Données nécessaires à la détermination de la zone inondable

Comme nous l'avons exposé dans le paragraphe "présentation de Fluvia", le logiciel utilisé nécessite la connaissance des données suivantes : les profils en travers le long de la zone étudiée, les strickler des lits mineurs et majeurs ainsi que les conditions aux limites amont (le débit) et aval (la hauteur d'eau).

Reconstitution des profils en travers.

Il nous faut préciser tout d'abord que Fluvia n'est pas destiné a priori au calcul d'une zone innondable, mais à la détermination d'une ligne d'eau d'une rivière dans son lit mineur, voire dans son lit majeur. En poussant ce raisonnement jusqu'au bout, on peut penser qu'il est possible de déterminer les zones innondées lors de crues trés importantes, à condition de prendre des profils en travers très larges, dépassant même le lit majeur pour éviter tout débordement. Cela nécessite alors la connaissance précise de la topographie du terrain avoisinant le lit majeur de la Garonne à Agen. Nous avons donc, grâce à la carte IGN au 1/25000e, prolongé les profils en travers réalisés par la SOGREAH Grenoble, et dont les plans sont disponibles dans le dossier "Protection de la ville d'Agen" à l'Agence de l'eau Adour-Garonne.
La position des profils en travers disponibles est donnée sur la carte ci jointe. Nous avons choisit de limiter notre étude au tronçon compris entre les profils p23 et p37(amont) qui est le plus interressant dans la mesure où il comprend le centre d'Agen même. Les dégâts les plus importants pourront ainsi être déterminés.

Choix des coefficients de Strickler.

D'après la carte IGN sur laquelle nous avons précisé la position de tous nos profils en travers, nous remarquons que l'urbanisation varie le long des berges, d'où notre idée de séparer le tronçon étudié en deux biefs: le premier irait du profil p23 au p31(amont) et le second du profil p31(amont) au p37(amont). Cela nous permettrait de choisir un Stickler du lit majeur du second bief inférieur à celui du premier bief, dans la mesure où la rive droite du second bief est constituée de la ville même, et qu'un écoulement y est logiquement fortement perturbé.
D'aprés les photos prises à Agen des berges de la Garonne, nous estimons le coefficient de Strickler des berges des zones peu urbanisées (bief 1) à 25 SI. Nous choisissons de prendre un Strickler du lit majeur égal à 15 SI dans la ville même (bief 2).
En ce qui concerne les Strickler des lits mineurs des deux biefs, nous choisissons de les prendre égaux et égaux à 50 SI. En utilisant la formule empirique "K=21/(d50)^(1/6)", nous obtenons un diamètre moyen des constituants solides du lit mineur égal à 5 mm, ce qui correspond bien au cas de la Garonne à Agen. Celle-ci y est en effet relativement large, avec un lit composé en grande partie de sédiments fins.

Choix des conditions aux limites.

Comme nous l'avons déjà signalé, nous pouvons prendre en compte deux conditions aux limites pour faire tourner le logiciel Fluvia.
La première est le débit en amont, c'est à dire celui au profil p23. Nous étudirons la crue relative à un débit de 8500 m3/s qui correspond à la crue exceptionnelle de 1875, et dont la fréquence de retour a été estimée à environ 200 ans.
La condition limite avale est plus difficile a imposer avec précision. Il sagit de la hauteur d'eau au profil p37(amont). Nous n'avons pas réussi à retrouver dans les archives de l'Agence de l'eau une hauteur d'eau relevée en 1875 à la hauteur du profil considéré. Nous avons donc été contraint de l'estimer, en extrapolant une courbe de tarage constituée de quelques points seulement. Les données de la SOGREAH contenait en effet les ligne d'eau de la Garonne à Agen pour des débits de 4580, 5700 et 7850 m3/s. Les hauteurs respectives au profil p37(amont) sont de 44.64, 45.63 et 46.16 m. L'extrapolation faite approximativement à la main nous a donné H = 46.35 m pour un débit de 8500 m3/s.