Les impacts du remembrement

Les conséquences hydrauliques

Les conséquences climatiques

Les conséquences écologiques

                                 

                           

           LES CONSEQUENCES HYDRAULIQUES            

       

         

Les conséquences hydrauliques

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Augmentation du ruissellement :

Les sols bretons sont des sols fertiles mais instables qui forment rapidement, sous l'impact des gouttes de pluie, une croute superficielle imperméable, propice au ruissellement et à l'érosion dès que la pente atteint 3 ou 4 %. Ce phénomène dit de battance est dû à la très haute teneur des sols en limons (60 à 70 %), particules fines qui ont la propriété de se souder entre elles. A peine 10% de la pluviométrie annuelle de la Bretagne suffisent à provoquer ce phénomène de battance. La capacité d'infiltration du sol devient donc quasiment nulle alors qu'elle est comprise entre 40 mm et 60 mm d'eau par heure au départ.

L'eau des précipitations va alors se mettre en mouvement et ruisseler vers le bas du bassin versant. Elle ne rencontrera aucun obstacle.

Les principales raisons de cette augmentation du ruissellement sont :

    La destruction des bocages

    Le remembrement a "nécessité" la destruction des bocages pour redistribuer les parcelles et créer les chemins d'accès. Ce véritable massacre est un des travaux les plus génants accompagnant le remembrement, à cause de ses conséquences hydrauliques . En effet, ils constituaient une des principales barrières au ruissellement.

    Tout d'abord, les parties aériennes des plantes protègent naturellement le sol contre l'impact des gouttes de pluie et freinent ainsi la formation de la croûte de battance, qui augmente considérablement le ruissellement.

    Les éléments qui compartimentent le paysage, tels que les haies, bloquent l'eau avant qu'elle ne prenne trop de vitesse, les plus importants à préserver étant ceux implantés parallèlement aux courbes de niveau et qui barrent donc la pente. En Bretagne, ces haies étaient bien souvent implantées sur des talus, c'est-à-dire des promontoires de terre parfois empierrés d'environ 1,50 m de haut (ces structures étaient donc bien élaborées par l'homme). Les lieux d'implantation n'étaient sans doute pas choisis au hasard ou uniquement pour délimiter les parcelles, puisqu'ils étaient souvent situé sur des lignes de ruptures des pentes (zones en dessous desquelles les pentes s'accentuent).

                             

                                                                                                                        

    Le système racinaire des arbres fragmente le sol sur une grande profondeur et permet l'infiltration de l'eau en créant une forte porosité du sol. Il permet ainsi de diminuer le ruissellement.

    Les monocultures

    L'agrandissement des parcelles a permis aux agriculteurs de ne cultiver qu'une seule espèce sur des surfaces importantes, par souci de rentabilité, là où on dénombrait autrefois une dizaine de cultures différentes. Cela implique que de grandes parcelles se retrouvent dépourvues de couverture végétal pendant de grandes périodes.

    Avant le remembrement, grâce à la polyculture, lorsqu'une parcelle était dépourvue de végétation en hiver, la parcelle se trouvant en contrebas pouvait contribuer à freiner l'eau de ruissellement, si elle était recouverte d'une plante ayant déjà des racines profondes pendant l'hiver.

    Ce dispositif ne marche plus dès lors que l'ensemble est homogénéisé. Le résultat peut être catastrophique lorsque des parcelles pentues d'un seul tenant restent nues pendant des mois.

    Qui plus est, des cultures de plus en plus répandues telles que le maïs, la betterave ou la pomme de terre assurent déjà une faible couverture du sol, même en pleine végétation.

Le ruissellement a donc été largement augmenté avec le remembrement. Ce ruissellement, déjà néfaste en lui-même, a d'autres conséquences tout aussi génantes.

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L'érosion

Les phénomènes de ruissellement et d'érosion sont étroitement liés. Il est évident que la capacité érosive de l'eau augmente si sa vitesse (et donc le ruissellement) augmente . Contrairement à la Beauce ou la Brie, la Bretagne présente un relief plus chahuté. Les pentes fortes de cette région et le manque de barrières au ruissellement augmentent considérablement la vitesse de ruissellement et donc l'érosion.

    Les bocages

    Les racines des plantes fixent naturellement le sol et l'empêchent d'être entraîné par l'eau de ruissellement. Dans le cas de sols limoneux, il a été démontré qu'il y a accumulation de terre à l'amont des talus et érosion à l'aval. Une succession de haies de ce type permet donc de diviser la parcelle en gradins et de réduire la pente moyenne du versant. La destruction des bocages favorise donc l'érosion des sols en augmentant la vitesse de ruissellement et en éliminant des barrages naturels retenant la terre.

    Le labour

    Lorsque cela est possible, il est préconisé de labourer perpendiculairement à la ligne de pente. Une étude de la FAO (Food and Agriculture Organization) a montré que cette simple technique permettait de réduire de 50% les pertes de terre sur des pentes de 4 à 6%, car les sillons s'opposent au ruissellement.

    Malheureusement, elle n'est pas toujours applicable si la pente de la parcelle n'est pas homogène, ce qui est souvent le cas en Bretagne. Dans ce cas, on est en présence de longues pentes, ne présentant aucun obstacle. L'érosion des sols est inévitable.

Les méthodes agricoles sont donc à l'origine de l'érosion massive. Ce phénomène a bien entendu des répercutions sur les régions situées à l'aval des champs.

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 Dommages des cours d'eau

Les cours d'eau, écosystèmes fragiles, sont les premiers à pâtir de l'érosion et du ruissellement, surtout que de nombreux travaux sont entrepris pour les adapter aux modifications du bassin versant qui s'y déverse.

    Le transport sédimentaire

    Les eaux des cours d'eau sont de plus en plus chargés en particules de terre. Ce transport sédimentaire trop important empêche parfois de rendre l'eau potable (Cas du Blavet, près de Lorient, en juin 1990). Qui plus est, cette turbidité des cours d'eau nuit aux élevages de moules et d'huîtres situés près des estuaires.

    Pour ne rien arranger, le maïs est de plus en plus cultivé sur bandes plastiques, de façon à hâter la levée des grains et gagner quelques jours de récolte. Dans ces conditions la vase s'accumule dans le lit des rivières, portant atteinte à la vie aquatique.

    L'aménagement des cours d'eau

    Trois grands types de travaux sont distingués :

      Le recalibrage : la section du lit est agrandie et approfondie (de 0.50m à 2m) à l'aide de pelles mécaniques pour lui donner un profil transversal homogène en forme de trapèze afin d'améliorer la stabilité des berges.

      Le reprofilage : la pente de la rivière est uniformisée sur tout ou une partie de son cours pour accélérer la vitesse de l'écoulement de l'eau.

      La rectification : la plupart des méandres sont supprimés ou adoucis.

                                                     

                                    

             

    La végétation qui couvre les rives est éliminée. Ces dernières sont réhaussées, grâce aux matériaux extraits du lit, et assez fréquemment enrochées ou bétonnées car la rivière tend toujours à reprendre son tracé initial, provoquant l'effondrement des berges si celles-ci ne sont pas consolidées.

    Les cours d'eau ressemblent alors à de véritables fossés anti-char : l'équilibre biologique du cours d'eau est durablement perturbé.

    La plupart de ces travaux sont, qui plus est, surdimensionnés pour évacuer des crues de très grande intensité de fréquence centennale. Or, la terre est tout à fait capable de supporter un sol gorgé d'eau pendant 48 heures sans dommages.

Les dommages faits aux cours d'eau sont forcément accompagnés de dommages écologiques (cf. la partie conséquences écologiques).

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Abaissement des nappes phréatiques

L'hydraulique s'est développée par l'arrivée du drain PVC et de sa pose mécanisée. Cette pratique rend obligatoire l'abaissement du niveau moyen des eaux, et donc l'approfondissement et le calibrage (voire re-calibrage) systématique des cours d'eau (profondeur des fossés : minimum 1.20 m). On assiste alors à la mise en place d'un réseau hydrographique artificiel simplifié, auquel sont reliées inévitablement les zones humides des communes.

Le creusement excessif des cours d'eau et de fossés d'évacuation des eaux, et la pose de drains à des profondeurs de 1,20 m dans les sols contribuent à abaisser les nappes d'eau souterraines. Ce qui a pour effet de diminuer les capacités en réserve hydrique des sols et donc d'aggraver les épisodes de sécheresse sur la végétation.

Le plus paradoxal est que beaucoup de régions mettent en place des programmes d'irrigation car après avoir évacué l'eau pendant des années, les débits des cours d'eau sont trop faibles en été pour assurer l'irrigation. Il va donc falloir créer des retenues artificielles d'eau et des lacs collinaires pour subvenir aux besoins de l'agriculture.

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Les inondations en aval

Le ruissellement est donc volontairement augmenté par les méthodes agricoles qui tendent à vouloir contrôler l'eau à longueur d'année. De profondes ravines finissent par se creuser dans les zones de bas-fonds. En cas d'orage un peu violent, celles-ci se transforment en véritables oueds sahariens, capables de charrier de grandes quantités d'eau avec de grandes vitesses. Ces phénomènes provoquent l'inondation des villes situées en contre-bas.

                         

Ravines profondes se creusant dans les zones de bas-fond

       

L'état des lieux est dramatique. Depuis trente ans, entre une et vingt communes sont inondées chaque année. En 1975 et en 1978, suite à deux orages, des torrents de boue provenant des secteurs agricoles situés en amont ont dévalé sur les villes d'Etretat et de Saint-Valéry-en-Caux provoquant la mort de cinq personnes et causant des centaines de millions de francs de dégâts.

                    

                             

Schémas récapitulatifs

                     

            Avec bocages                                                                              Sans bocages

                      

             

            

           

              LES CONSEQUENCES CLIMATIQUES             

             

    

Les conséquences hydrauliques

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Les haies des bocages ont un effet brise-vent important dans cette région soumise au climat océanique.

Pour qu'une haie ait un effet maximum, il ne faut pas qu'elle soit trop dense (création d'un appel d'air après l'obstacle et distance de protection faible), ou trop espacée (création de tourbillons et effet quasiment nul). Il faut qu'elle soit semi-perméable pour filtrer et ralentir le flux d'air incident. Une partie traverse la haie et l'autre la contourne. La distance de protection peut alors atteindre dix fois la hauteur de la haie.

       

Il faut cependant que celle-ci soit continue et présente sur toute une région. Leur impact n'est tout à fait appréciable que grâce à un effet cumulatif. Les haies situées sur les parties les plus élevées sont également les plus efficaces.

Des recherches ont prouvé que la vitesse du vent pouvait être diminuée de 30 à 50 % dans les paysages bocagers, par rapport aux zones ouvertes.

     

           

           

                    

             LES CONSEQUENCES ECOLOGIQUES            

         

      

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Asséchement des zones humides

Des prairies humides situées dans les bas-fonds des bassins versants ont été drainées et les zones "marécageuses" ont été asséchées. Or ces zones fréquemment inondées sont de véritables usines de dénitrification naturelles. Les nitrates en solution dans l'eau sont métabolisés par certaines bactéries (pseudomenas, thiobacillus) et se transforment en azote qui se dégage dans l'atmosphère. Ce processus est très efficace et très répandu.

Il suffirait de garder des bandes d'arbres de 10 à 20 m de large le long des cours d'eau pour éliminer la quasi-totalité des reliquats de nitrates et empêcher qu'ils n'aillent polluer les cours d'eau.

       

        

Pollution des cours d'eau par lavage des sols

Les particules de terre charriées lors du ruissellement sont chargées de phosphate (responsable de l'eutrophisation) et de pesticides. Sans parler des nitrates, véhiculés par les eaux de drainage et de ruissellement, dont la teneur s'accroît d'année en année. Dans de nombreux secteurs, la norme maximale de 50mg/l est dépassée, rendant l'eau impropre à la consommation. Au cours des hivers 1989-1990 et 1990-1991, en pleine période de sécheresse, la ville de Rennes a dû lâcher 5 millions de m3 d'eau de ses barrages de retenue : la teneur en nitrates était supérieure à 100 mg/l. Cette quantité représente 40 % de la consommation annuelle de la ville.

Certains travaux sont totalement aberrants dans leur conception et ne font qu'aggraver les conséquences du remembrement. Par exemple, à quelques kilomètres du Mont Saint-Michel, un fossé qui collecte les eaux de drainage de plusieurs parcelles cultivées en maïs, débouche directement dans le Rozel, à 2m seulement du point de captage qui alimente la petite ville de Pontorson en eau potable. Et ces travaux ont été réalisés en 1992 !

Ces pollutions, principalement dues aux nitrates, sont accentuées par le manque de pluies depuis 1989.

Ceci s'ajoute à l'expansion de l'élevage industriel de bovins, de porcs et de volailles qui produisent quantité de lisiers riches en azotes organiques et en nitrates.Ces lisiers ont une haute valeur fertilisante, mais la plupart des agriculteurs utilisent tout de même des engrais qui font double emploi avec l'épandage. De grandes quantités de nitrates restent donc dans les sols après les récoltes et migrent progressivement dans les cours d'eau et les nappes.

       

      

Impacts sur la faune et la flore

Le remembrement n'a pas été sans conséquence sur la faune et la flore du système, étant donnés les changements vus auparavant. La diversité et la population de toutes les espèces présentes, et utiles à la chaîne alimentaire, ont diminué en raison des perturbations imposées à leur milieu naturel.

    Les aménagements des cours d'eau

    Les aménagements des cours d'eau ont plus d'effet sur la faune qu'une pollution chimique. Les cours d'eau ont été transformés en simple canaux, entourés de digues, afin de faciliter l'écoulement des crues et des eaux de drainage provenant des terrains agricoles.

    Après les travaux effectués sur les cours d'eau (cf. Conséquences hydrauliques), le nombre d'espèces de poissons chute sensiblement, les seuls poissons subsistant n'ayant pas, qui plus est, une grande valeur halieutique (des poissons tels que les truites et les brochets ont pratiquement disparus). La biomasse peut être divisée par 6. Quant aux invertébrés, chainon essentiel de la chaîne alimentaire, leur population est divisée par 3.

    A cause de l'uniformisation des cours d'eau, les poissons ne trouvent plus d'abris où frayer, se nourrir et se protéger des prédateurs mais aussi des variations de températures (l'ombre des arbres bordant les cours d'eau a disparu) ou de débit. Les éléments grossiers ont été supprimés et il n'y a plus de différence de vitesse et de relief suffisante dans une section. Les poissons, surtout les juvéniles, sont emportés par les crues et ne trouvent plus de fouilles avec une hauteur d'eau sufisante en période d'étiage. Le manque de hauteur d'eau et d'ombre provoque une augmentation de la température et de la luminosité, ce qui accélère le phénomène d'eutrophisation et l'appauvrissement en oxygène. La surcharge en transport sédimentaire des cours d'eau due à l'érosion des sols et donc l'augmentation de la turbidité n'est pas non plus appréciée par la faune aquatique.

    La destruction des bocages

    Les bocages représentent des abris naturels pour les oiseaux. La destruction des haies a donc entraîné leur quasi-disparition, alors que ce sont de grands consommateurs de vers et d'insectes. D'où augmentation de l'utilisation de traitements chimiques.

    Les petits mammifères qui se réfugiaient dans les taillis n'ont également plus d'abri contre le froid, le soleil en été et les prédateurs.

    L'effet brise-vent des bocages est également important pour les animaux au pâturage. Une recrudescence de diarrhées et d'infections pulmonaires est constatée, ainsi que des retards de croissance chez les veaux mis à l'herbe à la sortie de l'hiver.

Les animaux sauvages, mais également domestiques, subissent donc les actions de l'homme, et la diversité, qui fait la richesse d'un écosystème, a été en partie détruite.