Au sein de SNPE

L'Environnement

Vers l'ISO 14000

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 TOLOCHIMIE 

 Compte rendu de la visite du 21 novembre 1997 

     

       
              

 TOLOCHIMIE au sein du groupe SNPE 

C'est en 1996 que le groupe SNPE (Société Nationale de Poudre et d'Explosif) rachète à Rhône Poulenc l'usine Tolochimie. Cette opération est à la fois un accroissement d'activité et une rationalisation technique, Tolochimie utilisant le phosgène et l'hydrogène produits par l'usine SNPE pour produire toute une gamme d'isocyanates.

Tolochimie est la plus jeune des trois usines du sud toulousain. Née en 1961 des intérêts communs de Rhône Poulenc et des usines Melle (entre Poitiers et Niort), elle a grandi autour d'une idée et d'un produit unique, le toluène diisocyanate (TDI), obtenu à partir de deux produits originaux, exploités sous licence par les plus grands chimistes dans le monde entier, la phosgénation sous pression et l'hydrogénation.

Implantée à Toulouse en raison de la facilité d'approvisionnement en matiéres premiéres (gaz de GSO, azote et hydrogène de la grande Paroisse, phosgène de la SNPE), Tolochimie a développée progressivement ses activtés en gardant intactes ses vertus originelles : celle d'un outil industriel particuliérement flexible, lui permettant de répondre très rapidement à des demandes extrêmement variées.

Aprés un creux de vague au début des années 70, où Tolochimie ne sera plus capable de produire tout le TDI dont Rhône Poulenc a besoin, l'usine se reconvertit en douceur en évoluant vers une vingtaine de produits diférents aux multiples applications.

Aujourd'hui, si le TDI représente encore 10 % de l'activité de l'usine, Tolochimie fabrique des composants sophistiqués dans les secteurs agrochimiques et phytosanitaire, sans oublier des mousses polyuréthanes et peintures high tech utilisées pour les TGV et des avions. Soit une quarantaine de produits par jour.

         

 Protection de l'environnement 

Classée "SEVESO", Tolochimie est soumise à des études de dangers et d'impact, et à une surveillance permanente de la part des autorités. Elle a établi, en partenariat avec la préfecture et les organismes de secours : · un Plan des Opérations Internes (P.O.I.) organisant la réaction à un sinistre limité à l’enceinte de l’usine (contient des études de danger...) · un Plan Particulier d’Intervention (P.P.I.) pour les sinistres de plus grande ampleur (évacuation des populations ...).

Même si pour la pollution atmosphérique, la chimie vient loin derrière l'automobile, Tolochimie présente des risques d'incendie, d'explosion et de toxicité.

Des investissements importants depuis 5 ans, 52 millions de francs sur les seuls domaines de la sécurité-environnement, des résultats tangibles sur les rejets (rejets atmosphériques divisés par quatre en dix ans), Tolochimie considère que la sécurité et la protection de l'environnement font partie intégrante de son métier.

A Tolochimie, on manipule des produits tels le chlore et le phosgène, deux gaz très utiles mais dangeureux, puisqu'ils ont été employés comme gaz de combat pendant la guerre de 14-18. Ici, l'obsession, c'est la fuite.

Tolochimie exploite ainsi un ensemble de technologie originales sur ses unités de phosgénation qui associent à l'utilisation d'alliages spécifiques, des appareillages fondés sur le concept de "double envellope individuelle de confinement". Toutes ses installations sont "mises sous cloche", y compris le pipe-line de deux kilométres qui achemine le phosgène de SNPE à Tolochimie qui a bénéficié d'un sérieux lifting. Pour réduire la possibilité de fuite toxique, le phosgène y est désormais véhiculé par un fluide inerte.

Pour réduire les risques de pollution dans l'eau, un bassin de 1000 m³ permet de pallier tout rejet accidentel. En outre, Tolochimie a investi 2,5 millions de francs en 1996 pour réduire encore ses rejets en DCO et nickel.

         

 Tolochimie vers l’ISO 14000 

Après avoir obtenu la norme ISO 9002 garantissant la compétitivité et la qualité de leur production, Tolochimie a décidé un plan d'action ambitieux afin d'obtenir la certification ISO 14001 pour mettre en avant ses préocupations en termes de protection de l'environnement.

Précurseur au sein du groupe SNPE, ses motivations pour l'ISO 14001 sont tout d'abord commerciales par rapport à ses clients d’Europe du Nord, mais, Tolochimie désire aussi redorer une image ternie par un puissant lobby anti-chimique qui agit dans la région toulousaine. De plus, l’écriture des procédures dans le Système de Management Environnemental, selon la norme ISO 14001, permettra de clarifier les différentes étapes de leur process vis à vis de l'environnement. Leur tâche est d'ores et déjà facilitée par les restrictions draconniennes de l’arrêté préfectoral qu’ils ont déjà remplies et par leur certification qualité ISO 9002.

Leur préférence s'est portée vers l'ISO 14001 plutôt que vers l'EMAS, car, même si la première implique une certaine transparence vis à vis de l'environnement, elle est sans commune mesure avec le second qui oblige à une déclaration publique. Nous avons pu ainsi vérifier que la crainte engendrée par l'EMAS est bien réelle.

Enfin, nos interlocuteurs ont insisté sur le fait que la prise en compte des problémes environnementaux dès la conception des procédés passe obligatoirement par une sensibilisation permanente du personnel.

      

 Contact 
Dominique MAILLARD

    Responsable Environnement
    Ingénieur Qualité, responsable de la certification ISO 9002
    Responsable de la démarche de certification ISO 14000

    Tolochimie
    Impasse Palayré 31100 Toulouse
    tél : 05.61.31.78.78