Le lit planté de roseaux

Comme on l'expliquait précédemment, nous nous sommes rendus compte durant notre étude que le séparateur d'hydrocarbures, la solution choisie initialement, n'est pas une solution adaptée au traitement des eaux pluviales du campus. La teneur en hydrocarbures des eaux de ruissellement n'est pas suffisamment élevée pour que le séparateur compact procède à un traitement efficace. Au contraire, lors de fortes pluies, on peut avoir un relargage des polluants accumulés dans l'installation. Ce type d'équipement est adapté pour le traitement des eaux pluviales des garages automobiles ou des stations services par exemple, site de forte production d'hydrocarbures.

1) Présentation du filtre planté de roseaux

Ainsi, après cette première étude et le recul qu'elle nous a apportée, nous avons conclu que la solution la plus adaptée au traitement des eaux pluviales du campus est un lit planté de roseaux en aval du bassin de rétention. En effet, après étude du bassin de rétention, on a émis certains doutes quant à son efficacité à traiter les eaux pluviales du bassin versant situé sur la commune de Toulouse, ne trouvant aucune information précise quant au fonctionnement d'un tel dispositif, et ne réussissant pas à joindre le maître d'oeuvre ayant effectué l'étude. On propose alors de relier les eaux pluviales du bassin-versant de la commune de Labège à ce même bassin de rétention, en l'agrandissant si cela est nécéssaire, puis de relier les eaux de ce bassin à un lit planté de roseaux.

Le principe du lit planté de roseau est simple. Les eaux pluviales vont se déverser sur le massif de roseaux, généralement composé de deux étages. Le premier va débuter l'assainissement des eaux pluviales en retenant les particules solides résiduaires. Le second va compléter cette épuration en favorisant la dégradation des hydrocarbures par les micro-organismes présents sur les roseaux et dans les graviers. On estime que l'efficacité d'une telle installation est de 90% sur les hydrocarbures et les métaux lourds contenues dans les eaux pluviales.
On installe ce lit planté de roseaux en aval du bassin de rétention pour utiliser ce dernier dans le but d'assurer une alimentation homogène sur l'installation et de permettre une décantation préalable. L'avantage principal est que lors de fortes pluies, le premier bassin de rétention permet de limiter le débit imposé au lit planté de roseaux qui peut donc traiter correctement toute l'eau lui parvenant.

Cette technique de traitement présente de nombreux avantages pour son intégration sur le campus :

  • Le filtre s'intègre parfaitement dans le paysage.
  • L'exploitation est particulièrement aisée.
  • La technique ne consomme aucune énergie.

 

2) Caractéristiques du filtre sur le campus

Dans cette partie, nous allons présenter quelques caractéristiques du filtre planté de roseaux que l'on souhaiterais installer sur le campus INP Toulouse-Labège. Cette installation pourrait traiter les eaux pluviales du bassin versant de Labège mais également celles du bassin versant de la ville de Toulouse. En effet, le lit serait installé en sortie du bassin de rétention, ce dernier collectant les eaux pluviales de l'ensemble du campus. Il faut noter que la technique du filtre planté de roseaux a initialement été conçue pour traiter les eaux usées de particuliers ou de petites communes. Nous n'avons donc pas trouvé de méthode de dimensionnement spécifique aux eaux pluviales. Cependant, des essais ont déja été effectués et ont livrés des résultats très satisfaisant.

Ainsi, pour donner quelques caractéristiques du filtre nécessaire au traitement des eaux du campus, nous allons utiliser l'exemple de Bade-Wurtemberg en 1998. C'est une ville allemande proche de la frontière alsacienne pour laquelle un groupe de travail a installé des filtres plantés de roseaux pour traiter les eaux pluviales issues d'un réseau séparatif. On émet l'hypothèse que la qualité des eaux à l'exutoire de ce réseau allemand est sensiblement la même que la qualité des eaux pluviales à la sortie du réseau du campus. Nous pouvons donc utiliser les données de cette étude convaincante.

Le groupe de travail de cette étude préconise l'installation d'un filtre composé d'une première couche de 15 centimètres de limon, posée sur une couche de sable fin d'environ 60 centimètres de hauteur. Sur ce filtre, nous allons planter des roseaux pour fixer le lit. Ces roseaux vont permettre d'éviter le colmatage du filtre et d'assurer sa valeur paysagère.  Les roseaux présentent l'avantage de ne pas produire beaucoup de biomasse putrescible, contrairement à beaucoup de plantes aquatiques, et de pouvoir résister à de longues périodes d'inondation à l'inverse de beaucoup de plantes terrestres.

Un tel filtre peut supporter une charge hydraulique de 40 m/an en moyenne et 60 m/an sur quelques années exceptionnelles.

Or, on receuille les eaux pluviales sur une surface de 27 432 m2 sur le bassin versant de la commune de Labège. De plus, il pleut en moyenne 0.65 m par an et par unité de surface sur cette zone.
Il faut donc traiter 17 831 mètres d'eaux pluviales sur une unité de surface. On en déduit la surface nécéssaire au bon traitement des eaux pluviales de ce bassin versant, un filtre planté de roseaux disposé sur 446 m2.

 

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