L'histoire du remembrement

    

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la France est importatrice de biens alimentaires et garde en mémoire le dur souvenir des pénuries de l'Occupation. Avec l'aide du plan Marshall, un gigantesque effort est entrepris pour moderniser l'agriculture. Tracteurs et machines agricoles se répandent dans les campagnes ; la fertilisation et la protection chimique des plantes se généralisent. La course aux rendements est lancée !

Mais la structure foncière des exploitations agricoles de l'époque n'est pas adaptée à ces nouvelles méthodes de production : les parcelles sont trop exigües et trop dispersées. Les pertes de temps, l'usure du matériel et les surcoûts s'ajoutent aux dettes déjà lourdes des agriculteurs.

Le remembrement apparaît donc comme la solution idéale. Les terres sont redistribuées entre les propriétaires pour former de grandes parcelles d'un seul tenant et sont regroupées autour des corps de ferme. Des travaux connexes doivent également être menés : des chemins d'exploitation sont aménagés pour permettre aux machines de circuler, les rivières sont réaménagées et des fossés creusés pour évacuer plus vite les eaux, les anciennes limites (talus, haies) sont supprimées pour ne pas géner le travail.

La procédure est basée sur une loi du 9 mars 1941, modifiée à deux reprises en 1975 et 1985. Son côté très autoritaire permet de venir à bout des récalcitrants parmi les agriculteurs et les exploitants.

Les remembrements menés tambour battant depuis les années 1950 sont à l'origine de graves atteintes au milieu naturel. Les "jardiniers de la nature" sont devenus des "industriels de l'agriculture". Ils troquent les pioches et les faux de leurs ancêtres contre des pelleteuses et et des débrousailleuses. Les paysages façonnés, certainement en connaissance de cause, par les anciens sont modifiés et les changements ne semblent pas prendre en considération les conditions naturelles. Aujourd'hui, on parle même de catastrophe écologique en Bretagne !

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