Espèces cibles

  • Les espèces cibles

Les espèces retenues pour notre étude sont les suivantes : 

 

Nous nous sommes procurées par l'intermédiaire de M. He       H Hervé CAPRA et M. Yves SOUCHON du CEMAGREF les courbes de préférence qui renseignent sur l'affinité des espèces cibles à des hauteurs d'eau, des vitesses, et des diamètres de substrat donnés. Grâce à ces courbes, nous avons défini les exigences des 6 espèces cibles sélectionnées précédemment.

 

  • Les exigences des espèces cibles

 

Le barbeau :

Adulte, le barbeau aime les hauteurs d'eau élevées. Plus les hauteurs sont importantes, plus le barbeau est satisfait. Les alevins et les juvéniles vont préférer des hauteurs d'eau faibles (en particulier l'alevin), inférieures à 1 m. Ils s'accommoderont néanmoins de hauteurs plus élevées.

La vitesse qui satisfait le plus l'adulte est de 1 m/s mais il s'adapte assez bien aux vitesses comprises entre 0,5 m/s et 2 m/s. Il est assez peu enclin aux vitesses très faibles ou très élevées. Il en va de même pour les alevins et juvéniles même si ces derniers s'accommodent beaucoup mieux d'eaux lentes (mais non stagnantes, dont la vitesse est supérieure à 0,2 m/s).

En terme de substrat, cette espèce, quel que soit son stade de développement, préfère les substrats grossiers, depuis les graviers (quelques mm) jusqu'aux blocs où il ira trouver sa nourriture (invertébrés benthiques, petits poissons, algues). Il apprécie la végétation pour se cacher le jour. Il migre vers les affluents pour la reproduction en mai-juin.

Les juvéniles et les alevins sont des individus benthiques.

 

►  Le brochet :

Pour le brochet, les préférences de l'adulte semblent aussi être celles du juvénile et de l'alevin. Le brochet apprécie les eaux profondes (hauteurs supérieures à 1 m) et calmes (vitesses inférieures à 2 m/s). Il s'accommode assez bien des eaux peu profondes néanmoins. Les larves et les alevins se nourrissent de zoo-plancton et de petits insectes ; les juvéniles chassent les alevins des autres espèces. Les adultes, considérés comme très voraces, se nourrissent de poissons et même de brochetons.

Le brochet apprécie les vases et les sables (jusqu'à 2 mm). Il est peu exigeant vis-à-vis de la température.

Bien que ce soit une espèce résistante, le brochet est en danger du fait de la disparition progressive de son lieu de reproduction. En effet, le brochet fraie entre février et avril dans des eaux fraîches, dans des prairies temporairement inondées. Or, du fait de l'incision du lit d'une grande partie des fleuves français et de l'assèchement des zones de marécages, les frayères à brochet sont de plus en plus rares.

 

►  Le spirlin :

Le spirlin, aussi bien l'adulte que le juvénile apprécie le plus les hauteurs d'eau de l'ordre de 80 cm. Il s'accommode relativement bien de hauteurs d'eau plus importantes mais aussi plus faibles. En particulier le juvénile préférera les eaux un peu moins profondes qu'un peu trop profondes. En terme de vitesse, le spirlin adulte n'est pas difficile : il appréciera en particulier les vitesses comprise entre 0,2 m/s et 1,5 m/s. Il n'aime pas évoluer dans des eaux stagnantes. Le spirlin juvénile est plus restrictif et préfère les eaux calmes à stagnantes : entre 0 et 0,8 m/s. Il se nourrit essentiellement de larves d'insectes ainsi que de petits crustacés.

Le spirlin préfère les granulométries grossières, en particulier l'adulte. La structure du milieu (bois mort, racines, blocs, etc.) ainsi que la variabilité du courant et de la profondeur sont déterminantes.

Il se reproduit en mai-juin dans des zones de substrats graveleux.

 

Le chevesne (ou chevaine) :

Le chevesne est une espèce autochtone dans les rivières françaises.

L'adulte apprécie les hauteurs d'eau comprises entre 0.8 m et 3 m. Dans des hauteurs inférieures à 30 cm, il sera fortement affecté. Le juvénile aime particulièrement évoluer dans une eau de 60 cm de profondeur mais on peut le trouver dès 10 cm d'eau et jusqu'à 3 m. Quant à l'alevin, il grandit et se nourrit dans des eaux peu profondes comprises entre 5 et 60 cm. Il vivra assez difficilement dans des profondeurs entre 0.8 et 3m.

Les adultes et juvéniles adorent évoluer dans des eaux stagnantes ou des courants faibles de moins de 0.6 m/s. L'alevin préfère lui aussi de très faibles vitesses d'eau inférieures à 0.3 m/s. Plus la vitesse de l'eau sera forte, plus le chevesne sera en difficulté.

La période de reproduction s'étend d'avril à juin selon la température de l'eau (>15°C), elle a lieu parmi les pierres et la végétation des eaux lentes. Les oeufs incubent 6 à 8 jours accrochés aux pierres et aux plantes.

 

Le goujon :

Le goujon est autochtone en France.

Pour cette espèce, il n'y a pas de subdivision en taxons. Les données sont utilisées à la fois pour l'adulte, le juvénile et l'alevin.

Le goujon préfère une hauteur d'eau de 30 cm. Cependant, il apprécie aussi une profondeur comprise entre 5 et 70 cm.

Le goujon vit dans des eaux stagnantes ou lentes. Il se satisfait de vitesses allant jusqu'à 0.8 m/s mais comme le chevesne, plus le courant augmente, moins il semble apprécier le milieu. Ces résultats nous étonnent et sont contraires aux informations que nous avons pu avoir de la part de pêcheur. Néanmoins, nous les utiliserons par la suite.

La reproduction du goujon se déroule d'avril à fin juin voir juillet, quand la température de l'eau atteint environ 18 °C, dans une eau peu profonde parmi les pierres et la végétation dans des eaux courantes. Les oeufs qui adhèrent aux supports, plantes, graviers incubent pendant 2 à 3 semaines. Les alevins restent aux alentours du lieu de ponte et se nourrissent de zooplancton.

 

Le hotu :

Il s'est implanté dans le nord de la France à la fin du XIXème siècle.

Le hotu adulte aime particulièrement vivre dans une lame d'eau de plus de 80 cm. On ne le trouvera pas dans moins de 20 cm d'eau. Par contre, l'alevin se plaît énormément dans un filet d'eau de 5 à 20 cm de hauteur. Plus de 60 cm d'eau met en péril sa survie. Cela va s'inverser au cours de son développement puisque le juvénile appréciera les eaux de plus de 60 cm de profondeur.

Le hotu recherche des eaux courantes et des fonds caillouteux. L'adulte aime évoluer dans une eau dont la vitesse se situe entre 0.5 et  1.5 m/s. Quant aux juvéniles et aux alevins, ils préfèrent les eaux stagnantes ou lentes dont la vitesse ne dépasse pas 0.4 m/s.

 

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