Solutions envisageables

On a donc vu précédemment que le réseau d'eaux usées industrielles de l'ENSIACET a été construit de façon à limiter le risque lors d'une pollution accidentelle puisque le taux de dilution est très élevé. On peut tout de même se demander quelles pourraient les solutions qui auraient pu être proposées en cas de pollution extrêmement concentrée, c'est le sujet de la première partie ci-dessous. De plus notre étude a permis de mettre en évidence plusieurs dysfonctionnement au niveau de la cuve, c'est pourquoi des solutions permettant de palier à ces désagréments sont présentées en seconde partie.

 

1) Mise en place du bassin de rétention

Lors des tests de traçage, le temps de séjour et le taux de dilution ont pu être déterminés. Grâce à ces données, des solutions au problème des pollutions accidentelles peuvent être envisagées. L'apparition de la pollution se fait après 10 minutes pour le point le plus éloigné, et après 2 minutes pour le point le plus proche, ce qui laisse peu de temps pour mettre en place une procédure. Il faut donc trouver une solution rapide et placée la plus loin possible des laboratoires, c'est-à-dire la plus proche possible de la cuve de neutralisation. En prenant en compte ce facteur temps et la topologie du terrain, l'emplacement choisi est le suivant :

 

Ce point correspond au point "N3" de notre réseau. Il est situé juste avant la cuve dans une zone où il est possible de créer un bassin de rétention en sous sol. Il est situé à quelques mètres de notre point de prélèvement pour les traçages, on peut donc approximer le temps d'arrivée de la pollution à environ 10 minutes dans le cas où la pollution est la plus éloignée. Cependant une injection au rez-de-chaussée arrive beaucoup plus vite, il est donc nécessaire de mettre en place un système facile d'accès et d'utilisation, et répondant rapidement à la sollicitation.

Une solution envisageable serait la mise en place d'un système automatisé à l'image des alarmes incendies. A chaque partie de bâtiment (présentées ici) et à chaque étage un dispositif de ce type pourrait être implanté afin d'enclencher automatiquement l'ouverture d'une vanne de secours. Ainsi, l'opérateur ayant déversé par erreur une pollution quelconque pourrait de lui-même enclencher le processus de façon rapide et éviter que la cuve ne soit polluée. Une fois le pic de pollution passé (soit 40 minutes environ pour se donner une marge de sécurité) la vanne se fermerait, soit de façon automatique soit de façon manuelle, selon les possibilités et le coût du procédé. Une telle solution demande bien-sûr une réaction rapide de l'opérateur. Il donc nécessaire que tous le personnel soit bien informé de la procédure et de l'emplacement des différentes alarmes. Ce système bien que facile d'utilisation et rapide à mettre en oeuvre, est très dépendant de la réaction du personnel qui dans certains cas peut réagir de la mauvaise façon. C'est le principal désavantage en plus du coût d'installation, probablement élevé. La mise en place d'un tel procédé et son évaluation économique pourraient faire l'objet d'une étude future.

 

En supposant la mise en place d'un tel procédé possible, il faut bien évidement dimensionner le bassin de rétention dans lequel la pollution serait déversée. La consommation d'eau maximum par semaine est évaluée à 500 m3 soit 8,93 m3/h (en supposant les laboratoires actifs 8h/jour). Notre but est d'avoir un bassin suffisamment grand pour contenir la totalité de la pollution, mais il n'est pas nécessaire de surdimensionner la cuve. Ainsi une cuve de 8m3 environ semble largement suffisante. En revanche, on désire une surface au sol faible compte tenu du manque de place dans la zone. On prendra donc un bassin de 2 m de longueur, 2 m de largeur et une profondeur d'environ 2 m soit un volume de cuve de: 

Vcuve = 2*2*2 = 8 m3

Cette solution nous semble correcte. En effet elle permet de prendre peu de place au sol et la cuve est suffisant grande pour contenir deux pollutions accidentelles successives (le débit avec lequel nous avons fait le calcul correspond bien à un maximum, or en moyenne, il est plutôt à 3 m3/h). Le fait de creuser un puits de 2 mètres ne doit pas non plus poser problème étant donné la profondeur des ouvrages déjà présents (5 à 7 mètres de profondeur pour la cuve de neutralisation). Une telle cuve serait construite en PVC ou en Polyéthylène (PE), car ces matériaux présentent plusieurs avantages :

  • Une bonne résistance à la corrosion et à l'abrasion,
  • la non toxicité du produit,
  • Une bonne résistance aux chocs et au vieillissement,
  • des propriétés organoleptiques,
  • une bonne résistance aux efforts de traction,
  • Une bonne résistance à la fissuration,
  • une inertie électrique,
  • une pose mécanisable,
  • une fiabilité et étanchéité des réseaux grâce à sa soudabilité, sans oublier une grande facilité et flexibilité de la mise en oeuvre permettant de suivre les courbes du terrain,
  • grande tenue en pression et à l'écrasement,
  • résistance à la fissuration induite,
  • Et surtout une inertie aux agressions chimiques.

 

L'implantation d'une telle cuve peut être envisagé, mais l'investissement que cela demande paraît très important compte-tenu de la probabilité qu'une pollution soit détectée.

 

2) Solution au problèmes de la cuve de neutralisation

Notre premier traçage a permis de mettre en évidence des problèmes au niveau de la cuve de neutralisation. En effet, le soucis technique au niveau de la pompe n'avait pas été relevé et la cuve se remplissait, annihilant ainsi le procédé de neutralisation, sans que personne ne s'en aperçoive. La mise en place d'un débitmètre en sortie de la cuve et visible facilement (à partir d'un PC par exemple) permettrait d'identifier de façon rapide un quelconque dysfonctionnement.

De plus, la mise en place d'une pompe de secours permettrait de maintenir un débit correct en cas d'arrêt de la pompe principale. Ces propositions sont bien sûr à discuter en fonction du coût d'installation, mais il apparaît nécessaire de modifier le fonctionnement actuel compte tenu des divers problèmes rencontrés.

Des contrôles plus réguliers de la cuve peuvent aussi être envisagés afin de vérifier l'état de l'installation. En effet, la mise en évidence d'un problème au niveau de la pompe a permis de faire un état des lieux de l'installation qui a révélé une autre fuite et des fissures plus ou moins développées au niveau de la cuve de neutralisation.

 

 

 

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