Plantes invasives

Une plante invasive est une plante exotique introduit par l'homme dont la prolifération est excessive et cause des dommages aux écosystèmes naturels ou semi-naturels ou influe sur la santé humaine. Nous nous sommes aidées des manuels de P.Vahrameev et P.Adam pour corréler les espèces présentes dans notre zone avec celles qui nuisent aux cours d'eau. Nos recherches bibliographiques nous ont permis de discuter des moyens d'éradication de ces plantes avec Mr Russo lors de la visite à Orléans. Les plantes présentées ci dessous ont été détéctées par les techniciens de l'Agglo d'Orléans qui effectuent une fauche annuelle. Les plants sont arrachés puis brûlés, pour autant, ils ne parviennent pas à les éradiquer définitivement, et chaque année ils tentent une nouvelle technique pour éviter leur croissance : entre autre, ils ont recouvert d'une bâche noire pour filtrer la lumière et donc stopper la photosynthèse. Malheureusement, ces techniques ne stoppent pas leurs dévéloppements.

Balsamine géante, Renouée du Japon, Berce du caucase, Verges d'or (source)

- Renouée du japon (Reynoutria japonica Houtt)

La renouée du japon est une des plantes les plus invasive par sa vitesse de propagation et son agressivité. Originaire d'Asie orientale, cette plante a été introduite au XIX° siècle en Europe comme plante ornementale et fourragère. La renouée peut atteindre 4m de haut et avoir une croissance de tige de 10cm/jr dans les conditions les plus favorables. Sa reproduction est  effectuée aussi bien par voie végétative via le bouturage de fragments de rhizomes (0.1g de rhizome suffit pour générer un nouvel individu) que par voie sexuée par sa capacité germinative. Son comportement agressif  et sa rapidité de croissance excluent toute autre forme de végétation rivulaire indigène. En effet, la présence d'un foyer modifie la croissance des racines des autres espèces, et l'ombrage produit par ces larges feuilles tend à éliminer toute autre végétation. La renouée du japon a aussi un effet néfaste sur la faune (destruction des frayères à poissons), et sur l'érosion en hiver. Pour finir, cette plante n'a aucun intérêt dans la stabilisation des rives.

- Berce du caucase (Heracleum mantegazzianum Sommier)

Originaire de l'Ouest du Caucase, cette plante forme des massifs denses mono-spécifiques pouvant atteindre 4m de hauteur. Elle a été introduite en 1938 sur les bords des cours d'eau, et la berce est extrêmement envahissante : une plante peut produire des dizaines de milliers de graines qui gardent leur capacité de germination pendant 7 ans. De plus ces racines pivotantes et profondes lui procure une régénération très rapide. Ces grandes feuilles créent beaucoup d'ombrage, ce qui fait disparaître la végétation indigène. De plus, le contact avec la peau avec la sève de la plante peut provoquer de graves brûlures par réaction aux rayons ultra-violets solaires.

- Verges d'or ou solidage glabre (Solidago gigantea Aiton)

Plante rhizomteuse nord-américaine, le solidage glabre est présent sous forme de massif de 0.5 à 1m de haut. La verge d'or est connue pour sa spectaculaire floraison jaune intense et a donc été introduite comme plante ornementale. Elle menace les plantes indigènes par réduction de leurs habitats disponibles et par forte compétition. Leur propagation par voie végétative (rhizomes) pose problème dans les zones humides.

- Balsamine géante (Impatiens glandulifera Royle)

L'impressionnante floraison pourpre de juin à octobre explique le succès et l'introduction en Europe dans les années 1940 de cette plante himalayenne.  Présente sous forme de bosquet pouvant atteindre 2m, la balsamine géante (appelée aussi impatiente glanduleuse)  se répand par projection de ces graines. Présente majoritairement dans les zones de mi-ombres et humides, les berges sont infestées par cette espèce. La balsamine a aussi un effet néfaste sur la faune en déstructurant les frayères à brochet. Cette plante ne contribue pas à la ressource nutritive des insectes phytophages (insectes qui se nourrissent de végétaux) et attire les insectes pollinisateurs qui délaissent les plantes indigènes. De plus, cette espèce est de type annuelle : elle laisse donc les sols nus en hiver, ce qui facilite l'érosion, et amplifie les effets des crues en ralentissant le retrait des eaux lors d'une inondation.

Robinier faux acacia,Aster de virginie, Erable negundo (source)

- Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia)

Le robinier faux acacia n'est pas naturellement présent en Europe. Cette espèce a une croissance très rapide et une multiplication végétative importante par rejet de souche. Les robiniers ont de plus un effet néfaste sur l'environnement : ses graines, ses feuilles et son bois sont toxiques, ils enrichissent le sol en nitrate, favorisant ainsi l'apparition d'orties. Cette espèce d'acacia est pionnière, compétitive et envahissante. Le robinier est déjà présent sur notre zone d'étude et est représentée sur la carte de végétation.

- Aster de virginie (Aster novi-belgii)

Les asters nord-américains se trouvent sous forme de massifs denses d'une hauteur de 1m dans des milieux rudéraux ou sur les berges de cours d'eau. Leur forte reproduction végétative par stolons souterrains entraîne des populations très denses, ce qui monopolise les ressources nutritives, menaçant ainsi les habitats disponibles des espèces indigènes. Ces massifs favorisent la sédimentation et modifient la circulation et l'utilisation des berges par la faune.

- Erable negundo (Acer negundo)

Petit arbre (15 à 20m) à faible longévité, cette espèce d'érable est originaire d'Amérique du Nord. L'arbre se développe abondamment en milieu ouvert (espèce héliophile) sur des terrains légers, alluvionnaires et sableux : on le retrouve donc en peuplement dense dans les bras morts ou forêts alluviales.  L'érable negundo se régénère aisément dans les milieux humides grâce à sa forte capacité de rejet de souche, et limite le développement de la strate herbacée et la repousse des ligneux par son ombrage. Pour éradiquer cet arbre, les techniciens de l'Agglo d'Orléans enlèvent l'écorce de l'arbre afin de l'affaiblir jusqu'à ce qu'il meurt, l'abre mort est laissé sur place afin de produire des cache et une source de nutrition pour les vers, les champignons, les piverts, etc.

 

La jussie à grandes fleurs (Ludwigia distichum) peut également être citée. Cette espèce aquatique est présente sur les bords de la Loire en aval de notre site d'étude et dans le canal à droite de la grande Loire. Elle entraîne une eutrophisation des eaux. Sa prolifération est aujourd'hui contrôlée, par ratissage des cours d'eau, nous pouvons donc négliger cette espèce.

 

 

 

L'ouverture du duit de Saint Jean de Braye, et le terrassement prévus pour réaménager la petite Loire entraînent une dévégétalisation de la zone. Les plantes invasives, par leurs comportements agressifs et vivaces, risquent de coloniser le site au détriment des plantes indigènes. Leur développement remettrait en cause la pyramide alimentaire et l'équilibre de l'écosystème. Ceci entrainerait une homogénéisation de la flore et des paysages et réduirait donc les habitats pour la faune. Notre étude vise à proposer des aménagements permettant le développement des espèces indigènes pour rétablir l'équilibre de l'écosystème.

Pour résumer, les plantes invasives forment des populations très denses préjudiciables à la croissance des plantes indigènes par monopolisation des ressources nutritives du milieu et par leur comportement agressif et vivace. Un tableau récapitulatif des caractéristiques et des impacts de la colonisation de ces plantes est donné ci-dessous.

Tableau récapitulatif des espèces invasives (P.Adam)

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