur passage ou de leur maintien dans cette zone.

  • Documentation

Nous nous sommes adressées à l'AAPPMA « Le Sandre Orléannais », une association de pêcheurs exerçant dans l'agglomération orléannaise connaissant donc parfaitement les espèces présentes sur notre site. Malheureusement, nous n'avons pas pu les rencontrer sur Orléans du fait d'incompatibilités d'emplois du temps.

Nous avons visité de nombreux sites web fournissant des informations générales sur les modes de vie des espèces.

- l'association Loire Grand Migrateur « Logrami »  : Informations sur les poissons migrateurs du bassin de la Loire,

- l'encyclopêche : Un site de découverte et de connaissance sur les poissons d'eau douce notamment,

- la base de données « fishbase » : Détails sur de nombreuses espèces de poissons

- la liste rouge de l'IUCN : Informations sur le niveau de menace pesant sur certaines espèces de poissons,

 

  • Recensement du peuplement

L'ONEMA a pour mission de mieux connaître l'ichtyofaune sur les cours d'eau français pour mieux la protéger. Pour cela, cet organisme élabore des plans de suivi des écosystèmes aquatiques tels que le Réseau Hydrobiologique et Piscicole (RHP) dédié au suivi des peuplements des poissons.

Dans le cadre de cette étude, un recensement des populations est effectué chaque année sur de nombreuses stations suivant un protocole strict pour limiter les variabilités.

Nous avons identifié une station située à Muides-sur-Loires à environ 40 km en aval de notre zone d'étude.

L'échantillonnage est effectué par pêche à l'électricité par bateau. Cette technique est la moins sélective et elle a été prouvée inoffensive pour l'écosystème aquatique dans les conditions imposées par l'ONEMA. Cependant, les chiffres ne permettent que d'apprécier la composition du peuplement qualitativement et non pas quantitativement. En effet, sur un cours d'eau tel que la Loire, l'efficacité d'une telle pêche est faible à cause de la grande profondeur d'eau.

Ainsi nous avons accès à onze échantillonnages tous réalisés durant le mois de juin entre 1995 et 2005. L'histogramme cumulé de ces prélèvements est le suivant :

               source : données piscicoles images_eau_france

Avec les abréviations suivantes :

Nous ne retiendrons pas la carpe miroir (CMI) ni la lamproie marine (LPM) du fait de leurs très faibles présences. Les juvéniles de cyprinidés (CYP) seront également écartés tels quels puisque nous nous intéresserons directement aux stades juvéniles et alevins des cyprinidés que nous ciblerons dans l'étude. De plus, l'écrevisse américaine (OCL) étant un crustacé très rustique classé comme nuisible supportant la pollution des eaux et des températures très variables (de 1 à 30 °C), elle peut être écartée de l'étude. Le mulet porc (MUP) est une espèce migratrice qui remonte la Loire en été pour se nourrir avant de redescendre vers l'estuaire pour la ponte. Passant la majorité de sa vie en aval de notre zone, elle n'a pas été considéré. En outre, nous rajoutons la loche de rivière car elle apparaît sur la liste rouge du Bassin Loire Bretagne, sous la description « en danger ». Elle n'est plus présente que sur une zone très restreinte. Il faudra donc mesurer les conséquences des aménagements proposés et voir si une amélioration de son habitat est possible.

Une espèce ayant disparu de la Loire est l'esturgeon européen. Il était autrefois présent sur tous les grands fleuves européens et est maintenant classé "en danger critique d'extinction" par l'UICN. Cependant, un pêcheur que nous avons rencontré sur les rives de la Loire nous a rapporté que cette espèce avait été revue ces dernières années. Toutefois, nous ne la considérons pas dans cette étude puisque les raisons de sa raréfaction sont  en premier lieu autres que la présence ou non d'annexes hydrauliques (surpêche des oeufs, obstacles à la migration, extraction, pollution des eaux).

Ainsi nous retenons 25 espèces sur notre zone d'étude. Comme il paraît non envisageable de traiter chacun des stades (alevins, juvéniles, géniteurs) des poissons présents sur cette liste, nous les avons caractérisés suivant quelques critères afin d'en sélectionner une partie seulement assez représentative de la diversité des besoins d'habitat de l'ensemble des 25 espèces.

Un milieu accueillant tout poisson doit assurer trois fonctions essentielles : sa reproduction, son alimentation et sa protection. Pour déterminer si l'une ou l'autre de ces fonctions sera altérée ou au contraire améliorée pour chaque état du cours d'eau, il faut connaître certains paramètres tels que la famille, le degré de menace, la rusticité de l'espèce, son temps de passage sur la zone (sédentaire ou migrateur), sa morphologie, le milieu protecteur préféré (courant, granulométrie, facteurs physico-chimiques), son régime d'alimentation ainsi que sa guilde de reproduction.

La reproduction du poisson est très variée. On peut classer les espèces suivant leurs modes de reproduction :

► les lithophiles déposent leurs oeufs sur un substrat minéral grossier,
► les psammophiles sur du sable,
► les phytophiles sur des plantes,
► les litho-phytophiles sur une grande variété de support (pierres, plantes, branches),
► les pélagophiles "larguent" leurs ponte en pleine eau et la laissent dériver au gré du courant.

Voici un tableau récapitulatif décrivant les 25 espèces retenues.

 

On dénombre une seule espèce très peu exigeante quant à sa reproduction : la loche de rivière qui est à la fois litho-phytophile et psammophile. Huit espèces sont litho-phytophiles (ablette, brème, gardon, grémille, loche de rivière, perche, perche soleil, pseudorasbora et spirlin), 7 sont phytophiles (brochet, carassin, carpe, rotengle, sandre, silure glane et tanche), et 5 sont lithophiles (barbeau, chabot, chevaine, hotu, vandoise). Seulement 2 espèces sont psammophiles (goujon, loche franche). L'anguille est pélagophile mais sa reproduction ne fera pas l'objet d'une étude puisqu'elle se réalise en mer. Cette espèce est la seule espèce migratrice amphihaline de la liste. La bouvière a une reproduction particulière : elle est ostracophile.

Une espèce de la liste est classée en "danger critique d'extinction" selon l'IUCN : l'anguille ; une autre est classée "vulnérable" : le brochet. Quatre espèces ont été introduites récemment : le sandre, la perche soleil, la pseudorasbora, et le silure glane. Ces trois dernières sont décrites par les pêcheurs comme des espèces nuisibles et invasives.

Les échantillonnages ayant tous été réalisés au mois de juin, les espèces migratrices susceptibles de franchir cette zone à un autre moment de l'année n'y sont pas représentées, comme par exemple le saumon. Nous vérifierons que leur passage sera toujours possible mais nous n'analyserons pas spécifiquement ces espèces migratrices.

 

  • Sélection des espèces cibles

Les poissons pélagiques, tels que la vandoise, le rotengle ou l'ablette, vivent dans la colonne d'eau et sont peu sensibles au type de substrat. Les autres sont sensibles au type de substrat. Les espèces jouissant de fonds sableux sont le goujon et la loche de rivière. Celles qui préfèrent les fonds de graviers sont le barbeau, le hotu et la loche franche. Les poissons vivant dans des zones très végétalisées sont le brochet, le sandre, la carpe, le gardon, la perche, le spirlin, la tanche, le carassin et la brème. Enfin, le chevaine n'entre dans aucune catégorie. Il a la particularité de ne pas s'approcher des rives, de vivre tout aussi bien en surface qu'au fond et de contrer une crue.

On distingue les espèces rhéophiles telles que le barbeau, le chevesne, le goujon, le hotu, la perche ou la vandoise des espèces limnophiles telles que l'ablette, le spirlin, la tanche, la brème, le brochet, le carrassin, la carpe, le gardon, la loche ou le rotengle.

Nous avons choisi six espèces cibles (surlignées en orange dans le tableau) réunissant quelques unes des caractéristiques des autres espèces : le goujon, le barbeau, le hotu, le brochet, le spirlin et le chevaine (ou chevesne). Ce choix s'est opéré de manière à représenter au mieux les différentes distinctions ci-dessus. Se sont ajoutés des critères de protection comme pour le brochet classé « vulnérable » du fait de la suppression des zones humides primordiales pour sa reproduction. Nous n'avons pas retenu les espèces rapportées comme « envahissantes » ou « non applicable » puisqu'elles ne sont pas autochtones et sont plutôt à limiter. De plus, l'anguille, pourtant classée en danger d'extinction n'est pas une espèce cible pour notre étude car son front de colonisation n'atteint pas l'agglomération d'Orléans (source : migrateurs loire). Les six espèces cibles seront détaillées dans la partie « espèces cibles ». Les courbes de préférences que nous nous sommes procurées seront utilisées pour ces espèces.

 

Cet inventaire peut être critiquable puisque l'échantillonnage n'est que qualitatif et situé relativement loin de la zone du duit de Saint-Jean-de-Braye. De plus, nous n'avons pas de données concernant le stade de développement des prises.

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