Problématique


La problématique de départ était de modéliser le transport de phosphore dans la Garonne, de Toulouse à Malause. Ceci avait pour but de regarder quelle quantité le phosphore arrivait dans la retenue. Après avoir discuté avec différents spécialistes, et notamment Mr Vervier travaillant au CESAC, il a fallu revoir nos objectifs à la baisse.

En effet, comme nous avons pu le voir précédemment, la complexité du phénomène ne permet pas actuellement de faire une modélisation assez complète du devenir du phosphore dans une rivière ; contrairement au lac où certains modèles assez performant ont été développés, notamment au Canada dans le cadre d’étude des grands lacs. Et si on essayait d’utiliser les critères d’eutrophisation des lacs, à la Garonne, on en conclurait que la Garonne est complètement eutrophisée (voir chapitre eutrophisation).

La complexité vient de différents facteurs. D’une part elle vient des apports de phosphores qui ont des origines multiples, et que l’on peut modéliser via des approximations plus ou moins acceptables. En effet, on est par exemple obligé de considérer un certain nombre d’habitants non relié au réseau d’assainissement pour lesquels on affecte une certaine quantité de phosphore. D’autre part, elle vient des mécanismes qui gèrent les différentes formes du phosphore. En effet, beaucoup de mécanismes d’échanges restent encore inconnus ou très complexes à modéliser (voir chapitre phosphore).

Nous avons donc décidé de revoir nos objectifs. D’après l’avancé des recherches actuelles, on a pu constater qu’un des problèmes était de connaître la zone d’influence qu’il fallait considérer dans le cas du plan d’eau de Malause. En effet, il serrait intéressant de savoir d’où vient le phosphore qui arrive dans le plan d’eau, et donc pouvoir prendre des mesures efficaces en amont pour réduire le risque d’eutrophisation.

Nous avons donc décidé de considérer la Garonne, toujours de Toulouse à Malause, mais cette fois de ne prendre en compte que le phosphore particulaire rejeté par Toulouse. Le but est de savoir si cette quantité de phosphore est oui ou non transporté jusqu’au plan d’eau. Cela revient à traiter un problème de transport de matière en suspension à un régime que l’on considère à l’étiage (Q=40m3/s). Comme de nombreux paramètres nous sont inconnus(par exemple la vitesse de chute), on va alors mettre en place des scénarios, où on pourra modifier ces paramètres. Si, pour tous les scénarios envisagés on trouve que le phosphore n’arrive pas dans la retenue, alors on pourra considérer qu’en période d’étiage, il n’est pas utile de prendre en compte les rejets de Toulouse.

Il ne faut tout de même pas oublier que le phosphore rejeté par Toulouse arrivera un jour ou l’autre dans la plan d’eau de Malause.