Résumé: Ce document a été recueilli à l'agence de l'eau de Toulouse. Aprés une description succinte des pollutions du littoral, il expose des données générales sur l'hydrométéorologie de la région.

Bidart

La commune de Bidart couvre 5 km de plages. La plage la plus concernée par les macrodéchets est celle de l'Ouhabia qui reçoit à la fois les déchets du ruisseau Ouhabia et ceux du large. Les volumes ramassés sur l'ensemble des plages sont de 10 à 15 m3 par jour.

Anglet

Les arrivages se font surtout par mauvais temps et représentent un volume qui peut atteindre 30 m3 par jour sur les 4,5 km de plage. Le bois est brûlé sur la plage, les riverains en récupèrent une petite partie. Des déchets semblent venir d'Espagne, mais il semble que l'Adour joue également un grand rôle dans la pollution par macrodéchets. La décharge d'Anglet arrive à saturation. Le plastique est lacéré comme s'il était passé au broyeur.

Biarritz

La longueur de plage est de 3,5 km. La plage du port vieux constitue une anse d'accumulation. 80 % des déchets proviendraient du déchargement des ordures ménagères tant dans l'Adour que sur les cotes (sur 100 km de côte, notre interlocuteur a observé 20 à 25 points de décharge, et il a même assisté au déchargement de camions; Information du Directeur des services techniques).


ETUDE DES DONNEES HYDROMETEOROLOGIQUES

  1. Circulation générale

    La circulation générale dans le Golfe de Gascogne est connue de manière très imprécise. Les Instructions Nautiques indiquent des courants de marée faibles (<1 m/s). En conséquence, les courants de dérive et de houle sont au moins de même ordre de grandeur, et leur détermination n'est pas aisée en raison de leur caractère aléatoire.

    Pendant la guerre, les allemands ont dressé des cartes de courants à diverses profondeurs, y compris des courants superficiels, à diverses époques de l'année. Ces cartes étaient des documents de travail à l'usage des sous-mariniers, elles ont été retrouvées dans les archives de l'Institut für Meereskunde à Berlin. L'examen de la carte des courants superficiels (fig. 1) montre une tendance à la convergence vers la partie Sud Est du Golfe de Gascogne (vers Bayonne) aux mois d'avril et de juillet; au mois d'octobre, le point de convergence est situé plus au Nord, alors qu'au mois de janvier, la cirulation est totalement inverse, et les courants partent vers le large. Il y a toutefois lieu d'accueillir avec prudence les données de cette carte, car il n'est pas possible de savoir sur quelles bases elle a été établie (Berlin 1941), et les indications fournies sont à considérer comme plausibles (le changement de régime des vents en hiver vient étayer l'hypothèse du changement de circulation).

  2. Vent

    Le vent existe de façon non négligeable dans toutes les directions, La figure 2 donne une représentation de la répartition des vents suivant leur force et leur direction. On constate que les vents les plus violents sont les plus fréquents, et qu'ils sont en général dans le secteur Ouest. Une attention particulière doit être attachée au vent du Sud, qui atteint la même force que le vent d'Ouest, avec une fréquence non négligeable. La répartition saisonnière n'apparaît pas sur cette représentation, mais d'après les témoignages, il semble que le vent du Sud soit un vent caractéristique de l'hiver ; d'après la théorie d'EKMAN, la direction des courants de dérive superficiels forme un angle de 45° avec la direction des vents permanents, et la carte des courants du mois de janvier est compatible avec les vents dominants de cette époque (courant général vers le Nord Ouest). On donne en annexe 2 les éléments de connaissance sur les courants de dérive.

    Le régime des vents a une très grande importance sur les apports de macrodéchets ; le vent agit en effet à la fois par action directe sur les corps émergents et indirectement par les courants de dérive (voir annexe 2 sur l'influence de l'immersion des corps). On peut ainsi assister à une sélection des déchets suivant leur hauteur d'émergence, les déchets les plus émergents circulent dans le lit du vent et les déchets totalement immergés dans le lit du courant.

    La configuration de la côte peut amener une protection dans certaines situations. Par vent de Nord-Ouest, toute la cote de Hendaye à Moliets est concernée par les apports de macrodéchets. Par vent d'Ouest, la côte espagnole (cap du Figuier) protège la partie Sud (région d'Hendaye) et on n'observe d'apports qu'au Nord de Guéthary-Bidart. La situation par vent du Sud ne peut pas être évaluée de la même façon, car ce type de vent se produit en général à des époques où les plages ne sont pas nettoyées.

  3. Houle

    On observe deux régimes de houles. Pendant l'été, les houles vont en général du NNW à WNW avec une période voisine de 9 secondes. Pendant l'hiver, elles vont de WNW à W avec une période de 13 secondes. L'amplitude peut atteindre 4 à 5 mètres lors des tempêtes WNW, et il y a une probabilité de houle de 7 mètres 1 jour par an. De telles amplitudes sont dues à l'ouverture directe du Golfe de Gascogne sur l'Atlantique Nord, avec un fetch de 4700 km : la longueur du fetch conditionne directement les amplitudes, longueur d'onde et période de la houle salon les formules du Professeur IRIBARREN (Tratado de Obras Maritimas).

    amplitude 2Ho=1.2*F1/4=10 m
    longueur d'onde 2Lo=31*F1/3=520 m
    période 2T=2*(pi*Lo/g)1/2=18 s

    La houle peut engendrer un courant littoral chaque fois que son sens de propagation n'est pas perpendiculaire à la côté. La côte est à peu près rectiligne au Nord de Guéthary, avec une obliquité moyenne de 30° ; il y a alternance du sens du courant littoral suivant que la houle est NW ou WNW (sens NS pour la houle NW et SN pour WNW). Des caps ou des digues constituent des obstacles au transport littoral, c'est donc au Nord de l'Adour que ce type de transport se manifeste sur de grandes distances (supérieures à 5 km). On pourrait expliquer par l'action des marées et de la houle la remise en circulation de déchets, ayant déjà atterri en un point d'une plage : c'est ainsi que sur la côte des Landes, lors du nettoyage d'une parcelle de plage, on nettoierait également partiellement l'ensemble des plages environnantes qui ne sont pas nettoyées.

  4. Précipitations

    La corrélation est grande entre la régime des pluies et l'abondance de macrodéchets. En effet, les pluies provoquent des crues, qui elles-mêmes augmentent très sensiblement les apports estuariens, notamment en déchets naturels : ainsi, au cours de l'été 1977, de violents orages se sont produits fréquemment dans le Sud Ouest de la France (graves inondations dans le Gers en particulier) et les estimations de volumes de déchets recueillis sont de ce fait un peu pessimistes par rapport à une année "moyenne".

  5. Bathymétrie

    Le Golfe de Gcscogne est caractérisé par une très grande hétérogénéité du relief sous-marin. En particulier, la fosse de Capbreton constitue une véritable faille dans le plateau continental un tel accident de relief a des répercussions très importantes, notamment sur le transport littoral. En effet, les lignes de crêtes des vagues sont parallèles aux lignes de niveau du fond ; toute modification de la profondeur se traduit par une réfraction de la houle, c'est-à-dire un changement de direction de propagation et par conséquent un changement dans le transport littoral.

  6. Courant du au vent

    La théorie fondamentale des courants dus au vent est attribuée à EKMAN (1905). Le courant dû au vent décroît exponentiellement avec la profondeur, tout en changeant de direction de manière continue (jusqu'à une certaine immersion D, en profondeur infinie; la profondeur D est fonction de la densité de l'eau, de la vitesse de rotation de la terre, de la latitude du point considéré et du coefficient de viscosité turbulente,(eddy viscasity)). En régime permanent, la valeur moyenne du courant de surface Us est obtenu à l'aide de la théorie de la couche limite (ROSSBY, MONTGOMERY 1935), en exprimant de 2 manières la cisaillement à la surface

    Taux°=(3/2)*ROw*k2*Vs2=C*RO*Vo2

    k est un coefficient adimensionnel expérimental obtenu grâce à des mesures d'épaisseurs de courants de dérive (k = 0,065)

    C est un coefficient de frottement expérimental égal à 2,4*10-3 au delà de la vitesse Vo=24 kts. Pour des vitesses inférieures, une loi linéaire est généralement adoptée C = 10-4*Vo avec Vo en noeuds. En pratique des vitesses de courants dus au vent de 1/50 à 1/20 de la vitesse du vent ont été observées. Dans des conditions non permanentes et près des côtes, le courant change de direction suivant la durée des coups de vent (effet d'inertie). La trajectoire théorique a été déterminée par ECKMAN.

    Les chiffres inscrits sur la trajectoire correspondent à une durée en heures de pendule, soit T/sin(phi), où phi est la latitude du point considéré. La pseudo-période du mouvement est de 12 heures de pendule, soit 17 heures sidérales à la latitude de 45° (cette pseudo-période est appelée période d'inertie).

    La réalité est cependant plus complexe, comme en témoigne la trajectoire reconstituée d'une bouée laboratoire en Méditerranée. De cette campagne ont été déduites 2 règles, l'une portant sur l'amplitude des oscillations d'inertie, qui serait proportionnelle à un facteur m=((1-cos(2*pi*d))/2)1/2 où d est la durée du coup de vent exprimée en périodes d'inertie.

    Si d est égal à un nombre entier de périodes d'inertie (ce qui est le cas de l'exemple fig. 2) le mouvement d'inertie, s'atténue très rapidement. L'autre règle porte sur le module du courant pendant la perturbation, ainsi a été obtenue la formule de corrélation suivante pour le courant à 10 m de profondeur :

    C = 4,8*10-2*Uo2+0.16

    où C est le courant à 10 m, Uo le vent au temps t - 2 h

    Cette dernière formule n'est applicable qu'au cas considéré.