De la DCE à la méthode des micro-habitats : explication de notre démarche.

Cette page d'introduction est l'occasion de rappeler quelques points de réglementation régissant des projets de restauration de cours d'eau dans le cadre biologique. Il sera également discuté de la justification du choix de l'ichtyofaune pour l'étude de la qualité d'habitat ainsi que de notre méthodologie.

  • Le « bon état écologique »

La directive 2000/60/CE (DCE) établit le cadre de la politique communautaire dans le domaine de l’eau et définit les objectifs environnementaux à atteindre pour l’ensemble des masses d'eaux. Pour les eaux de surface, la DCE vise le « bon état chimique et écologique » des eaux au plus tard en 2015.

La définition du bon état des masses d'eau

L’état chimique (« bon » ou « pas bon ») est destiné à vérifier le respect de normes de qualité environnementale (NQE) fixées par des directives européennes. Au regard de la quantité de matières organiques et oxydables (MOOX), des matières azotées, des nitrates et des matières phosphorées, la qualité de l'eau semble bonne sur la zone. Cependant elle n'est pas bonne concernant les effets des proliférations végétales (phénomène d'eutrophisation).

L’état écologique (décliné en 5 catégories « très bon », « bon », « moyen », « médiocre » et « mauvais ») intègre des paramètres biologiques (prenant en compte toute la chaîne trophique - du phytoplancton aux poissons, en passant par les diatomées, les macrophytes et les macro-invertébrés -), des paramètres chimiques ainsi que des paramètres hydromorphologiques soutenant les paramètres biologiques. Ces états se définissent par rapport à une situation de référence (équivalente au très bon état écologique). Le bassin Loire-Bretagne se distingue par le maintien d'une bonne qualité de peuplements de poissons sur les principaux cours d'eau : la Loire est classée en seconde catégorie piscicole. Cette bonne diversité d'habitat qui permet un peuplement de bonne composition est cependant à nuancer sur la Loire au passage de l'agglomération d'Orléans où la canalisation des eaux a réduit cette diversité. Cela se traduit par une qualité écologique qualifiée de « passable ». Le fonctionnement biologique de la zone est perturbé par le surcreusement du lit de la "Grande Loire" et par l'abaissement des lignes d'eau, provoquant la déconnection progressive des annexes hydrauliques.

La DCE ne définit pas précisément la nature et les valeurs-seuils de ces paramètres. Cette définition revient à chaque État membre. En France, par exemple, les premiers éléments d’interprétation de la notion de bon état ont été définis par la circulaire du 18 juillet 2005.

 

  • Nature et cadre de notre étude

Notre étude est à la fois une étude de restauration de cours d'eau et une étude d'impact. En effet, il s'agit de restaurer un site en aménageant un seuil existant. Cet aménagement vise à rétablir des écoulements dans la petite Loire, en particulier pour faciliter le passage des crues. Néanmoins, en terme écologique, et malgré le caractère « retour à l'état naturel », nous ne pouvons affirmer que ces travaux auront un impact positif sur la faune et la flore du site. En effet, le seuil a créé un bras mort qui représente un milieu très apprécié de certaines espèces.

Nous avons choisi de concentrer notre étude non pas sur tous les compartiments de la faune aquatique comme l'exige la DCE mais plus spécifiquement sur le peuplement de poissons. En effet, ils sont assez représentatifs de l'état du milieu :

- Les poissons se situent au sommet de la chaîne alimentaire

- Ce sont des indicateurs biologiques spatialement répartis dans la Loire,

- Ils présentent une bonne variété d'exigences écologiques,

- Aucune étude approfondie sur le terrain n'est envisageable (durée de projet, acteurs partenaires, moyens). C'est une limite importante puisque notre travail devrait être basé sur le recensement des poissons sur notre zone d'étude,

- Nos connaissances en biologie sont limitées et les données sur la faune benthique sont difficiles à obtenir,

- Nous sommes de formation hydraulique, désireuse de mettre nos connaissances à contribution. Il nous est donc plus aisé de réaliser une étude de l'habitat du poisson ; ce dernier affectionnant certaines plages de hauteur d'eau et de vitesse très différentes d'une espèce à l'autre alors que les invertébrés sont plus sensibles à la qualité chimique des eaux.

Ils nous paraissent donc comme des indicateurs suffisants d'évaluation de la qualité écologique requise par la DCE.

 

  • Méthodologie mise en place :

Nous souhaitons durant ce projet :

Définir à partir des caractéristiques de notre tronçon un état de référence : typologie du cours d'eau (morphologie, puissance, faune piscicole attendue, etc.)

- Typologie du cours d'eau (pente, substrat, hydrologie, etc.),

- Inventaire de la faune piscicole attendue et de leurs besoins.

A l'issue de cette étape, nous pourrons cibler un certain nombre d'espèces que nous chercherons à satisfaire.

Faire un diagnostic de l'état initial, et de l'état après travaux sans aménagement piscicole particulier.

- Qualitativement, à partir de données bibliographiques,

- Quantitativement, en mettant en œuvre la méthode des micro-habitats.

Proposer un certain nombre d'aménagements permettant d'accompagner ou de compenser le nouvel état en évaluant leur pertinence avec les outils développés précédemment.

Conclure sur les effets négatifs et/ou positifs de modifications de la digue sur l'habitat des poissons et sur la nécessité ou non de mettre en place des aménagements améliorant leur qualité de vie sur ce tronçon spécifiquement.

 

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