Introduction

Les cours d'eau représentent des écosystèmes fragiles. Ils ont trop souvent été recalibrés, remodelés à des fins de maîtrise et de domination de la nature. A long terme, les dysfonctionnements qui en résultent sont pénalisant, non seulement du point de vue environnemental mais aussi parfois de la sécurité des riverains. C'est toute la richesse d'un patrimoine naturel qu'il s'agit de préserver, notamment par des actions de restauration.

 

  • Restauration d'un cours d'eau

Les aménagements sur les cours d'eau, tels que la construction de digues, ou le bétonnage des berges, perturbent le fonctionnement naturel des milieux aquatiques. Les services rendus par les écosystèmes, comme la régulation des inondations, le maintien de la biodiversité, ne sont alors plus assurés.

Une prise de conscience de ce phénomène a engendré sur les vingt dernières années un certain nombre de travaux de restauration des cours d'eau les plus altérés. Celui-ci a pris une dimension européenne avec la Directive Cadre sur l'Eau qui vise à atteindre un bon niveau de qualité pour les eaux européennes. En plus de la qualité chimique des eaux, c’est la qualité biologique des eaux et la continuité écologique qui sont visées.

Ces objectifs ont été déclinés à l'échelle française lors du Grenelle de l'Environnement (loi du 3 août 2009) qui fixe comme objectif national l'atteinte du bon état écologique en 2015 pour au moins deux tiers des masses d'eau de surface. 

 

  • Hydrosystème du fleuve Loire

La Loire est aujourd'hui considérée comme l'un des derniers fleuves sauvages d'Europe. Depuis 1994, la prise de conscience de l'altération des principaux cours d'eau a amené à la mise en place du plan Loire Grandeur Nature

Celui-ci  vise à concilier la sécurité des personnes, la protection de l'environnement et le développement économique du secteur dans une perspective de développement durable. Différents travaux d'aménagements ont été réalisés sur tout le linéaire de la Loire. Ils visent  globalement à rétablir une dynamique de l’hydrosystème proche de l’équilibre aux niveaux hydraulique, sédimentaire, de la qualité de l’eau et de la biodiversité. Les opérations de restauration doivent répondre aux dysfonctionnements constatés et à leurs conséquences, dans le respect de l’intégrité des écosystèmes concernés et des usages des lieux.  Dans le cadre de ce projet, nous nous intéresserons à une étude d'aménagement qui a été réalisé sur la Loire dans l'agglomération d'Orléans durant l'année 2009 ; les travaux s'étant terminés en septembre 2009.

La présente étude est menée en Loire moyenne. Dans cette zone, le fleuve s'écoule majoritairement dans un lit majeur endigué, protégeant une vaste plaine alluviale. Celle-ci est très urbanisée au-niveau des grandes villes, et notamment d'Orléans. La Loire moyenne présente une grande diversité d'habitats et d'annexes hydrauliques. Elles sont décrites sur le schéma ci-dessous :


Hydrosystème de la Loire moyenne (source : Bacchi et Berton, 1998)

  • Zone d'étude

Le secteur d’étude correspond au lit mineur de la Loire dans la traversée de l’agglomération orléanaise de Saint-Jean-de-Braye jusqu'au pont Thinat en aval.
Sur ce secteur est situé un ouvrage de navigation : le duit de St-Jean-de-Braye. Un duit, ou dhuis ou encore chevrette est le nom local désignant une digue submersible construite en pierre au sein du lit de la Loire. Ils permettaient autrefois de canaliser l'écoulement afin de permettre la navigation même en période de basses eaux. Dans l'agglomération d'Orléans, on trouve : le duit de Saint-Jean-de-Braye, le duit d'Orléans, et le duit St Charles.

 

Vue aérienne du duit St Charles (source)

 

Cet ouvrage divise la Loire en deux parties inégales : la "Grande Loire’’ située en rive droite, qui constituait le chenal navigable au 19ème siècle et la "Petite Loire’’ en rive gauche, à sec à l'étiage.

 

Figure : Dénomination des sous-zones de l'étude

 

La présence du duit affecte la connectivité de la "Petite Loire" avec le lit de la Loire. Selon la "typologie de la connectivité hydrologique", sa connectivité hydrologique est de classe 4, ce qui correspond à un bras mort connecté en aval durant la période d'échantillonnage.

Cette déconnectivité pourrait à terme se renforcer et ne plus assurer son rôle d'écrêteur de crues, mais aussi perdre sa diversité d'habitat du fait de l'assèchement quasi-permanent de la "Petite Loire".

C'est pourquoi l'aménagement du duit semble correspondre aux exigences imposés par le plan Loire Grandeur Nature. De fait, ce projet permettrait :

- d'améliorer la capacité d’écoulement en crue,
- d'enrayer l’enfoncement de la ligne d’eau à l’étiage,
- de préserver ou de restaurer la diversité et la richesse biologique des milieux,
- de préserver ou restaurer la qualité des paysages.

 

  • Les usages

Lors d'un projet de restauration, un des principaux enjeux est de communiquer sur les principes et les conséquences de l'aménagement  retenu auprès des associations et personnes impactées par celui-ci. De nombreux acteurs rentrent en jeu dans notre projet : associations de pêcheurs, associations environnementalistes, riverains, promeneurs, clubs de canoë-kayaks mais aussi l'association pour la navigation traditionnelle. C'est pourquoi, durant notre visite du site, nous envisageons de rencontrer un garde naturaliste d'une réserve naturelle située sur Orléans, un pêcheur faisant partie de l'association de pêche locale, mais aussi la DDE, au service de la protection des riverains.

 

  • Dysfonctionnements d'ordre hydraulique, sédimentaire et biologique

Initié par l'extraction de granulats durant les dernières décennies, la concentration des eaux dans la "Grande Loire" accentue l'érosion du lit et augmente son incision, ce qui déconnecte les annexes hydrauliques à l'étiage mais aussi aux moyennes eaux. Celles-ci se végétalisent, et le dépôt de sédiment y étant favorisé, elles se remblaient, ce qui peut aggraver les conséquences d'une forte crue, non seulement parce que la crue s'y évacue moins, mais aussi à cause des embâcles formés (résidus ligneux encombrant le passage de l'eau). La végétalisation peut accélérer le processus de fermeture des annexes hydrauliques, réduisant la diversité des habitats et par voie de conséquence, la biodiversité et notamment la présence d'espèces patrimoniales.

 

  • Objectifs de l'étude

Dans ce projet, quatre thèmes seront abordés par quatre binômes distincts afin de répondre à la problématique suivante : Quelles sont les conséquences de la remise en eau de la "Petite Loire" ?

Ceux-ci sont :   - une étude sédimentaire révélant la pérennité des aménagements proposés dans le temps ainsi que l'auto-curage de l'annexe,

                         - une étude des crues réfléchissant sur l'impact de la réouverture du bras sur les zones inondées,

                         - une étude biologique mesurant les conséquences de tels aménagements sur l'écosystème présent sur le tronçon d'étude,

                         - une étude sur la végétalisation montrant l'apport de la flore rivulaire sur la stabilisation des berges

Le travail consistera cependant en un véritable travail de groupe, les intéractions entre les binômes étant primordiaux pour assurer l'avancement de chacun des thèmes d'étude.

Nous rappelons que ce projet est scolaire. Il a été réalisé dans des conditions les plus sérieuses possibles mais il ne remet pas en question les études qui ont déjà été menées sur le sujet ainsi que les travaux qui ont été réalisés par la DDT 45.

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