(d'après les données du BEI 95 sur Aurillac)

1. L'épuration : définition


L'eau douce est un bien précieux. Par ses rejets domestiques et industriels, l'homme porte atteinte à sa qualité. Malgré des caractéristiques différentes, toutes ces pollutions ont en effet un point commun : lorsqu'elles sont déversées en trop grande quantité dans le milieu naturel (rivières, lacs, mer), elles le perturbent l'équilibre biologique. Les conséquences en sont souvent désagréables (odeurs, colorations,...), parfois graves (développement d'algues, disparition de la faune et de la flore), voire dangereuses pour l'homme lui-même (pollution des nappes, eaux impropres à la baignade ...). Longtemps les communes n'ont eu pour autre objectif que d'éloigner le plus rapidement possible les eaux polluées des lieux habités, et de les renvoyer dans le milieu naturel où elles seraient auto-épurées, et ce dans un simple souci d'hygiène. Mais ces dernières années, l'urbanisation croissante, l'augmentation de la consommation d'eau, l'importance et la diversité des pollutions ont changé les mentalités : les eaux usées ne doivent plus être rejetées directement dans la nature. Il faut auparavant les traiter.

L'épuration consiste donc à extraire des eaux usées les éléments polluants qu'elles contiennent.

Au terme de cette opération, on obtient une eau épurée qui peut être rejetée dans la nature, mais aussi des boues (constituées des pollutions extraites) qui pourront faire l'objet d'une utilisation ou d'un stockage à condition d'avoir été débarrassées de leurs éléments putrescibles, sources d'odeurs et pouvant présenter des risques d'infection. Autrement dit, épurer l'eau ce n'est pas seulement la purifier. Une épuration réussie ne se limite pas à la production d'une eau épurée mais elle implique aussi la production de boues de qualité correcte.

Les principales pollutions de l'eau sont les pollutions organiques, toxiques, les matières en suspension, les pollutions azotées et phosphorées. Des traitements adaptés existent pour lutter contre chaque type de pollution. Les stations d'épuration en sont équipées au mieux afin de faire face au problème des eaux usées et de répondre à la nécessité de protéger la qualité de l'eau.

2.La place de l'épuration dans la politique de l'eau


L'objectif de toute politique de l'eau est de mettre à la disposition de chaque usager la quantité d'eau dont il a besoin, cette eau devant être de qualité suffisante pour ses activités.

Cela implique donc de mener des actions en vue de mobiliser et répartir les ressources en eau, mais aussi en vue de leur garder une qualité suffisante pour qu'elles restent utilisables. C'est dans ce second aspect que s'inscrit l'épuration des eaux usées urbaines ou industrielles.

Le but recherché est en fait double :
- éviter aux pollueurs les nuisances que leur procure la stagnation, à leur proximité immédiate, de leurs propres eaux usées;
- amener les eaux usées à un niveau de qualité suffisant pour que leur rejet dans les eaux naturelles les laisse à un niveau compatible avec les usages ultérieurs que l'on veut leur donner.

Du point de vue du pollueur il est évident que ces deux préoccupations n'ont pas le même poids, car la première l'intéresse directement, alors que la seconde concerne ses voisins à l'aval. Il a donc été nécessaire de réaliser l'équilibre, en créant en faveur de l'épuration des incitations réglementaires, financières voire morales.
On a ainsi crée des normes de rejet, des redevances, ou encore des mouvements d'opinion.

Il faut en outre remarquer que l'épuration dépend fortement de l'importance relative du milieu récepteur et du rejet. Les eaux naturelles ont en effet un pouvoir d'auto-épuration, qui représente une " capacité d'accueil " des pollutions, d'autant plus précieuse qu'elle constitue un moyen de traitement gratuit.

Il est donc logique, dans une zone donnée, de moduler les niveaux d'épuration à imposer aux différents rejets, en fonction de ce pouvoir d'auto-épuration. Ceci constitue le principe de la politique d'objectifs de qualité, que les pouvoirs publics développent actuellement.

L'épuration n'est donc pas une fin en soi : elle constitue un des volets d'une politique de l'eau.

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